Kabylie : Les locaux de l’association protestante Tafat incendiés

 

Kabylie : Les locaux de l’association protestante Tafat incendiés arton148275-37f9f

L’intolérance religieuse a encore sévi en Kabylie, ce week-end avec l’incendie et le saccage de locaux cultuels de l’association  protestante Tafat.

Ainsi, selon l’information rapportée par le site d’information « Tout sur l’Algérie », le 10 janvier dernier, « les locaux de l’église protestante Tafat de Tizi Ouzou ont été incendiés, samedi 9 janvier vers 23 heures, par un groupe d’individus », citant le Pasteur Krireche. « Des barbus en nombre d’une vingtaine se sont introduits à l’intérieur de l’église pour y mettre le feu tout en saccageant le mobilier et les portes d’accès » aurait indiqué le premier responsable de cette association religieuse. (Lire l’intégralité de l’article ici)

Le Quotidien El Watan de ce lundi 11 janvier 2010, rapporte que « selon des témoignages recueillis hier sur place, une première tentative avait déjà été enregistrée dans la matinée de samedi, vers 8h, quand les fidèles ont été empêchés d’accéder à cette église, aménagée dans une bâtisse à usage d’habitation, pour accomplir leur messe hebdomadaire.»

Voici le témoignage d’un membre de la communauté protestante, cité par le reporter d’El Watan : « Avant notre arrivée sur les lieux, des personnes étrangères au quartier nous ont intimé l’ordre de rebrousser chemin. Menaçants, ils se sont adressés à nous en disant : vous ne ferez plus votre culte ici. Pour éviter un éventuel affrontement physique, nous avons préféré rentrer chez nous. C’est à ce moment-là qu’ils ont commencé à tout saccager. Un policier en civil présent dans la salle a tenté de s’interposer. Ils l’ont agressé avec une chaise. Nous avons pris des photos que nous avons remises aux services de sécurité.»

Le journaliste raconte, lui aussi, ce qu’il a constaté sur les lieux : « hier, au moment de notre passage, les traces des dégâts étaient encore perceptibles. Le rideau métallique de la grande salle où se déroule le culte hebdomadaire était défoncé. A l’entrée, des chaises, des tables, des ustensiles de cuisine et des livres étaient jetés dans un coin. Une armoire, un matelas et des tables ont été précipités dans un talus. A l’intérieur, des objets divers, du mobilier et des assiettes en plastique jonchent le sol. La bibliothèque, la salle de bains et la cuisine ont subi le même sort.» (Lire l’intégralité du reportage ici)



Ferhat Mehenni, leader du MAK, au Quotidien marocain l’Opinion : « on a assassiné mon fils aîné pour me châtier»

Ferhat Mehenni, leader du MAK, au Quotidien marocain l'Opinion : « on a assassiné mon fils aîné pour me châtier» arton644-c1124Le site d’information « continentalnews.fr » a reproduit intégralement, le 07/01/2010 dernier, une interview accordée par le leader autonomiste kabyle, Ferhat Mehenni au journal marocain l’Opinion (http://www.lopinion.ma/).

Ainsi, à la question relative aux « défis et entraves qui se dressent sur votre chemin en face d’un système qui vous accuse de trahison et de dépendance », le président du MAK rappelle que « (…) Cela fait plus de huit ans maintenant que nous existons. Nos efforts ont fini par être couronnés de succès puisque le 20 avril 2009, à l’appel du MAK, plus de 20 000 personnes sont descendues dans les rues de Tizi-Ouzou. D’autres démonstrations sont à l’ordre du jour de cette année et montreront notre ancrage réel au sein de la société kabyle. Nous sommes conscients des défis que nous relevons et nous en assumons les risques. Je vous rappelle qu’en juin 2004, on a déjà assassiné mon fils aîné pour me châtier de ma témérité à avoir revendiqué cette autonomie régionale. Mais quand on a la force de ses convictions, le cours de l’histoire ne s’arrête pas devant des écueils, quels qu’ils soient.»

Interrogé sur les accusations par une partie de la presse algérienne de « de militer pour le compte du MOSSAD et d’Israël », Ferhat Mehenni rétorque que « Ce sont les services algériens qui opèrent derrière des prête-noms journalistiques pour riposter à notre succès le 26 mai à la tribune des Nations Unies. La seule parade que le régime ait trouvée c’était de dire que nous nous réunissions avec le Mossad et la CIA à l’ambassade d’Israël à Paris. J’ai engagé des poursuites judiciaires à ce sujet. La justice algérienne ne s’est pas encore prononcée. Mais puisque vous m’en donnez l’occasion, je démens solennellement ces allégations mensongères. D’ailleurs, dans le même article qui se retrouve sur tous les sites internet islamistes dans lesquels des appels au meurtre contre ma personne sont lancés, la télévision marocaine a été citée comme le média à travers lequel j’aurais annoncé un congrès du MAK pour le mois d’août dernier et pour déclarer la guerre à l’armée algérienne. Une pure invention du DRS pour diaboliser le MAK et son président.»

Plus loin, Ferhat Mehenni, souligne que « (…) Sans le MAK et sa revendication autonomiste, cela irait droit vers la désintégration de l’Algérie. C’est la politique du régime algérien, calquée sur le modèle serbe en ex-Yougoslavie, qui va nous conduire à l’irréparable. Avant qu’il ne soit trop tard, je lance un appel aux décideurs du pays pour prendre en compte notre revendication (…).»

