Criminalisation du colonialisme: le RCD se dit méfiant et la France réservée

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Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD . Parti laïque du centre-gauche) « accueille avec méfiance la proposition de loi visant à criminaliser le colonialisme », rapporte le site Tout sur l’Algérie dans son édition électronique datant du 09-02-2010. « Nous n’avons pas encore reçu ce projet. On ne peut pas se prononcer avant de connaître le contenu », aurait déclaré le chef du groupe parlementaire du RCD, Boubekeur Derguini au site TSA à ce propos.

Le site TSA rappelle que « ce projet de loi, initié par des députés de l’Alliance présidentielle (FLN, RND et MSP) et du parti islamiste Islah, sera soumis au gouvernement avant d’être adopté par le Parlement probablement lors de la session de printemps.» Il convient surtout de noter que ce projet de loi, s’il arrive à son terme aura été l’une des rares propositions de loi issues de la représentation nationale, traditionnellement vassalisée et assujettie à l’Exécutif omnipotent et source de toutes législations lorsque le parlement n’entérine pas simplement et sans voix les ordonnances présidentielles.

Ainsi, « le parti de Said Sadi (Président du RCD) n’a pas été sollicité par les initiateurs de la proposition de loi pour signer le projet, selon M. Derguini. Cette proposition a été signée par 125 députés de l’Alliance présidentielle (FLN, RND et MSP) et d’El Islah. Le bureau de l’APN a renvoyé ce projet à ses initiateurs pour le mettre en conformité avec les textes régissant les relations franco-algériennes », a ajouté M. Derguini » rapporte TSA tout en précisant que « si le RCD, qui représente l’opposition démocratique à l’APN, condamne le colonialisme français, il dit ne pas partager les mêmes approches avec les initiateurs de la proposition de loi criminalisant le colonialisme.»

TSA conclut son article par une chute que la majorité des citoyens partage: ainsi le responsable du RCD aurait déclaré à TSA que :  » Nous avons des approches différentes sur la question du colonialisme. Nous craignons que le sujet soit utilisé pour alimenter l’actualité nationale et cacher les vrais problèmes et débats. A chaque fois qu’un problème interne se pose, on nous sort cette histoire du colonialisme et des ennemis de la Nation ». (Lire l’intégralité de l’article ici)

La France réservée

En France, les réactions sont plus affirmées selon le Nouvel Observateur (édition en ligne du 09 février 2010). Ainsi, l’on apprend que « le dépôt au Parlement algérien d’une proposition de loi pour « criminaliser » le colonialisme français, dimanche 7 février, suscite une levée de boucliers en France.» Selon NouvelObs, « le ministre de l’Immigration, Eric Besson, a « regretté » cette initiative mardi, et qualifié cette question de « sujet sensible ». Je regrette cette proposition », a dit Eric Besson sur RMC, ajoutant qu’il s’agit d’un « sujet sensible » alors qu’il reste « encore des cicatrices ». Pour le ministre de l’Immigration, « il ne faut pas oublier la colonisation et la post-colonisation » et « dépasser » cette question.»

D’autre part, continue le NouvelObs, « le secrétaire d’Etat à la Défense et aux anciens combattants, Hubert Falco, va plus loin. Il a estimé mardi que l’initiative des députés algériens était « particulièrement inquiétante », « incompréhensible » et « outrancière ». « Cette initiative portée par 125 députés algériens est particulièrement inquiétante et incompréhensible », a déclaré Hervé Falco devant l’Assemblée nationale. « Il s’agit d’une proposition de loi qui n’a pas été débattue par l’Assemblée algérienne et sur laquelle le gouvernement algérien ne s’est pas prononcé », a-t-il ajouté. Pour lui, « il faut donc se garder de tout procès d’intention à l’égard des autorités algériennes qui ne sauraient cautionner une charge anti-française aussi outrancière, profondément blessante, insultante pour nos compatriotes rapatriés et pour notre mémoire nationale ».

« Cette initiative profondément regrettable renforce ma détermination pour œuvrer à la réconciliation des mémoires, non pas par le silence qui voudrait faire la réconciliation sur l’oubli des drames des harkis ou des rapatriés, sur la repentance, mais par le travail de mémoire et l’exigence de vérité », a-t-il fait valoir.»

NouvelObs précise aussi que « Hubert Falco a dit avoir « la conviction » que la fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie était « l’outil indépendant dont nous avons besoin, ici comme de part et d’autre de la Méditerranée, pour parcourir ensemble ce chemin de mémoire ».»

« Bernard Kouchner, quant à lui, temporise. L’exécutif algérien « n’a aucunement pris position » sur la proposition de loi criminalisant le colonialisme français, renvoyée par le bureau de l’Assemblée algérienne à son auteur pour qu’il retravaille son texte, a dit mardi le chef de la diplomatie française », souligne NouveObs qui ajoute, rapportant les propos du ministre des affaires étrangères français, que « »L’exécutif algérien n’a aucunement pris position sur cette proposition, son inscription à l’ordre du jour n’est donc pas certaine, car c’est le gouvernement algérien qui en a la maîtrise exclusive », a-t-il souligné devant l’Assemblée nationale.
« Aurait-il donc fallu que la France réagisse dès maintenant à un projet qui n’est encore qu’en phase de conception et qui ne fait l’objet d’aucun soutien de la part des Algériens ? Cela me semble
prématuré« , a ajouté le ministre, qui a une visite en Algérie sur son agenda pour ce début d’année 2010.

« « Il faut traiter avec sérieux le problème du dialogue et de la mémoire », a-t-il dit, en rappelant l’intention de la France de créer une fondation sur la mémoire de la guerre d’Algérie, dont la mission sera « de collecter avec rigueur et objectivité tous les témoignages, sans rien occulter » », nous apprend NouvelObs qui précise aussi que « l’éventuelle mise en place « des tribunaux d’exception n’est pas acceptable », a aussi déclaré le patron des députés Nouveau centre, François Sauvadet, demandant « une clarification de la part du gouvernement algérien sur cette initiative ».» (Lire l’intégralité de l’article ici).

 

Dépêche de l’AFP

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Colonialisme: le gouvernement français affirme ne pas vouloir interférer avec le Parlement Algérien

Le gouvernement français ne veut pas « interférer » avec le fonctionnement du Parlement algérien après le dépôt par une centaine de députés de l’APN d’une proposition de loi criminalisant le colonialisme français, a déclaré mercredi son porte-parole Luc Chatel.« Le gouvernement ne va pas interférer sur le déroulé du fonctionnement du parlement algérien », a affirmé M. Chatel en rendant compte à la presse des travaux du Conseil des ministres. « Je note simplement que cette proposition de loi a suscité de l’émotion dans notre pays. C’est une proposition de loi d’initiative parlementaire, qui n’a pas été reprise par le pouvoir exécutif algérien », a-t-il ajouté.Avant M. Chatel, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a lui aussi fait remarquer mardi que l’exécutif algérien n’avait « aucunement pris position » sur ce texte, alors que son collègue Eric Bessoin (Immigration) l’avait « regretté » et le secrétaire d’Etat à la Défense Hubert Falco qualifié d’ »outrancier ».

 



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