Pour une journée mondiale de l’enclos !

Ah, l’affaire de l’enclos n’est pas encore close. Et pour cause ! Elle ne fait que commencer, enfin, pour Bururu qui, pour l’occasion, revendique officiellement l’institution de « la journée mondiale de l’enclos« . Y réfléchir une fois par an, au moins, nous aiderait à méditer sur un huis clos champêtre qui ne dit pas son nom.

Cette histoire est vieille comme le monde mais n’a pas d’origine biblique. Ou peut-être si, on verra à la fin de cette chronique. Elle est très terre à terre, voire même strictement Terre à Terre avant l’invention des enclos marins. Une sorte de prisons pour poissons d’élevage à ciel ouvert. Le principe reste le même en aquaculture.

Pour revenir à notre enclos, disons que son dossier remonte à l’aube de la civilisation humaine. On ne peut pas vous préciser l’heure exacte, mais il devait faire encore nuit lorsque cette affaire éclata au grand jour. Pourtant, la communauté humaine était promise pour un destin merveilleux. Mais bon.

Brève rétrospective

L’enclos, après l’invention de l’agriculture et son pendant, la domestication des animaux, est le deuxième grand acte de l’humain marchant sur ses deux pieds vers un avenir radieux.

Ouvrons une parenthèse pour signaler que, bien que pas trop commode, la station de bipédie poussera certains sujets à essayer de retrouver les plaisirs d’être à quatre pattes, qui pour s’engouffrer dans le terrier d’un animal sauvage, qui pour prier ses Dieux indifférents à son sort, qui pour imiter les animaux domestiques et laper la soupe de l’écuelle mise par terre, qui pour montrer aux rois sa parfaite docilité qui mériterait, donc, récompenses. Enfin, comme on dit, chassez le naturel il revient en rampant. Bref.

Pour résumer l’histoire de l’enclos, disons qu’elle tient en quatre mots-clés : pâturage, muret, vigile et loup. Chacun de ces éléments joue un rôle primordial dans le maintien de la logique de l’enclos.

Eléments de compréhension

Le pâturage est souvent un pré vert, des steppes immenses aux herbes grasses ou un carré de jardin qu’on vous implante dans le cerveau avide d’évasion, style îles paradisiaques et terres vierges, …

Le principe du pâturage est de ne jamais trancher la question qui consiste à se demander si l’herbe est forcément plus verte ailleurs. D’où la névrose universelle qui maintient le mouvement du balancier dans une éternelle insatisfaction.

Le muret peut être un vrai mur fait de pierres ou de briques, surmonté de fils barbelés, de lignes électriques, de piques aigues ou de tessons de verres concassés pour faire le plus de dégâts sur les chairs. Il peut être aussi monté à la hâte de branches sèches, vestiges de la dernière cueillette d’olives, de lattes en bois peintes et vernies, de fer forgé ou de grillage galvanisé.

Parfois, et c’est là où réside la magie du muret, il peut être un écriteau simple vous interdisant d’aller au-delà d’un point de non-retour style policier dont cross – keep out, etc. A ceci près qu’on ne sait pas si la scène du crime est au-delà ou en deçà de la limite à ne pas outrepasser…

Mais, le must reste les murets mentaux qu’on nous fabrique dans la tête, depuis l’enfance, on nous gavant depuis l’éclosion d’interdits, de tabous et de non-dits moraux et sociaux. Une sorte de mise à jour de notre propre domestication.

Le vigile est souvent un berger à deux ou quatre pattes, armé de dents ou jusqu’aux dents qui vous empêche et vous dissuade de mesurer la hauteur du muret, de voir au-delà de cet horizon en zinc ou de franchir la ligne imaginaire de votre destin « hamsterérien« .

Le vigile est donc un animal, lui-même vivant dans son propre enclos, ou un humain-OCM (organisme culturellement modifié). Son rôle est, depuis des millénaires, fixé dans le marbre : empêcher, coûte que coûte, que l’enclos perde de son efficacité.

Le vigile est, parfois et c’est là la sophistication de la perfidie, un des animaux domestiques qu’on convertit par corruption végétale en véritable surveillant de ses pairs. Une sorte de loup dans la bergerie, déguisé en agneau.

