De la posture de l’œuf

Un œuf, est-ce au final un objet de méditation ? En tout cas, Bururu le pense. Enfin, si l’on considère que ces élucubrations relèveraient du raisonnement et de la pensée.

On pourrait lui rétorquer que l’objet œuf lui est déjà familier, lui qui est un être ovipare. Mais, n’ayant, lui-même, jamais goûté aux « joies de l’enfantement », seule resterait sa proximité germinale et native avec notre objet d’étude en forme de melon.

Face à pareil argument, qui semblerait imparable, il lui suffirait de vous répondre que le temps passé dans sa coquille et juste après avoir fait sortir son bec à l’air libre ne font pas partie de ses souvenirs les plus vivaces. L’œuf était si étroit qu’il ne put noter ses mémoires de pré-oiseau nocturne. Ce qui nous éloigne de beaucoup de notre sujet.

Bururu se demande, au fait, pourquoi la posture la plus habituelle d’un œuf est de se mettre à plat-ventre ? Et dans quelle mesure cette posture servirait les intérêts suprêmes de l’œuf ?

Par-delà la nature

Arrêtons, de prime abord, les réponses relatives à la physique et à la structure. La forme elliptique expliquerait, à elle seule, cette disposition naturelle à l’ « à-plat-ventrisme » et clorait le débat. Mais, allons au-delà si possible. Et même aussi loin que possible …

Remontons le fleuve du temps et arrêtons-nous juste au lendemain de la « naissance » du premier œuf de la Création ou de l’Evolution, c’est selon les aliénations de nos chers lecteurs.

Donc, nous sommes à J+1: pourquoi le premier œuf à voir le monde s’est vu automatiquement sommé par une injonction invisible mais néanmoins contraignante à adopter une posture le plus souvent horizontale et à la limite diagonales sur une surface bien plate ou concave ?

Si vous ne visualisez pas le côté cocasse et absurde de ce questionnement, postulons que notre œuf Alpha dispose d’une tête (le côté le plus convexe de l’œuf, sous lequel s’abrite la chambre à air, pour ceux qui comme Bururu ont bien suivi les cours de sciences naturelles au collège), qu’il dispose d’une assise, pour rester poli, ou d’un séant pour se la jouer raffiné (c’est le côté opposé à la tête. Pour vos besoins de recherches gastronomiques, voir l’ovale et les ellipses à un seul axe de symétrie.)

Ouf ! Je suis libre.

Donc, tout naturellement, on devrait s’attendre à ce que l’œuf se mette « sur son séant » en attendant le jour de la libération ou la fête au village. Pour la dernière option, reconnaissons que l’attente devait être longue et ennuyeuse puisque l’émergence des villages comme structures de vie communautaire n’arriverait dans l’axe des temps que des centaines de millions d’année après notre J+1. Et puis, tous les oiseaux devaient naitre claustrophobes ! Passons.

Curieusement, que fait notre œuf tout frais (ou tout chaud), il bascule d’un côté ou de l’autre de son axe de symétrie comme pour dire « y a pas mieux qu’une sieste après un long sommeil. »

Bon, si cet œuf devait naitre dans une fratrie dans un nid étroit de type F1, assurément qu’il a des chances de se retrouver le cul par terre et la tête dans les étoiles. Mais, la méthode scientifique exige, ici, de ne pas focaliser sur un cas isolé ou exigeant un certain nombre de conditions pour se réaliser et en faire une généralisation, voire même une loi absolue !

Considérons l’œuf pris isolément dans la nature et examinons-le pour ce qu’il est : un objet d’étude indépendant de sa propre volonté et destiné à intégrer les farces les plus grassouillettes, à garnir les wâada en se roulant dans le couscous, à donner du réconfort à la parturiente, à s’étaler devant la première poêle venue et à se brouiller avec la première fourchette venue même paré des plus fines des herbes aromatiques.

Au fait, pour couper, justement, l’herbe sous les pieds de ceux qui échafaudent le projet machiavélique de détourner le débat sur la primauté de l’œuf et de la poule, disons tout de go que selon un esprit brillant, « la poule est le seul moyen que l’œuf a trouvé pour assurer sa survie ». L’œuf éclos et le débat est clos !

Une affaire d’équilibre

Des spécialistes du Génie des structures, des complexes évolutifs et de la biologie du minéral nous susurrent à l’oreille, en gardant l’anonymat, que tout système est à voué chercher ses éléments et conditions de stabilité, l’œuf en premier. C’est une question de géométrie interne, de répartition de charges et de contraintes et de conservation d’énergie.

Est-ce pour autant que l’œuf a conquis son équilibre, lui qui n’a jamais connu de moment de quiétude depuis son apparition : il est agité dans une main, fouetté, battu, voit ses composants séparés l’un de l’autre (blanc et jaune), mélangé à ses semblables dans une terrine, répandu sur un mélange brûlant d’oignon et de tomate, etc. Bref, il se fait cuisiné à toutes les sauces pour que soit percé le secret de sa posture.

