Des verbes du troisième type ?

C’est bien connu par les adeptes de la loi de l’attraction universelle, atterrir est un verbe du 2ème groupe. Pour s’en convaincre, il suffit de le conjuguer à l’unisson et au présent de l’indicatif et surtout en parachute. Sinon, à l’atterrissage ce sera le verbe crier (de douleur) qui sera conjugué.

Mais, blague à part, qu’en serait-il du même verbe lorsqu’il s’agirait de mettre pied sur la Lune ? Assurément, la réponse sera le verbe « alunir ». Or, ce dernier est-il lui aussi du 2ème groupe puisque, à l’unisson, nous crierons « nous alunissons » du fond de la classe et au présent de l’indicatif ?

Pourtant et par respect à la même loi de l’attraction universelle qui régit l’intensité de l’attirance qu’éprouve un objet vis-à-vis de tous ses voisins, point besoin de parachute pour atterrir sur la Lune.

Alunir, alors, est-ce juste une manière douce d’atterrir ? Pour aller plus loin dans cette quête éloignée des sensations fortes, doit-on affecter le verbe atterrir d’un coefficient exprimant le niveau de gravité potentielle des séquelles encourues en cas de mauvais atterrissage sur une planète plutôt qu’une autre? Chemin faisant, pourquoi chercher ailleurs ce qui se trouve sous nos pieds, c’est à dire la gravité, cette grandeur symbolisée par la lettre majuscule G et dont la valeur sur Terre est de 9,81 m/s²?

Ainsi, et en supposant que le verbe atterrir sur Mars deviendrait « amarsir », celui-ci serait une fonction linéaire de notre verbe de référence (atterrir), affectée de la bonne dose de gravité. Une question à laquelle l’humanité ne peut se dérober puisqu’il paraît que ce verbe néologique serait, à coup sûr, conjugué dans un horizon proche.

Se pose, en même temps que notre navette sur Mars, une autre question: Si d’aventure les Sélénites ou les Martiens devaient apporter leur pierre à l’édifice, rien ne dit qu’ils partageraient notre classification des verbes en 3 groupes distincts et reconnaissables, comme les comètes, à leur terminaisons et encore moins que ceux que nous utilisons pour décrire l’action de se poser sur l’un ou l’autre des trois cailloux précédents fassent partie de leur 2ème groupe à eux pour les raisons explicitées plus haut !

A l’assaut des vieilles lunes!

Encore, rien ne nous dit aussi qu’ils aient besoin d’atterrir ni même qu’ils aient quitté un jour leur plancher des vaches (à eux) pour pouvoir y revenir en utilisant des parachutes, des rétrofusées ou un quelconque procédé technique qui adoucirait leur « atterrissage ». Ou, peut-être qu’ils soient adeptes des contacts durs, du fracas ou de la rencontre fusionnelle avec leurs terres natales respectives, d’où un non besoin éventuel d’un verbe du même acabit qu’atterrir.

A ce stade de la réflexion, des deux choses l’une (pas Lune): soit on marche sur la tête en faisant une fausse route totale, soit notre raisonnement frise la parodie du moonwalk où le fond le cède à la forme.

Il paraît plus qu’évident que nous produisons, avec notre antique vision géo-centrée, des verbes singuliers pour décrire et désigner des choses ou des objets qui, dans notre cas d’espèce, se trouveraient hors de portée de nos catapultes idéologiques. Ça ne vole pas haut, reconnaissons-le !

Ce n’est pas en usant d’un entêtement intellectuel frisant la psychorigidité d’une mouche et qui, le plus souvent, n’est que l’autre nom de la cécité mentale, qu’on finirait par faire plier les lois de la nature à nos caprices linguistiques fleurant bon la paresse cognitive.

Il serait plus judicieux, alors, de créer une nouvelle catégorie, hors des trois groupes classiques de la langue française, où l’on rangerait tous ces verbes hypothétiques qui ne sont que le produit d’une analogie entre notre civilisation et les présupposés que nous avons sur la vie extraterrestre: Une espèce de verbes du 3ème type !

Car, peut-être qu’ils (les extraterrestres) sautillent d’un endroit à l’autre comme des grenouilles ou se meuvent-ils avec grâce dans l’Ether qui baigne leur Terre (encore une vieille lune antique !) comme des méduses translucides, voir même pratiquent-ils la téléportation furtive ? Pourquoi n’appartiendraient-ils pas au règne végétal pour pouvoir s’élever dans leurs cieux sans quitter leur terreau nourricier, tels nos eucalyptus, etc.

