Hervé Sanson au CBF: « Jean Amrouche est une figure importante des littératures maghrébines de langue française, un précurseur »

 

Hervé Sanson au CBF:

Le réseau citoyen des associations franco-berbères CBF, vient de réaliser un entretien avec le chercheur Hervé Sanson. Celui-ci est « chercheur sur les littératures maghrébines francophones et berbères, il a participé à la rédaction de la revue Awal, fondée en 1985 par Mouloud Mammeri et Tassadit Yacine, avec le soutien de Pierre Bourdieu », lit-on dans l’exergue de cette interview dont le texte intégral est à lire ici.

Extraits :

CBF : Parlez-nous de votre parcours.

H. S.: J’ai commencé ma carrière de chercheur sur les littératures maghrébines francophones, et berbères de façon plus ponctuelle et spécifique, en 1996 par la soutenance d’un master 1 sur l’œuvre d’Assia Djebar. Je soutins ensuite un master 2 sur l’œuvre du poète algérien Jean Sénac, puis je rédigeai une thèse de doctorat sur l’œuvre de Mohammed Dib. Parallèlement, je m’intéressai aux œuvres d’auteurs de culture berbère, tels Mohammed Khaïr-Eddine, les Amrouche, Mouloud Feraoun ou encore Mouloud Mammeri. Outre l’enseignement dans le secondaire et mon activité de chercheur, je suis actuellement chargé de cours à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales et propose un séminaire sur la problématique suivante : « La littérature algérienne de langue française : « Peut-on se tuer à aimer dans cette langue ? ». Littératures postcoloniales, rapports de genres et interactions linguistiques ». Je suis membre, en outre, du Centre en Études féminines et de Genres de Paris-III, associé à l’équipe de recherches « Écritures de la modernité ».


CBF : Pourquoi avez-vous rendu hommage à Jean Amrouche par son Journal 1928-1962 ?

H. S. : Jean Amrouche est une figure importante des littératures maghrébines de langue française, un précurseur. C’est aussi un symbole de l’Algérie plurielle, plurilinguistique, multireligieuse, qui aurait pu voir le jour en 1962 mais qui a sombré. En ce sens, son identité complexe et minoritaire est l’exemple d’un parcours intellectuel brillant mais qui ne va pas sans déchirements. De nombreux Algériens peuvent aujourd’hui se reconnaître dans cet itinéraire, y compris les « beurs » actuels. Le Journal rend très bien compte de ces difficultés d’inscription et de reconnaissance dans le champ intellectuel français de l’époque, mais aussi de la position marginale qu’Amrouche devait fatalement conserver jusqu’à la fin de sa vie.

(…)

CBF : Quelle est votre analyse du marché du livre berbère aujourd’hui en France et ailleurs ? Et comment voyez-vous son avenir ?

F. S.: Des maisons d’édition voient le jour ; des manifestations diverses sur la culture berbère sont organisées en France, un travail associatif s’est mis en place qui permet de donner une visibilité au livre berbère ; les salons du livre berbère attirent toujours de nombreux visiteurs. Tout cela est donc très positif. Hélas ! La crise, phénomène mondial, qui frappe tout un chacun doit y être pour quelque chose : les Berbères achètent moins de livres qu’il y a dix ou quinze ans. Je ne connais pas vraiment l’état du marché du livre berbère en Algérie ou dans d’autres pays. Je pense qu’avec l’émergence de maisons d’édition, le marché du livre berbère a de beaux jours devant lui, en France et certainement en Algérie, et devrait se consolider dans les prochaines années, car les Berbères de France, notamment, ont besoin d’assumer leurs origines en toute objectivité et sérénité.



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