Proclamation du Gouvernement Provisoire Kabyle, une initiative contestée

 

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Le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie procédera, aujourd’hui 1er juin 2010, à l’installation solennelle de « Gouvernement Provisoire Kabyle » « lors d’une cérémonie publique solennelle le 1er juin 2010 à Paris » et pour laquelle « M. Ferhat Mehenni a été pressenti, à l’unanimité, par le Conseil National réuni à Tizi n Tsemlal le 22 mai 2010 », lit-on dans un communiqué publié lundi 31 mai 2010 sur le site du MAK.

Le mouvement autonomiste précise aussi que: « après avoir nommé un intérimaire à la tête du MAK en la personne de Mohand Larvi Teyev, et après mûre réflexion M. Ferhat Mehenni a accepté d’assumer la charge présidentielle du GPK, dans la responsabilité, le dévouement et la transparence. Ce sera donc lui qui procèdera à la nomination des membres du premier Gouvernement de l’histoire de la Kabylie moderne.» (Lire l’intégralité du communiqué de MAK ici)

A l’occasion de cette proclamation solennelle du GPK, le Quotidien El Watan a publié, dans son édition de lundi 31 mai 2010 une tribune signée par trois militants du MAK et dans laquelle cette initiative (installation du GPK) est fustigée et décriée pour affirmant que l’autonomie de la Kabylie préside d’un choix de l’éthique et du débat le débat.

Ainsi, les trois signataires autonomistes (Ahmed Ait Bachir, Aziz Tari et Malika Baraka) notent: « Même si nous, militants autonomistes, comprenons que la situation d’impasse de la Kabylie peut conduire à des initiatives extrêmes, il est de notre devoir et de notre responsabilité de rappeler des principes d’éthique politique qui doivent s’imposer à tous les acteurs, et singulièrement les autonomistes, pour ne pas discréditer notre combat. Tout militant, toute association ou organisation politique kabyle a le droit de parler de la Kabylie, de penser Kabylie, de s’engager ou de proposer des projets politiques. Mais cela n’autorise aucun individu, aussi courageux et éminent soit-il, ni groupe, aussi engagé et sincère soit-il, à s’autoproclamer représentant de la Kabylie, de parler en son nom et d’engager son avenir, s’ils n’ont pas été légitimement mandatés.»

« A ce titre, les arguments mis en avant pour justifier la proclamation intempestive de ce « gouvernement provisoire kabyle » sont irrecevables. Un gouvernement provisoire devrait tirer sa légitimité d’une situation de gravité exceptionnelle (guerre, répression massive ou climat insurrectionnel) d’une ampleur telle que l’émergence d’un groupe représentatif, issu d’un véritable mouvement populaire en sa faveur, devient nécessaire pour la négociation et la résolution du conflit. Si la situation de la Kabylie est tragique sur les plans économique, social et sécuritaire, elle est toutefois loin d’une situation d’urgence qui pourrait justifier la mise en place d’un pouvoir de fait accompli. Sur le plan politique, et la commémoration du trentième anniversaire du printemps berbère l’a mis en évidence, la Kabylie, dépolitisée, démobilisée, est réduite à l’impuissance. Engluée dans les difficultés quotidiennes, plongée dans l’insécurité, polluée par un environnement délabré, fatiguée par l’échec des luttes politiques, elle tourne le dos aux partis traditionnels, sans adhérer encore aux nouvelles propositions politiques », précisent encore les trois signataires tout en soulignant que « pour toutes ces raisons, ce « gouvernement kabyle provisoire » n’a aucune légitimité et ne peut être fondé à parler au nom des kabyles et à représenter la Kabylie. Défendre son peuple et vouloir le représenter, c’est d’abord le respecter et être à l’écoute de ses aspirations. C’est la Kabylie, au cas où elle choisirait démocratiquement la voie de l’autonomie, qui se donnera ses instances de représentation, et dont la forme dépendra de la réalité du moment. Car l’autonomie de la Kabylie ne saurait se faire sans – ou contre – la volonté du peuple kabyle.»

Pour les trois militants autonomistes, «ce n’est pas en forçant artificiellement le cours de l’histoire et en se substituant à la volonté populaire que nous ferons l’économie du chemin, long et difficile, qui mènera vers l’autonomie. Il faudra du temps pour que le processus historique s’accomplisse. Loin de résoudre les problèmes, l’incompréhensible initiative prise par le MAK piège les autonomistes et ouvre la voie à un aventurisme aux lendemains incertains. Dans un climat délétère marqué par un quadrillage militaro-politique sans précédent, une décision aussi grave qu’irresponsable ne peut faire que le jeu des luttes claniques qui agitent le sérail et nous impliquer dans des enjeux qui ne nous concernent pas. Faute d’une réelle adhésion populaire encadrée par une organisation puissante, la Kabylie risque d’être une nouvelle fois le théâtre de dérapages violents, avec leur lot de sacrifices inutiles.» (Lire la l’intégralité de la tribune ici).

Cette prise de position franche et publique serait-elle de nature à contrarier la proclamation du GPK, à en réduire la portée ou à remettre en cause la légitimité de M. Ferhat Mehenni à la tête du MAK? C’est ce que les jours qui viennent ne manqueront pas de nous dire.



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