Les spécialistes des rayons X proposeraient, pour leur part, de soumettre l’usine de fabrication (c’est à dire la poule) à des examens d’imagerie médicale pour déterminer le pourquoi de sa forme ovale. Mais, ce serait répondre à une question qui n’a pas été posée ! On ne cherche pas à savoir pourquoi sa forme est ovale, mais à en élucider les incidences et les conséquences.

Puis, il est notoirement admis que depuis Claude Bernard, les matrices sont naturellement dotées d’une élasticité ou d’un tonus qui répartissent les efforts d’élongation de manière à avoir des coupes longitudinales elliptiques et des coupes transversales circulaires. Puis, au plan éthique, nous n’avons pas à soumettre à étude une poule qui a été forcée de donner des œufs.

La réponse est pire que la question 

Résumons-nous : nous voulons savoir à quoi la forme ovale prédispose son œuf. Au passage, notons que si l’œuf est au masculin le nom ovale l’est tout autant et en adjectif, il ne se départit jamais de son E final même s’il arrive à l’œuf de perdre sa coquille.

Et, transition toute faite pour dire qu’une expérience consistant à nourrir des pigeons (pas voyageurs, sinon ils se seraient sauvés du labo) avec un aliment très pauvre en calcium leur a fait produire des œufs sans coquilles (mais pas sans E), à peine empaquetés dans des sachets blancs opaques.

Enfin pour conclure, si nous n’avons pas pu savoir pourquoi le œuf se met à plat-ventre à la moindre occasion, on sait sans nul doute que ce n’est pas par couardise ni lâcheté, des qualités sur lesquelles l’Homme ne saurait être rivalisé. On sait, par contre, avec certitude aussi que sa forme ovale « mono-symétrique » tient de son environnement de naissance, de la gravité du moment au sens tellurique, de sa composition quasi-liquide, de son destin à traverser les ères géologiques, de sa destinée culinaire (proximité syntagmatique entre à-plat-ventre eu au plat) et, enfin, parce, que, in fine, l’histoire de l’œuf n’a ni queue ni tête au propre comme au figuré.

Abdenour BOUHIREB



L’Humanité livrée au songe

Un rêve à demi éveillé est un songe. Pas besoin de compter les moutons pour aller à sa rencontre. Il suffit de somnoler la nuit et de laisser son esprit tituber parmi les loups tapis dans la pénombre. Et, au petit matin, lorsque les chats auraient récupéré leur vraie teinte, car à minuit ils étaient tous gris, hop, voilà que le songe …

Dans ce songe, il m’est paru un brouillard qui m’enveloppa les yeux et me brouilla les pensées. Comme une ivresse de l’âme, il me prit par la main et me conduit, les yeux bandées, dans les méandres de l’aurore. A mesure que les lueurs virginales du nouveau jour emplissaient l’espace, des nuées de livres montaient au ciel et disparaissaient dans les nues. Comme aspirés par une gueule géante mais invisible. Je fus sidéré par un tel rêve, mais attendez la suite pour conclure !

Tous les rayonnages des bibliothèques se vidaient, les étals des bouquinistes s’amenuisaient et les armoires des archives rendaient le contenu de leurs entrailles qu’elles avaient goulument avalé. Pas un livre ne survécut à cet exode massif.

Les greniers, les tables, les commodes, les sacs et tout ce qui, un jour, contint le moindre livre, roman, manuscrit, mémoire ou tout autre objet édité se vidèrent et refluaient le contenu de leur besace comme un gisant rendant son dernier souffle.

Même les parchemins qui tapissaient les murs des musées, les papyrus de légende, les toiles et les enluminures saintes qu’on croyait à l’abri de cette extinction y succombèrent, y compris les manuscrits et les ouvrages calligraphiés rejoignant les cohortes des livres trépassant à l’aube.

Tout ce qui tenait du papier disparaissait. Les notices de médicaments, les billets de banque, les documents administratifs, les directives réglementaires, les codes de lois, les recettes de cuisines, les almanachs de chimie, les partitions musicales, les encyclopédies, les papiers d’identité, les titres de propriété, les relevés topographiques, les tablatures de solfège, les cartes routières, les autographes de stars, les correspondances privées, les dessins d’écoliers, les planches d’anatomie, les arbres généalogiques, les prospectus marketing, les CV et les offres d’emploi, rien, absolument rien ne survécut à ce formidable départ de documents. Tout comme les posters des hommes politiques et les portraits impériaux ainsi que les pièces de théâtres et les recueils de poésie.

