Stora à Libération à propos de la criminalisation du fait colonial: « des contentieux mémoriels se sont développés et aggravés »

Stora à Libération à propos de la criminalisation du fait colonial:

 

Le projet d’un groupe de parlementaires algérien de déposer une  proposition de loi visant la criminalisation du fait colonial français, ne cesse de susciter des réactions au sein de l’élite algérienne et française. C’est ainsi que le quotidien français de gauche, Libération, s’est entretenu avec l’historien Benjamain Stora, à ce propos. Voici un extrait de l’interview parue sur le site de Libé’ ce jeudi 11 février 2010.

Dans quel contexte historique s’inscrit ce dépôt d’une proposition de loi sur la criminalisation de la colonisation?

Benjamin Stora. Ce n’est pas nouveau. Depuis 2005 et l’épisode du «rôle positif» de la colonisation, il y a l’idée en Algérie d’opposer à cette loi française une autre loi. Le projet a circulé entre les différents états-majors politiques. Il a disparu, a été amendé. Aujourd’hui, il réapparaît alors qu’on approche d’une échéance politique importante, avec le prochain congrès du FLN en mars.

La situation est-elle différente cette fois?

Personne n’a eu accès au texte original ou amendé, on ne sait pas vraiment ce qu’il réclame. S’agit-il de réparations financières, symboliques, d’excuses politiques? Est-ce que des faits sont établis, ainsi que des dates, des personnes? Tout cela reste très général.

Comment peut-on caractériser les relations entre la France et l’Algérie?

Sur le plan économique, elles sont très bonnes depuis l’indépendance. Mais des contentieux mémoriels se sont développés et aggravés. Les autorités algériennes continuent à reprocher à la France des silences sur la séquence historique qui va de la conquête de l’Algérie à la guerre d’indépendance. Mais il faut aussi noter certains discours d’ambassadeurs français, en 2005 et 2008, au cours desquels les massacres de Sétif (1945) ont été reconnus et caractérisés. Il y a donc eu des réponses françaises, mais pas d’examen critique de la séquence coloniale dans son ensemble. Et la barrière symbolique d’examen critique de la guerre, des années 1954-1962, existe toujours. (Lire l’intégralité de l’interview ici)



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