COLLECTIF DÉFENSE ET SOLIDARITÉ AVEC LES FEMMES DE HASSI MESSAOUD

LETTRE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Monsieur le Président de la République,

Une fois de plus, une fois de trop, des femmes travailleuses, habitant des quartiers déshérités à Hassi Messaoud, ont été sauvagement agressées sans que les services de sécurité leur aient porté le secours et l’assistance exigés par la Constitution et les lois de notre République, tout autant que par les Pactes internationaux ratifiés par l’Algérie.

Un ensemble d’associations, ligues et défenseurs des droits humains émus et indignés par ces exactions s’est réuni pour réagir face à ces agressions récurrentes, en se solidarisant avec ces femmes victimes de violences organisées mais aussi endémiques, loin d’honorer notre pays. Ces faits rappellent les crimes odieux qui ont ciblé plus d’une centaine de femmes dans le quartier d’El Haïcha en juillet 2001 et qui demeurent pour la collectivité nationale, une tache indélébile.

Aussi pour exprimer leur indignation et leur volonté de porter secours aux victimes, elles ont fait paraître une déclaration mettant en évidence le décalage entre les dispositions constitutionnelles relatives à la protection des biens et des personnes et la réalité dramatique vécue par ces femmes.

Ces associations se sont ainsi constituées en Collectif de Défense et de Solidarité avec les femmes de Hassi Messaoud. C’est à ce titre qu’elles s’adressent aujourd’hui à votre Haute Autorité.

Monsieur le Président de la République,

La répétition d’actes intolérables à l’encontre de ces femmes, n’est devenue possible que parce qu’en 2001, letraitement de l’affaire de Hassi Messaoud s’est réduit à une parodie de justice, reléguant cette tragédie au rang de vulgaire fait divers.

Notre Collectif, soucieux du respect de la légalité tant nationale qu’internationale, attire solennellement votre attention sur le fait que, l’Organisation Mondiale Contre la Torture a récemment rappelé les dispositions de la Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Cette dernière établit en son article 4.c que les Etats ont le devoir d’«agir avec la diligence voulue pour prévenir les actes de violence à l’égard des femmes,enquêter sur ces actes et les punir conformément à la législation nationale, qu’ils soient perpétrés par l’Etat ou pardes personnes privées».

Notre Collectif vous prie, en qualité de Premier Magistrat de notre pays, de diligenter une enquête indépendante et impartiale pour faire la lumière sur toute cette violence chronique et organisée à l’encontre de femmes isolées,occupant des emplois précaires, en situation de grande vulnérabilité.

Notre Collectif espère que vous veillerez personnellement à ce que justice soit faite, en sanctionnant les agresseurs et en protégeant des femmes qui ne réclament rien d’autre que de vivre et travailler en paix dans le lieu deleur choix, sur tout le territoire national.

Notre Collectif attend avec confiance que des mesures fermes et définitives soient prises par les responsables de tous les départements ministériels concernés, pour assurer la sécurité et la protection de ces femmes, de leurs enfants et de leurs biens. Et ce, pour éviter que de pareilles exactions ne se reproduisent à l’avenir.

Monsieur le Président de la République,

Certains que vous serez sensible à cet énième épisode de la tragédie sans fin qu’est la violence subie par lesfemmes à Hassi Messaoud et partout ailleurs, nous faisons appel à votre Haute Autorité pour garantir à toutes les Algériennes, où qu’elles se trouvent, l’exercice de leurs droits – droit à la vie, à la dignité, à l’égalité, au travail, à la sécurité et à la protection de leurs enfants et de leurs biens- et faire en sorte qu’elles soient réellement protégéesdans un Etat de droit.

Le Collectif vous prie de croire, Monsieur le président de la République, en sa très haute considération.

