Projet de mosquée à Aghribs: Lumière sur une scabreuse affaire

Le Quotidien El Watan, dans son édition de ce jeudi 12 août 2010 a réussi à mettre un peu de lumière sur le conflit opposant le comité de village d’Aghribs (au nord-est de la wilaya de Tizi Ouzou) à une association religieuse locale au sujet d’un projet de construction d’une nouvelle mosquée et qui a semé la discorde entre les deux parties.

Rappelant qu’ »une dizaine de blessés ont été dénombrés dans les deux camps », El Watan souligne que des « jeunes du village ont usé d’un engin de travaux publics appartenant à l’APC pour démolir les premiers travaux réalisés par les membres de l’association, munis d’un permis de construire et d’une affectation de terrain signée par l’administration de wilaya. »

« Pour arriver à cette extrémité et ébranler la quiétude d’un village qui dispose d’une mosquée séculaire à l’instar de tous les villages de la Kabylie, il a fallu la conjonction de plusieurs facteurs, où domine le rôle ambigu d’une administration bienveillante », révèle El Watan annonçant que « le village, qui a fêté la semaine dernière la réhabilitation et la rénovation de l’ancienne mosquée, Sidi Djaâfar, subit depuis un an et demi les incidences de ce projet de construction d’une nouvelle mosquée, implantée à une cinquantaine de mètres de l’ancien lieu de culte traditionnel » et qualifie cette affaire d’une « extrême gravité puisque, pour la première fois dans les annales de la vie religieuse en Kabylie, un différend éclate autour d’une construction, dont le nom, « ldjamaâ », signifie l’entente et le rassemblement. »

La main invisible de la bureaucratie

Selon El Watan, « le comité du village, même s’il a toujours existé et fonctionné selon la tradition, a été créé officiellement en décembre 2009, soit neuf mois après l’agrément de l’association religieuse du même village, en mars 2009. Cette « vacance » de la représentation du village a été une aubaine pour entamer les démarches et introduire un dossier de permis de construction et même obtenir sa signature par le P/APC. »

Interrogé par le reporter d’El Watan, le Président de l’Assemblée populaire communale dit qu’ il y a eu « flottement à cette période. Je n’ai pas pu joindre le comité du village pour avoir leur avis. » « L’administration de daïra s’est inquiétée sur les suites réservées à ce dossier, et j’ai été amené à signer le permis de construire », ajoute ce maire précisant que le terrain appartenait à la commune, avant de faire l’objet d’un arrêté du wali en novembre 2008, le transférant à la direction des affaires religieuses qui, elle-même, le mettra à la disposition de l’association religieuse.

« Le maire, selon le journaliste d’El Watan, n’a pas eu les ressorts nécessaires pour empêcher l’enchaînement d’une procédure administrative tout à fait légale, mais qui a abouti à provoquer des échauffourées à répétition dans un village qui s’est toujours illustré auparavant à travers ses élites intellectuelles et universitaires ».

Ainsi, « au lancement des travaux de la nouvelle mosquée, en avril 2009, tout près de la mosquée de Sidi Djaâfar, le village est sorti de sa permissivité. Une première pétition est adressée aux autorités. Le P/APC prend conscience des risques qui planent sur la tranquillité du village. Aux premiers incidents éclatés autour du chantier, le maire signe un arrêté annulant le permis de construire ». »L’association l’assigne devant les tribunaux et obtient gain de cause. Le dossier est actuellement au niveau de la Cour suprême », lit-on par ailleurs.

Atteinte à l’ordre public

Pour le maire, l’annulation du permis de construire est motivée par « l’atteinte à l’ordre public et à la quiétude du village. Des textes réglementaires existent aussi, stipulant qu’une mosquée ne peut pas concurrencer ou gêner une autre ». Il souligne avoir « adressé plusieurs mises en demeure pour l’arrêt des travaux, ce qui n’a pas été observé. »

El Watan souligne que « devant la situation qui s’est dangereusement envenimée ces dernières semaines, le chef de daïra d’Azeffoun a également appelé les membres de l’association à arrêter les travaux. Le chantier de la nouvelle mosquée (en R+2, avec dortoir) ne s’arrêtera pas, amenant les jeunes du village à réagir encore cette semaine. »

Un membre du comité du village interrogé par El Watan, dira que n’ayant pas été consultés sur ce projet, les villageois « rejettent tous les documents qui peuvent être produits au sujet de ce terrain qui appartient au village, et que nous allons récupérer. Nous considérons nul et non avenu tout projet de construction d’une mosquée près de notre ancienne mosquée. Toutes les décisions et tous les projets engageant le village doivent être discutés et décidés en son sein, et avec les moyens du village. Cela dans le seul but de garantir le bien-être des villageois, le respect et la convivialité.»

Lire l’article d’El Watan intégralement ici



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