La France décidée à indemniser les victimes de ses essais nucléaires

La France vient d’adopter, mardi dernier, la loi portant sur l’indemnisation des victimes d’irradiation des essais nucléaires effectués il y a cinquante ans dans le Sahara et le Pacifique, annonce l’AFP dans une dépêche datant du 22 décembre 2009.

« Près de cinquante ans après les premiers essais nucléaires français, le Parlement a donné mardi, avec un ultime vote, son feu vert à l’indemnisation des victimes d’irradiation, très attendue par les associations de victimes », lit-on sur cette dépêche qui précise encore que « le projet de loi a été voté par la majorité UMP et le Nouveau centre. A l’Assemblée nationale, le PS s’est abstenu mais il a voté contre au Sénat. Dans les deux chambres, le groupe PCF a voté contre ainsi que les Verts à l’Assemblée.»

Selon cette annonce de l’AFP, « quelque 150.000 civils et militaires, selon le ministère de la Défense, ont participé aux 210 essais menés de 1960 à 1996 par la France, dans le Sahara algérien puis en Polynésie française, deux régions dont les populations peuvent également prétendre à indemnisation.» Aussi, « l’indemnisation concernera les personnels militaires et civils et les populations qui, irradiés, ont développé un cancer. Une liste de 18 maladies, conforme à celle établie par une agence spécialisée de l’ONU, a été retenue », lit-on par ailleurs.

Mais le plus significatif dans cette affaire serait lié au fait que « l’indemnisation sera évaluée par un comité d’indemnisation qui soumettra un avis au ministre de la Défense, à qui il reviendra de prendre la décision finale, motivée », précise l’AFP qui souligne aussi que « la charge de la preuve est donc renversée. Jusqu’à présent, les associations de victimes devaient mener un long et difficile parcours du combattant, pour prouver, devant les tribunaux, un lien de causalité entre maladie et exposition aux rayons nucléaires.» (Lire l’intégralité de la dépêche ici).

L’édition on-line du Nouvel Observateurs, du 23 décembre 2009, annonce aussi à ce propos que « le Parti socialiste s’était abstenu sur le texte lors du vote à l’Assemblée, dénonçant « une loi à minima », tandis que les communistes se prononçaient contre, Maxime Gremetz le jugeant « purement symbolique »» avant de d’ajouter : « Elaboré en concertation avec les associations de victimes, mobilisées depuis des années, le texte reconnaît le droit à indemnisation des victimes des 210 essais nucléaires menés d’abord au Sahara, puis en Polynésie française à partir de 1966.»

Par ailleurs, le Nouvel Observateur rappelle aussi que « un rapport du ministère de la Défense publié en 2006 a reconnu que des contaminations s’étaient produites lors de quatre essais souterrains réalisés au Sahara, dont le tir « Béryl » du 1er mai 1962. En Polynésie, dix essais ont provoqué des retombées dans des zones habitées, dont l’essai « Centaure » du 17 juillet 1974: le nuage radioactif était passé au-dessus de la presqu’île de Tahiti. La population totale potentiellement contaminée s’élève à 147.500 personnes, civils et militaires, selon l’étude d’impact du ministère de la Défense jointe au projet de loi: 20.000 au Sahara et 127.500 en Polynésie.» (Lire l’intégralité de la dépêche ici).

Pour sa part, le site d’information Algérie Focus a élaboré un rappel succinct sur les essais nucléaires incriminés, dans un long article consacré à ce sujet. Dans une Fiche technique dédiée, il est annoncé : « L’armée française a procédé à 210 essais nucléaires entre 1960 et 1996, d’abord au Sahara (1960-1966), puis en Polynésie française (1966-1996). Le nombre de victimes n’a jamais été établi précisément. En Algérie, 17 essais français ont été réalisés entre le 13 février 1960 (« Gerboise bleue ») et le 16 février 1966 (« Grenat »), tant en atmosphérique dans le désert, qu’en galeries creusées dans le massif granitique du Tan Affela. Le premier essai, Gerboise Bleue effectué le 13 février 1960, était quatre fois plus puissant que la bombe d’Hiroshima, ont indiqué des rapports français. Le tir était aérien comme également les trois autres tirs – intitulés Gerboise blanche, rouge et verte – qui ont suivi. Ils ont été effectués d’une tour située plus précisément à Hamoudia, à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Reggane. Le rapport annuel du Commissariat à l’énergie atomique (organisme public de recherche scientifique français dans les domaines de l’énergie, de la défense, des technologies de l’information et de la santé) de 1960 montrait l’existence d’une zone contaminée de 150 km de long environ. Ce rapport indiquait que les essais atmosphériques en particulier se sont avérés très polluants en irradiant le sol algérien tout en causant un grave préjudice écologique dont témoignent encore les roches noires et les terres brûlées où aucune végétation ne pousse.»

Algérie Focus continue : « La France avait ainsi abandonné les essais aériens optant pour des explosions souterraines. De novembre 1961 à février 1966, treize autre tirs en galerie ont été effectués dont quatre n’ont pas été totalement contenus ou confinés (Béryl, Améthyste, Rubis, Jade). Mal confinées, les bombes avaient dégagé des effets radioactifs dévastateurs sur la faune et la flore. Les bombes utilisées étaient plutôt fabriquées avec du plutonium connu pour être plus toxique que l’uranium. Les explosions qui avaient provoqué des déplacements tectoniques, ont fait disparaître l’eau potable notamment au niveau du site de In Ekker. Bien qu’invisible à l’œil nu, le danger de radiations guette encore, et pour longtemps, les milliers de personnes vivant dans ces régions. Plusieurs anciens militaires français avaient indiqué qu’ils étaient utilisés comme «cobayes/humains» lors de ces essais. Des Algériens aussi. » (Lire l’intégralité de l’article ici).



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