Signataires :

Djazaïrouna, Réseau Wassyla, AVIFE, AMUSNAW, Tharwa N’Fadhma N’Soumeur, Association Défense et promotion des Droits des Femmes, Collectif Femmes du Printemps Noir, Femmes en communication, RAFD,ANADE, LADDH, Association pour les libertés Syndicales, Collectif des femmes du PLD et CCDR.

NB: la source de cette déclaration est le Quotidien Le Soir d’Algérie du 25 mai 2010



Femmes victimes de Hassi-Messaoud, la solidarité s’organise en France

Femmes victimes de Hassi-Messaoud, la solidarité s'organise en France hassi-messaoud-3

Le site d’information en ligne, Tout sur l’Algérie répercute une dépêche de l’AFP, dans son édition de ce mardi 11 mai 2010, et dans laquelle il est rapporté qu’« une centaine de personnes ont manifesté, lundi 10 main, devant l’ambassade d’Algérie à Paris pour protester contre les violences dont ont été victimes des femmes à Hassi-Messaoud et réclamer une réaction des autorités algériennes. Partis de gauche et syndicats ont manifesté aux côtés d’associations féministes et de défense des droits de l’Homme.» «Nous sommes là parce que des femmes se font agresser à Hassi-Messaoud (…). Ces femmes n’ont commis aucun crime si ce n’est le fait d’être femme et de travailler », a réagi la responsable de l’association Pluriel Algérie, Akrouf Sanhadja, précise-t-on également. « On veut que le gouvernement algérien réagisse», a déclaré Nadia Kaci co-auteur de « Laissées pour mortes », un livre de témoignages qui relate les violences de 2001, rapporte aussi TSA précisant que l’oratrice « regrette qu’il n’y ait « aucune volonté politique de faire en sorte que cela se règle ».» « »Il y a des violations absolument spectaculaires des droits de l’Homme », a estimé la secrétaire générale adjointe de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), Sophie Bessis. « L’Etat algérien n’a jamais rien dit, ni en 2001 ni aujourd’hui. (…) Ce silence, cette misogynie de l’Etat, encourage la misogynie de la société dans la mesure où ceux qui commettent ces exactions savent qu’ils le font dans l’impunité la plus totale », a-t-elle dénoncé », annonce-t-on également. (Lire l’article intégral ici).

A ce propos, le site nouvelobs.com souligne dans son exergue que « des partis de gauche et des syndicats ont défilé devant l’ambassade d’Algérie à Paris aux côtés d’associations féministes et des droits de l’Homme » (Lire l’intégralité de l’article ici).

Dans une tribune libre, publiée par ce même nouvelobs.com, et signée par Sanhadja Akhrouf (militante féministe algérienne) et Wicem Souissi (journaliste indépendant tunisien et chroniqueur à la revue Hommes et Migrations), les deux auteurs rappellent que « (…) En Algérie, il n’y a pas si longtemps, à Hassi-Messaoud, une région des plus sécurisées, l’inadmissible s’est produit. Songez donc que, courant avril, à plusieurs reprises, des femmes ont osé se laisser violer! Dépossédées par la même occasion de leurs biens, elles ont porté l’irréparable à son comble, elles ont porté plainte ! Ce fut, à l’évidence, proprement scandaleux.» Avec beaucoup de dérision et de sarcasme, Sanhadja Akhrouf et Wicem Souissi mettent à nu la complicité passive de l’Etat algérien face à ce drame vécu par ces femmes martyres.

Aussitôt, les deux militant rebondissent: «Circonstance aggravante, ces inconscientes sont des récidivistes ! Déjà, à l’été 2001, au même endroit, une centaine d’entre elles avaient commis les mêmes crimes, et elles avaient écopé de la même peine. Elles ont la mémoire courte ! » (Lire le texte intégral de cette tribune ici).

Dans l’édition en ligne du Quotidien Libération, on peut lire un entretien de Nadia KACI, auteure de «laissées pour mortes», un livre témoignage de deux femmes parmi les victimes de Hassi-Messaoud. Voici les deux premières questions-réponses de cet échange intense:

Pourquoi vous battez-vous? Quelle est l’attitude du gouvernement algérien face aux violences d’Hassi Messaoud?