Le loup : oui, ce dernier élément est le polymorphisme incarné ! Son nom générique ne doit pas vous induire en erreur. On l’appelle le loup (du latin Canis lupus) mais il peut vous surprendre par la diversité de ses incarnations. Car, le loup peut effectivement être un loup, il peut être un chacal ou une hyène, un tigre ou un ours ou toute autre espèce carnivore, mais il peut être un berger révolutionnaire, converti dans le démantèlement des enclos, un sous-bois hirsute, un ravin lugubre, une vieille légende, des sornettes, un destin fantasmé ou tout autre danger censé menacer la quiétude du troupeau trop bien installé dans son enclos.

Les idées éclosent …

Vous voyez, donc, que le débat sur l’enclos n’est pas encore clos ! Parfois, les enclos sont encapsulés comme des poupées gigognes où un train peut en cacher un autre. Une sorte de Tonneau des Danaïdes où Sisyphe n’arrête pas de se perdre dans le Labyrinthe (premier enclos du Minotaure) et construit de fausses pierres précieuses.

Mais, il demeure que si Bururu s’en va en guerre contre l’idée de l’enclos, c’est parce qu’elle est tout le contraire de l’éclosion. Si l’oiseau sort de sa coquille, c’est pour goûter aux plaisirs de la liberté et voler dans tous les cieux, sans avoir à se cracher comme Icare, sans parachute de secours. L’éclosion est faite pour ne pas devoir vivre et admirer les contours d’un cercle qui, souvent, est mal dessiné et passer sa vie à se surveiller soi-même pour ne pas dépasser cet enclos que chacun a dans sa tête.

Le penseur eut mille fois raison : « Les oiseaux nés en cage pensent que voler est une maladie. »

Abdenour BOUHIREB



La vraie fable du lièvre et du lynx

Bururu, qui n’en finit pas de changer de perchoir, histoire d’avoir à chaque fois la meilleure vue sur les frasques de la faune et les fresques de la flore, vient de se faire surprendre par un étonnant documentaire animalier, diffusé il y a peu sur ARTE (La chaine intelligente où même les bêtes se sentent bien) qui présente la manière si singulière qu’ont trouvé les lièvres pour survivre à leurs prédateurs attitrés, les lynx.

Pour ceux qui ont fréquenté, bien malgré eux, l’école fondamentale, tout manuel de diraset el wasat qui se respecte vous le dira : pour survivre à son poursuivant, vaut mieux courir plus vite que lui et avoir, comme les céphalopodes, les jambes à son cou. Quitte à se faire pousser des ailes si le scénariste décide de faire durer le plaisir pendant des millions d’années. Mais, attention! Un astéroïde, non prévu au journal météo, peut arrêter la diffusion du film …

Et, étrangement, ce n’est pas à ce procédé, qui pourtant semble salutaire, qu’a décidé de sacrifier notre Bugs Bunny des steppes enneigées. Car, comme le dit souvent Dame évolution, « qui peut le plus peut le moins  ».

Assemblée générale extraordinaire

En effet, devant l’hécatombe (Bururu ne sait pas si le mot est approprié puisque, à l’origine, Hécatombe signifiait chez les Grecs sacrifier cent bœufs) que provoquait ce gros chat plus mortel que Socrate au grand dam du paralogisme (Re bienvenue chez les Grecs), la communauté de lapins sauvages sautilleurs et gambadant hors des sentiers battus n’a pas trouvé mieux que de sonner le tocsin pour rameuter la tribu lors d’une assemblée générale extraordinaire.

Après des palabres dignes des agoras de nos lointains cousins Grecs, durant lesquels les lièvres rongeaient leur frein (forcément puisqu’ils n’appartiennent pas à la famille des rongeurs) et s’impatientaient de connaître, enfin, par quel miracle allaient-ils vaincre leurs persécuteurs, qui, eux, auraient mieux fait de se repaitre de vrais rongeurs autrement plus accessibles et, peut-être, moins futés, il a été décidé que, désormais, le lapin des champs devait maigrir sans délais et sans passer par les stupides programmes amincissants diffusés l’après-midi sur les chaines alimentaires.