Etrange silence

Sans bruit, les reliures se défaisaient, les couvertures devenaient sables invisibles, les feuillets s’en allaient comme des papillons aux cieux qui, eux, resplendissaient de mille éclats bariolés et vaporeux.

En l’espace d’un jour, le monde perdit son patrimoine livresque et l’humanité sa mémoire scripturaire. Qu’allons-nous devenir sans ces précieux folios, me dis-je, auxquels nous avons confié l’insigne et, finalement, si périlleux devoir de sauvegarder les fleurs de la civilisation humaine ?

Aussi loin que portait mon regard voilé, je ne perçus que le même spectacle inouï. Ainsi, chaque grain de temps qui passait emportait avec lui les signes et leurs sens. Le sablier magique éructait vers le haut, comme un doux volcan, des miettes du savoir cumulé au fil des millénaires, faits de textes savamment réunis, disséqués, analysés, lus et récrits, validés, contestés puis mis sur les tables de feuilles de lin.

Le tout entouré d’un étrange silence peuplé par le délicieux froufrou des feuilles qui s’entrechoquaient par milliers de milliers. Tel un majestueux et incommensurable peuplier dont la brise faisait tanguer les branches forçant les feuilles à chanter le requiem de la culture imprimée. On aurait dit le bruit d’un essaim de colombes rasant les terres plates s’en allant mourir parmi les étoiles déjà endormies.

Les phrases se dénouaient, les lettres perdaient leur sinuosité mystérieuse, les paragraphes s’entremêlaient dans un fracas de coton frisé et battu par les vents de cette fureur de soie. Sous les nuages dorés, on ne distinguait plus quel chapitre allait avec quel autre. Les titres ne renseignaient plus mais saignaient d’un sens qui s’effritait au loin dans l’Ether. Les feuilles irisées rendaient l’âme en blanchissant et voyaient leurs teintes s’évaporer dans les airs, tel un arc en ciel défait et vaincu par les lames cristallines du soleil.

Immatériel mais bien réel

Curieusement, ces colonnes de textes n’obscurcissaient point le jour naissant mais en démultipliaient le rayonnement. Le savoir, même au chapitre de la mort, ne peut se résoudre à faire tort. Car, telle ne fut jamais sa nature.

Dans mon songe furtif, cette hécatombe dura un jour d’été. Au crépuscule, seuls les sculptures, les bas-reliefs, les gravures et les glyphes des âges anciens survécurent à ce naufrage qui vint à bout du plus insignifiant livre de chevet.

Le soleil ayant sombré sans râle à l’horizon comme un noyé dans une mer d’huile, l’humanité fébrile et désappointée d’un tel « livricide » songea à comment tout reconstituer.

Les éditeurs sonnaient le rappel des troupes de leur comité de lecture, les facultés réunissaient leur jury académiques, les directeur de publication leur réunion de rédaction. Pas une instance habituée à produire le moindre texte ne dérogea à ces rituels pour rendre à l’humanité sa mémoire. Les membres des comités scientifiques et techniques s’étripaient à vive voix pour imposait chacun son ordre de priorité …

En urgence et comme première réponse, on puisa dans les disques durs, les cédéroms, les clés USB, les cartes mémoires, on racla les fonds de tiroirs à la recherche de la moindre disquette désuète qui contiendrait un texte à imprimer. On confia aux personnes les plus âgées ou expérimentées des calepins étincelants pour y coucher leurs souvenirs même les plus insignifiants.

Une prime fut même octroyée à toute personne qui léguerait aux centres culturels sa tablette contenant des livres en pdf, ou tout autre format de liseuse numérique.

Des équipes d’informaticiens allaient à l’assaut de serveurs sur les réseaux pour s’assurer que les versions en ligne y étaient toujours et en multiplièrent les sauvegardes et restreignirent l’accès.

Au soir venu, et passée l’hébétude, des tonnes de papiers A4 affluaient et les machines de reprographie s’ébranlèrent comme au temps de la révolution industrielle. Peu importaient la qualité ni la facture éditoriale ou typographique, pour peu qu’on noircit les feuilles.

L’ineffable et le périssable

Les romanciers, talentueux ou médiocres, arrivaient par grappes humaines et frappaient aux portes des maisons d’édition comme des convertis aux seuils des temples à la veille de l’apocalypse, qui pour rediscuter les termes de son contrat, qui pour le résilier ou jeter l’éponge …

Les étudiants et les chercheurs négociaient leurs plannings, le temps de réécrire leurs notes ou en faire un autre tirage à chaud, réclamant qu’on leur fixa une date … l’humanité sombrait dans une anarchie qu’elle voulait salvatrice.

Comment restituer en quelques jours ce que la civilisation a mis des millénaires pour le mettre au monde ?