A Hassi Messaoud, une des villes les plus surveillées d’Algérie, cinq cents hommes peuvent attaquer cent femmes, les violer, les torturer, voler leurs maigres biens, en toute impunité. Pour légitimer la barbarie, les femmes ont été accusées d’être des prostituées.Le gouvernement refuse de défendre ces femmes. Les plaintes sont restées sans suite. Le ministère de l’action sociale et de la solidarité nationale est dans le déni, le gouvernement prétend que l’affaire d’Hassi Messaoud est un complot monté par la France pour déstabiliser l’Algérie, ce silence est effarant.Les actes commis à Hassi Messaoud sont la conséquence directe du code de la famille de 1984, qui réduit la femme au statut de mineur. En Algérie, la femme est un sous-citoyen. On ne constate aucune volonté politique de régler le problème, et c’est ça le plus inquiétant.

Est-ce que les violences d’Hassi Messaoud sont un événement isolé ou symptomatique d’une violence récurrente en Algérie?

En Algérie, quand une femme se fait battre dans la rue, personne ne fait attention, les gens pense «ce doit être son mari, son père ou son frère».Personne ne fait entendre raison aux hommes, puisque les femmes sont considérées comme des propriétés. Hassi Messaoud est un peu particulier dans la mesure où il y a beaucoup de mouvements de population, mais on peut observer dans tout le pays ces mouvements de violence orientés contre les femmes. (L’entretien intégral est ici).

Toute l’actualité de cette affaire est sur ce blog dédié aux femmes martyres de Hassi Messaoud. http://hassi-messaoud.over-blog.com/



Par solidarité avec les Femmes agressées de Hassi Messaoud, rassemblement devant l’ambassade d’Algérie à Paris, ce lundi

Par solidarité avec les Femmes agressées de Hassi Messaoud, rassemblement devant l’ambassade d’Algérie à Paris, ce lundi elWatanLogo

Le Quotidien El Watan, annonce dans son édition du 10 mai 2010, qu’ »en solidarité avec les femmes de Hassi Messaoud, un rassemblement sera organisé ce soir à 18h30, devant l’ambassade d’Algérie, place Narvik, dans le 8e arrondissement de Paris, pour « exiger que l’Etat algérien, qui sait assurer la sécurité des compagnies pétrolières de Hassi Messaoud, assure aussi, par la loi, la sécurité des femmes qui y travaillent et le droit qu’elles ont à y vivre et gagner leur vie » ».

Le Quotidien El Watan explique qu’ « à l’origine de cette manifestation pacifique, de nombreuses associations féministes, des organisations de défense des droits de l’homme et des partis politiques. Les premiers signataires sont le Collectif national pour les droits des femmes (CNDF), Marche mondiale des femmes, Pluri-elles Algérie, le réseau féministe Ruptures, Femmes contre les intégrismes (AFMCI), Women’s Initiative For Citizenship and Universal Rights (WICUR), l’Association de culture berbère ( ACB), l’Association pour l’égalité par la loi (APEL), l’Association des Marocains de France (AMF), l’Association des Tunisiens de France (ATF), l’Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF), la Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés (Fasti), la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), la Ligue des droits de l’homme (LDH), Les Verts, Manifeste des libertés, le Nouveau parti anticapitaliste (NPA), le Parti communiste français (PCF), le Parti de gauche (PG). »

« Ces premiers signataires rappellent que « des femmes travaillant et vivant dans des habitations précaires à Hassi Messaoud, une des villes les plus sécurisées d’Algérie, ont de nouveau été agressées, blessées et dépouillées de leurs biens par des bandes d’hommes encagoulés faisant régner la terreur, chaque soir durant plusieurs semaines », peut-on lire également à ce propos.

(Retrouvez le texte intégral de cet article sur le site d’El Watan en cliquant ici)

 



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