Ce n’est qu’après avoir dégraissé le mammouth (ce n’est qu’une image puisque cet ancêtre de l’éléphant qui, à son âge, avait oublié de s’épiler, avait sombré dans l’âge de glace) qu’il sera question de passer à la seconde étape du plan machiavélique concocté de derrière les buissons : décréter la stérilité générale.

« Qui veut grossir n’a qu’à maigrir !  » (win yevghan ad yuzur yirqiq !)

Ainsi mis en œuvre, ce stratagème déconcertant, qui frise le suicide collectif à première vue, se révéla d’une redoutable efficacité contre les lynx, surpris par tant de génie aux grandes oreilles ! (Interdiction de penser au bonnet d’âne malgré toutes les apparences).

Au fil des saisons, le lynx ne put capturer que de maigres (au sens propre et figuré) proies, celles-ci ayant perdu plus du tiers de leurs poids, et dont le nombre s’est réduit en peau de chagrin (ce qui ne dit pas ce qu’on fit des forures de lièvres qui s’étaient empilées dans la forêt).

Pris au piège de la dèche gastronomique, le lynx dû courir plus loin, élargir son terrain de chasse, s’épuiser à jouer au chat et à la souris avec le lièvre, parmi les herbes folles et manger moins souvent comme au temps des vaches maigres (qui, comme vous le savez, portent une peau de vache donc pas bonne pour l’industrie des manteaux d’apparat).

« Tel est pris celui qui croyait prendre »

Durant ces saisons de disette, le lynx à son tour, comme vaincu par un sort que lui aurait jeté le lièvre (d’où la patte de lapin qui porte bonheur, exceptés aux superstitieux) se mit à fondre comme neige au soleil, et vit ses semblables se faire décimer par la faim (et connut donc une fin atroce).

Le lièvre, ainsi devenu plus petit et moins prolifique (contrairement à son lointain cousin domestique qui, lui, garde sa légendaire réputation de fornicateur invétéré et à la descendance innombrable), se remit à renaitre de ses cendres et vit sa communauté s’agrandir en quantité et en qualité, à présent que son prédateur s’est fait « prédaté » par sa proie.

En attendant que la communauté des biologistes retirent le voile sur le procédé par lequel un lapin, même sauvage, peut ordonner à son corps de rapetisser et, plus étonnant, à pratiquer la castration de groupe (fort heureusement réversible), notons qu’en recourant à cette stratégie de l’échec, la chose se révéla une vraie réussite. Est-ce pour cette raison que Bugs Benny n’a jamais été capturé par Porky Pig (le cochon chasseur) dans tous les Looney Tunes que Bururu a dû visionner pour écrire cette chronique ?

Abdenour BOUHIREB



Pas nette, la marionnette !

C’est connu depuis une certaine élection présidentielle, chez nos « ancêtres les Gaulois ». Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup ! Or, le loup, canidé en voie d’extinction, est réapparu dans notre contrée, puisqu’il a été vu, récemment, par des twittos qui l’ont pris même en photo à l’Est algérien. Est-ce, pour autant, que le flou est réapparu lui aussi à l’occasion ? Vas savoir ! Alors, enquêtons sur cette intrigante corrélation.

Le mystère s’épaissit comme le portefeuille d’un corrompu dans une république bananière (si vous n’aimez pas ce fruit, choisissez en un autre à votre goût). D’autant plus que ce loup, pas un vulgaire Canis aureus qui se gave de bestioles en période de disette et d’oisiveté, comme le dit l’adage bien de chez nous, est venu d’on ne sait où. Les frontières sont, pourtant, hermétiquement fermées à telle enseigne que même un virus ne passe plus. Mais, lui, il pointe son museau, l’air de rien, au moment où le flou le plus « brouillardesque » entoure la cité.

Sans tomber dans la divagation, l’on est avisé de se demander à quelle heure s’est-il (elle) réveillé(e) celui ou celle qui a réglé le réveil de la famille loup qui a fait le déplacement jusqu’à nous pour tomber, pile poil, en pleine tourmente secouant le cocotier royal ? Surement ente chiens et loups.