A l’abri de ce tumulte, se faisant remarquer par leur calme, les poètes et les conteurs ne furent pas pris de cette fièvre de la renaissance. Non qu’ils ne perdirent pas leur vers et leurs histoires lors de ce dépeuplement livresque. Chacun y avait laissé ses plus belles réalisations rimées et ses œuvres éditées, mais aussi des inédits.

Eux, ils savaient qu’il leur suffisait de fermer l’œil pour donner à la civilisation les plus beaux des présents … une voix qui transporte l’auditoire vers les plus merveilleux des pays. Comme le faisaient nos grands-mères jadis au coin du feu. Puis, la nuit tomba.

Abdenour BOUHIREB



Attention, changement pneumatique en vue !

C’est quoi encore comme trouvaille ? Décidément, ce Bururu nous pond des prophéties à chaque insomnie. Voyons voir ce qu’il nous mitonne, cette fois-ci, avec un titre par trop alarmiste.

Il déclare, la main sur la pompe, qu’au bout de sa longue vue se pointe le museau d’un changement pneumatique. C’est gonflé, comme dirait l’autre, pour un oiseau qui n’a pas le pied marin. Que cette prophétie sorte du bec d’un albatros, d’un pélican ou d’une sterne furtive, elle aurait eu un semblant de crédibilité. Mais, qu’un hibou, qui n’a jamais quitté sa branche de frêne, se prenne pour un moussaillon avec sa marinière et son pompon en huppe, avouez que vous avez du mal à y voir clair et pas qu’à cause de la bruine qui nous barre l’horizon.

Déjà que la mer est sans cesse tourmentée par une houle à vous arracher les tripes, que les récifs sont fouettés par des crachins dignes d’un dragon aquatique de la mer du Nord, que ça siffle et gronde comme si Poséidon et Eole aient volé à Bacchus à sa barrique de vin pour s’offrir une cuite divine.

En effet, même pour Bururu qui n’a jamais piqué une tête dans une mare, il est aisé de reconnaitre les signes avant-coureurs d’un trouble émotionnel des mers et des océans. Agitation, comportement impulsif, sautes d’humeur, boulimie, etc. C’est à croire que la flotte ne tient plus en place et qu’elle désire coloniser davantage de terres qu’elle n’en a déjà pris depuis la dernière glaciation. Une sorte de « hydronialisme ».

Il faut reconnaitre que notre civilisation y a contribué prodigieusement. En sus de l’avoir copieusement gratifiée de tous nos manceaux d’ordures, que de forêts dévastées, que d’espères faunistiques et floristiques décimées, que de tonnes de gaz rejetées dans les airs, que d’eau sale et contaminée déversée dans les plages, que de récifs détruits, que de bas-fonds raclés, etc. Résultats des courses, des eaux polluées, des chaines alimentaires qui n’émettront plus jamais, des lagons devenus cimetières, des glaciers qui fendent, des espèces qui fuient et rapetissent et de dangers microbiens qui nous guettent.

En effet, la remontée des eaux, conséquence d’une planète devenue fiévreuse, menace les basses-terres, les deltas, les estuaires et les archipels. Dans quelques décennies, vous n’aurez plus à aller à la mer car c’est elle qui viendrait vous rendre visite jusqu’à chez-vous !

Ce n’est pas une vue de l’esprit ou le présage d’un Hurluberlu mal rasé ! Les glaciers polaires fendent et, à terme, libèreront des quantités gigantesques d’eau douce dans une mer amère par nos comportements immatures.

La salinité des océans en serait-elle affectée ? Les mers deviendraient-elles plus chaudes, les courants marins, si féconds, en seraient-ils détournés ou ralentis ? Des questions auxquelles les prochaines tempêtes, typhons, vents de sable et sécheresses vont assurément répondre avec force arguments.

Même les terres qui autrefois emmagasinaient les eaux pluviales grâce au dense couvert végétal, dégorgent vite, à force d’avoir été dénudées, en torrents pour dévaler les cours d’eau et aller se jeter en mer, rendant ainsi détraqué le cycle hydrique.

Et ce n’est là que la partie (perdue) invisible de l’iceberg ! Si le permafrost venait à éructer tous les gaz à effet de serre qu’il contient dans l’air, cela ferait franchir au réchauffement climatique le mur du son ! Il se pourrait même que les glaciers aient piégé dans leurs entrailles des bataillons de microbes pas trop amis avec l’humain, et feraient planer, une fois libérés, sur cette civilisation un danger d’une ampleur inouïe.

Bientôt et vous ne pourrez pas dire à Bururu qu’il ne vous a pas prévenus, nous naviguerons entre les rares terres émergées sur des embarcations d’infortune car seuls les plus aisés auraient la possibilité de s’équiper en canots gonflables. Ce serait leur signe extérieur de richesse. Cette nouvelle ère civilisationnelle s’appellerait « le changement pneumatique ». Alors scrutez l’horizon …et à vos pompes.

Abdenour BOUHIREB



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