Interrogé sur son positionnement de soutien au « plan d’autonomie au Sahara proposé par le Maroc pour mettre fin au conflit artificiel qui l’oppose au Polisario », le leader Kabyle explique que « la proposition marocaine d’une autonomie régionale pour le Sahara me parait plus empreinte de sagesse que l’attitude rigide du gouvernement algérien sur la question. Elle est moralement supérieure à la guerre (…) Si le gouvernement algérien, dans les jours à venir, propose au MAK de négocier les modalités de l’autonomie régionale pour la Kabylie, nous accepterions volontiers. Par ailleurs, sur le plan de la simple logique et du bon sens, comment se pourrait-il que le MAK qui revendique une autonomie pour la Kabylie viendrait à s’opposer à la proposition marocaine de même nature pour la région du Sahara? Il le ferait au nom de quelle cohérence?» (Lire l’intégralité de l’entretien ici)

Par ailleurs, dans un communiqué publié sur son site électronique, le MAK applaudit l’initiative du Roi du Maroc qui vient de lancer « un vaste chantier de « rénovation et de modernisation de l’Etat » en installant, dimanche 3 janvier 2010, une Commission Consultative de Régionalisation (CCR) avec à sa tête son actuel ambassadeur en Espagne. Dans son discours prononcé à Marrakech, à l’occasion du 10e anniversaire de son arrivée au Trône, Mohammed VI a réaffirmé sa volonté de faire bénéficier toutes les régions du pays de ce nouveau mode de gouvernance qui est l’autonomie élargie dont le Sahara va être le premier bénéficiaire.»

Plus loin, le MAK annonce que « pour pousser les gouvernants que nous subissons chez nous à aller dans le sens du progrès et de l’Histoire, les Conseils Universitaires du MAK de Vgayet et de Tizi-Ouzou appellent à des marches dans ces deux capitales kabyles pour mardi 12 janvier 2010 à 10h. Notre Mouvement fera de ce Yennayer un rendez-vous avec notre destin de liberté. Même si le régime algérien ne se préoccupe que de la rente pétrolière pour ses tenants, le MAK est décidé à faire accéder le peuple kabyle à la maîtrise de son avenir.» (Lire l’intégralité du communiqué ici)



Hervé Sanson au CBF: « Jean Amrouche est une figure importante des littératures maghrébines de langue française, un précurseur »

 

Hervé Sanson au CBF:

Le réseau citoyen des associations franco-berbères CBF, vient de réaliser un entretien avec le chercheur Hervé Sanson. Celui-ci est « chercheur sur les littératures maghrébines francophones et berbères, il a participé à la rédaction de la revue Awal, fondée en 1985 par Mouloud Mammeri et Tassadit Yacine, avec le soutien de Pierre Bourdieu », lit-on dans l’exergue de cette interview dont le texte intégral est à lire ici.

Extraits :

CBF : Parlez-nous de votre parcours.

H. S.: J’ai commencé ma carrière de chercheur sur les littératures maghrébines francophones, et berbères de façon plus ponctuelle et spécifique, en 1996 par la soutenance d’un master 1 sur l’œuvre d’Assia Djebar. Je soutins ensuite un master 2 sur l’œuvre du poète algérien Jean Sénac, puis je rédigeai une thèse de doctorat sur l’œuvre de Mohammed Dib. Parallèlement, je m’intéressai aux œuvres d’auteurs de culture berbère, tels Mohammed Khaïr-Eddine, les Amrouche, Mouloud Feraoun ou encore Mouloud Mammeri. Outre l’enseignement dans le secondaire et mon activité de chercheur, je suis actuellement chargé de cours à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales et propose un séminaire sur la problématique suivante : « La littérature algérienne de langue française : « Peut-on se tuer à aimer dans cette langue ? ». Littératures postcoloniales, rapports de genres et interactions linguistiques ». Je suis membre, en outre, du Centre en Études féminines et de Genres de Paris-III, associé à l’équipe de recherches « Écritures de la modernité ».


CBF : Pourquoi avez-vous rendu hommage à Jean Amrouche par son Journal 1928-1962 ?

H. S. : Jean Amrouche est une figure importante des littératures maghrébines de langue française, un précurseur. C’est aussi un symbole de l’Algérie plurielle, plurilinguistique, multireligieuse, qui aurait pu voir le jour en 1962 mais qui a sombré. En ce sens, son identité complexe et minoritaire est l’exemple d’un parcours intellectuel brillant mais qui ne va pas sans déchirements. De nombreux Algériens peuvent aujourd’hui se reconnaître dans cet itinéraire, y compris les « beurs » actuels. Le Journal rend très bien compte de ces difficultés d’inscription et de reconnaissance dans le champ intellectuel français de l’époque, mais aussi de la position marginale qu’Amrouche devait fatalement conserver jusqu’à la fin de sa vie.

(…)

CBF : Quelle est votre analyse du marché du livre berbère aujourd’hui en France et ailleurs ? Et comment voyez-vous son avenir ?

F. S.: Des maisons d’édition voient le jour ; des manifestations diverses sur la culture berbère sont organisées en France, un travail associatif s’est mis en place qui permet de donner une visibilité au livre berbère ; les salons du livre berbère attirent toujours de nombreux visiteurs. Tout cela est donc très positif. Hélas ! La crise, phénomène mondial, qui frappe tout un chacun doit y être pour quelque chose : les Berbères achètent moins de livres qu’il y a dix ou quinze ans. Je ne connais pas vraiment l’état du marché du livre berbère en Algérie ou dans d’autres pays. Je pense qu’avec l’émergence de maisons d’édition, le marché du livre berbère a de beaux jours devant lui, en France et certainement en Algérie, et devrait se consolider dans les prochaines années, car les Berbères de France, notamment, ont besoin d’assumer leurs origines en toute objectivité et sérénité.



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