Nous voyons qu’à force d’avoir la tête dans les étoiles, ou à côté, nous ne faisons que projeter sur des êtres, dont nous postulons l’existence sans aucune preuve, notre propre conception du mouvement sans qu’on ait la moindre preuve qu’ils aient si besoin de se mouvoir.

S’agiter à défaut de cogiter est plus simple !

Abdenour BOUHIREB



C comme chien ou climat

L’été tire à sa fin laissant le chat sur sa faim de pouvoir piquer une tête sur les rivages de plus en plus vaseux de ce coté-ci de la côte méditerranéenne (Voir la dernière chronique de Bururu.)

En effet, l’arrivée de l’automne avec ses tons de rouille dont se drapent les arbres faméliques de nos maquis, moult fois déshabillés de leurs écorces par des flammes insatiables et immondes, annonce enfin l’arrêt des trains sans fin des périodes de grandes chaleurs.

Des successions de jours où le mercure bouille et cuit le vivant sous un soleil de plomb jusqu’à tard dans la nuit. Des canicules comme l’humanité n’en a connues que rarement, du moins depuis que le Sapiens qui se croyait malin s’était décidé de léguer à la postérité ses bulletins météo sur les parois rocheuses des cavernes.

Et de canicule, il en a été question depuis l’aube des temps, enfin du moins à partir de la domestication du chien par les peuplades des grands espaces désertiques ou des hautes steppes.

Mais où est la relation entre le chien et la chaleur, alors? Poursuivons pour ceux qui n’ont pas l’esprit mal tourné :

Pour faire court, rappelons que dans les régions les moins exposées aux aléas climatiques, et surtout dans les espaces tempérés où fleurirent d’émérites civilisations, adorant dans une dévotion bigame le soleil et la pluie, l’on a remarqué qu’il faisait chaud dès qu’une étoile particulière pointait son museau à l’aube et en pleine saison estivale.

Une étoile de la constellation du Chien (Canis ou Canicula, la petite chienne) et que, aujourd’hui, les chats et leurs maîtres connaissent du nom de Sirius. D’où le nom de canicule dont on affuble les périodes de grandes chaleurs particulièrement entre juillet et août. Hélas, les chroniques qui avaient survécu aux derniers incendies ne rapportent pas si les chiens, les vrais, ceux qui traînent leurs museaux d’un coin de rue à l’autre à la recherche d’un abri contre l’assommoir à hélium qui nous sert de lanterne universelle avaient acquiescé à cette baptisation calomnieuse.

Pour la précision, le mot «baptisation» n’est pas une licence d’écrivain victime d’une insolation ou un forcing linguistique commis par un Bururu complètement bourré, mais bel et bien un mot de la langue française créé et utilisé par des francophones algériens pour désigner comme le souligne Larousse en ligne: «(le) fait de donner un nom ou une appellation à une rue, à un établissement scolaire ou culturel: La baptisation d’une école.» Fin de la précision pour les illettrés trilingues qui n’ont pas signalé que, paradoxalement, le mot «débaptisation» existait quand à lui sans faire sourciller personne.

Or, malgré cette digression mythologique aux consonances gréco-latino-égyptiennes, le chien n’en est pas quitte avec le climat et les noms d’oiseaux qui le tournent en bourrique! Car, après le beau temps vient le mauvais et à la belle saison succède celle très sale. Et c’est ainsi qu’on désigne, curieusement et sans procès, par l’expression de « temps de chien » tout sale temps, humide, pluvieux, froid ou menaçant qui s’abat sur les hommes et leurs troupeaux.

Alors se dresse devant nous cette lancinante objection: de quoi le chien est-il coupable? Que le GIEC s’y mêle si vous le voulez mais décidez-vous avant la fonte des glaces! Canicule ou temps de chien, il faut choisir.

En attendant la fin des délibérations, la truffe à quatre pattes continue de mener sa vie de chien, été comme hiver et se demande encore pourquoi son maître appelle «Noces du loup » lorsque il se met à pleuvoir sous un soleil de plomb? …

Abdenour BOUHIREB



J’ai un chat dans la … plage!

Curieusement, il n’est venu à l’idée de personne d’emmener son chat à la plage! Au premier abord, l’on se dit que c’est parce que l’adage populaire dit que « chat échaudé craint l’eau froide ». C’est sûrement vrai pour partie. Mais après réflexion et consultation du site de la météo des plages pour toute la saison estivale, l’on se rend compte que l’eau azurée était à 24°c durant ces mois de cuisson aux UV.