Nous rappelons, pour ceux qui préfèrent observer des chats gris à minuit, que « « entre chien et loup » désigne le soir ou le matin, moment de la journée où il fait trop sombre pour pouvoir différencier un chien d’un loup. » (Source : http://www.linternaute.fr/)

A coup sûr, c’est un coup fourré ! 

D’aucuns, donc, trouvent suspect le timing de cette miraculeuse apparition. Surtout qu’en hiver, même le temps gèle, y compris une montre waterproof. On aurait compris que cet ancêtre du matou vienne au printemps se repaitre de merles dodus élevés « sauvagement » parmi les milles et une décharges non contrôlées qui fleurissent et constellent nos bois et massifs forestiers. Et, même à défaut de merles, il pouvait manger des grives ! Mais, que nenni. Lui, il préfère venir, comme le Père Noël, tombant des nues avec les premiers flocons de l’hiver.

Tout compte fait, cela pourrait être un indice majeur de la provenance de ce mystérieux visiteur. Car, l’hiver, le Père Noël et les photos sur Twitter, tout cela forme un faisceau d’indices qui pointe un doigt accusateur sur … la main de l’étranger. C’est logique puisque toute main valide se termine par cinq doigts, y compris dans le cas des canidés qui ont des pattes dotées d’orteils et de coussinets qui leurs permettent d’avancer à pas … de loups.

Et pour ceux qui ne connaissent pas le personnage mythique qui traine sur … un traineau avec sa hotte pleine à craquer de cadeaux, ils sont tout excusés puisque ce barbu, fourré dans une tunique écarlate jusqu’au cou, qui, elle, se termine aux extrémités par des franges en poils synthétiques (Rassurez-vous, pas de loups), a cessé d’écumer nos cieux depuis qu’on a arrêté de croire au Père Noël.

Il est vrai, ce précédent paragraphe détruit notre argumentaire bâti sur l’idée simple de crier au loup. Mais à coup sûr, la main de l’étranger est impliquée jusqu’au … coude dans ce complot qu’on va examiner sous la loupe (qui n’est pas la femelle du loup qui, elle, s’appelle une louve).

Reprenons, donc, la scène où le museau apparaît dans un buisson … gelé, alors qu’un silence de fin de règne transperce les tympans des animaux sauvages qui, comme tout le monde le sait, ont l’ouïe très fine.

La taxidermie, un véhicule espion

Maintenons que nous sommes sûrs que ni le loup vivant ni le père noël (qui vit encore dans le cœur des enfants) ne sont pas passés nous rendre visite, posons-nous cette lancinante question : que s’est-il donc passé dans la forêt ? Evitons la jungle puisque là-bas, c’est le lion qui fait la loi et cela peut faire penser à la célèbre et funeste chanson qui annonçait, à Dieu ne plaise, que « le lion est mort ce soir ». Dont acte.

Comme il n’a pas joué aucun rôle dans l’épisode dernier, laissons Bururu nous guider, cette fois-ci, sur une piste encore chaude. Eh bien, selon ce spécialiste de la vision nocturne, le loup qui a été aperçu récemment, c’est à moitié vrai. A ceci près que la main de l’étranger a mis en scène une dépouille d’un loup mort qui a été empaillé à la perfection, pour lui donner une seconde vie.

Cette explication, non seulement me permet de trouver bientôt une chute à cette chronique, mais elle a deux autres points forts : étayer l’apparition d’un loup (c’est fait!) et valider l’intervention de la main de l’étranger (ça va se faire!) puisque la taxidermie est un art qui se fait de moins en moins dans notre contrée. Et ce n’est pas faute d’animaux morts à fourrer de sciure et de paille.

C’est parce qu’il parait que nos mains habiles ont d’autres marionnettes à mettre en scène.

Pour s’en convaincre, il vous suffit de suivre les fils qui font gesticuler le pantin et quitter des yeux la belle et aguicheuse prestidigitatrice qui n’est là que pour vous perdre comme dans une forêt brumeuse. N’est-ce pas que la ruse du … est de nous faire croire qu’il n’existe pas ?

Abdenour BOUHIREB



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