Puis, on sombre médusé devant ce racisme balnéaire anti-chat. Pourtant, les réseaux sociaux aidant, à la plage on en a vu de toutes les couleurs: des chiens, des vélos, des voitures high-tech, des troupes folkloriques, des costumes trois pièces, des robes de mariées, et mêmes des cétacés en plein échouage.

A bien y voir, emporter un chat au bord de la mer serait chose aisée même pour le dernier des futés, étant donné que le félidé candidat potentiel à faire trempette est «l’objet» le moins encombrant de toute cette série de choses et d’êtres ayant connu les joies de la bronzette.

Le plus curieux, c’est que des gens se sont amenés en Peugeot 404 à la plage, sachant que ces reliques de l’industrie automobile conquérante se font de plus en plus rares sur les … routes! D’autres ont même amené avec eux la panoplie du parfait préparateur de couscous aux fèves, le chaudron/marmiton et le couscoussier y compris.

Pourtant, comme expliqué plus haut, un chat se met en boule comme un hérisson et s’emporte dans une nasse en plastique, dans un panier en osier tels ceux vendus dans toutes les animaleries qui poussent comme des champignons dans nos villes. Il accepte même un carton de chaussures troué (le carton par le soulier). Il peut se lover dans un coin de l’habitacle entre les draps de bains et les sombreros, roupillant jusqu’aux abords d’Azeffoune, pour les plus téméraires des estivants.

Et dire que voyager avec un chat est garanti: pas de miaulement, ni de battement de babines ou de «pourléchement» de pattes durant le trajet, passant par une Fréha inaccessible, sur des routes serpentant les flans d’Aghribs où il y a plus de crevasses et de nids de poules que sur la planète Mars au lendemain d’une attaque d’astéroïdes venus de la Ceinture de Kuiper.

Le front du refus

Alors, peut être que les raisons de ce refus d’emmener un chat à la plage s’expliquent plus sur place que par les risques du trajet! Voyons voir:

Supposons que, une fois arrivé, le chat saute sur la première sardine qu’il voit, même en boite vendue à 210 dinars les trois pièces où elles sont serrées comme des voyageurs dans un bus urbains de Tizi Ouzou à 10h00 et par jour de semaine. Elles baignent aussi dans une huile glauque, digne de lubrifier les entrailles d’une pelle mécanique dans une carrière de tuf.

Ou, à la vue du premier molosse (voir le premier paragraphe de la présente chronique), le chat va détaller sans demander son reste, sautillant du dôme d’un parasol à l’autre et emmenant avec lui les étoffes bariolées par lesquelles certains estivants «para-soleillés» fortifient leur QG de peur que les leurs ne fassent l’objet d’un télé-examen dermatologique (donc lubrique) par le voisin qui, lui, est forcément un délinquant s … potentiel.

Et imagine-t-on si le chat piquait une tête dans les parages vaseux, plein de galets glissants et encombrés de bouteilles à la mer (en plastique et sans lettres romantiques) et tombait nez à nez avec un poisson-chat?! Une rencontre de nature à affoler cette boule de poils terrestre après avoir franchi ce voile qui devait séparer les deux mondes en deux dimensions qui, logiquement, ne devraient jamais se toucher. Une guerre d’égos et de droits d’auteur de qui serait le vrai dépositaire de la «félinité» pourrait se déclencher entre les deux espèces à faire tressauter le plus coi des calamars géants dans son logis abyssal.

Et si notre chat gagnait ce combat contre sa version pélagique, pensons un moment que l’envie lui fasse faire des brassées si innombrables qu’il atteindrait l’un des d’îlots qui ceinturent le littoral national (voir étymologie d’El Djazaïr).

Au détour d’un récif mousseux et verdâtre dont la côte algérienne a le secret, il friserait la moustache ou la truffe d’un chien de mer en pleine sieste digestive. Un scénario catastrophe que seuls les activistes du Sea Shepherd peuvent éviter qu’il ne se transforme en bataille rangée à coups de coquillages et de tessons de bière.

Ouf! Un tableau clinique dont tous les indicateurs plaident contre l’idée d’emmener votre chat à la plage. Enfin presque, puisque de tout ce beau monde qui écume les rivages, seul le chat enfouit ses déjections biodégradables dans le sol et loin des regards. Et cela change tout!!!

Un acte bienveillant à l’égard de la nature et qui renverse la charge de la preuve et fait clouer le bec aux écervelés qui, non contents d’avoir pollué montagnes et plaines, ils lorgnent sur une mer qui croule déjà sous des monceaux de déchets produits par des êtres «civilisés».

Une mer qui compte plus d’objets en plastique que de poissons. Et n’allez surtout pas accuser les chats de cette ignominie.

Abdenour BOUHIREB



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