Boulifa, cet amusnaw inconnu

Boulifa, cet amusnaw inconnu

Un colloque sur la vie et l’œuvre de Si Amar Saïd Boulifa a été organisé, dimanche dernier, à la maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou sous l’impulsion de l’association Issegh de la commune de Souama.

C’est le second colloque consacré à cet illustre penseur et sociologue de la société Kabyle et que Wikipédia présente comme « un homme de lettre Kabyle, considéré comme le « précurseur berbérisant » , vraisemblablement né en 1861 au village d’Adeni dans l’actuelle commune d’Irjen, daïra de Larbaa Nath Irathen (Tizi Ouzou)». (Lire l’article intégral de Wikipédia sur Boulifa ici)

La première conférence, ayant pour thème « Boulifa et l’écriture de l’histoire » et animée par Abdennour Abdesselam et Boulifa Younès, a été l’occasion de souligner que le penseur n’avait pas de descendance directe, son œuvre reste indisponibilité et le lieu de son enterrement est inconnu à ce jour, tel que rapporté par le Quotidien Liberté qui en a fait écho dans son édition de ce mardi 05 octobre 2010.

Boulifa « fut, selon les historiens, l’un des premiers Algériens à élaborer des méthodes d’enseignement de la langue amazighe. En sociologie, il lança plusieurs travaux de recherche, notamment sur la situation sociale de la Kabylie du XIXe siècle. Il expliqua la hiérarchie sociale dans l’organisation de cette partie berbère de l’Afrique du Nord, suivant l’étude des valeurs civiques et d’honneur qu’enseignent les coutumes», lit-on également. « Il redonna également, à sa manière, à la femme kabyle sa place en détruisant un concept révolu de sa condition féminine, le fait qu’elle soit exclue de l’héritage familial. Parmi ses chefs-d’œuvre connus, la restitution des poèmes de Si Mohand U Mhend, dont il a tenu à vérifier l’authenticité. L’on retiendra, en histoire et en archéologue, le Djurdjura à travers l’histoire, édité à Alger en 1925. Un écrit d’investigation utilisé comme base de référence pour plusieurs études menées par d’autres chercheurs sur la question. Boulifa fera la découverte, en 1909, d’un patrimoine archéologique inestimable, les inscriptions libyques d’Ifigha, dans la région d’Azazga. Guidé par sa patience, il a découvert une deuxième stèle à Souama, sa région natale, avant de s’intéresser aux patrimoines archéologiques d’autres localités, classées comme réserve archéologique, telle que celle de Djemaâ Saharidj, Dellys, Azzefoun et Tigzirt », souligne également Liberté.

Une mémoire sans sépulture

Présentant la biographie et le parcours de cet intellectuel, Liberté précise que « Si Amar Saïd Boulifa est né en 1861, de Saïd Lhadi et Ali Fatma, au village Adni d’Irdjen dans la région de Larbâa Nath Irathen. Il fréquenta la première école française ouverte dans la région. Les divers diplômes qu’il obtient lui ont valu d’être promu instituteur. Il accomplira une carrière dans ce domaine avec d’autres postes de graduation qu’il assuma, comme instituteur adjoint en 1896. En 1890, il était répétiteur de berbère à l’école normale, puis à la faculté d’Alger. Il mourut à Alger, d’après le registre de l’hôpital Mustapha, le 8 juin 1931 d’un néoplasme. En plus des œuvres, archives, notes de voyages et autres études faites par ce chercheur, qui sont introuvables, sa tombe reste également introuvable ! « Il n’y a aucune trace dans les registres des deux cimetières, musulman et chrétien, de Bab El Oued, pour l’année 1931, du lieu exact de son enterrement« .» (Lire l’article intégral sur le site de Liberté ici)

Œuvre de Boulifa (Sources: Wikipédia)

Linguistique berbère :

Textes berbères en dialectes de l’Atlas marocain, Paris 1908, 388 pp.

Une première année de langue kabyle (dialecte zouaoua). A l’usage des candidats à la prime et au brevet de kabyle, Alger 1897 (2. éd. 1910), 228 pp.
Méthode de langue kabyle (cours de deuxième année), Alger 1913, 544 pp.

Littérature berbère :

Recueil de poésies kabyles. Texte zouaoua traduit, annoté et précédé d’une étude sur la femme kabyle et d’une notice sur le chant kabyle (airs de musique), Alger 1904, 555 pp. (rééd. Awal, Paris, 1990)

Manuscrits berbères du Maroc, in Journal Asiatique 10/6 (1905), pp. 333-362

Archéologie :

L’Inscription d’Ifiγa, in Revue archéologique juillet-décembre 1909 (4e sér., t. XIV), Paris, E. Leroux, pp. 387-415

Nouveaux documents archéologiques découverts dans le Haut-Sébaou in Revue africaine n° 55, 1911.

Nouvelle mission archéologique en Kabylie in Bulletin archéologique du comité des travaux historiques et scientifiques, Paris, 1912.

Histoire :

Mémoire sur l’enseignement des indigènes de l’Algérie, in Bulletin de l’enseignement des indigènes, Alger, Jourdan, 1897.

Le kanoun de la zaouia de Sidi Mansour des Ait Djennad, Mélange René Basset, Tome I, Paris, Leroux, 1923 [repris dans le Djurdjura à travers l’histoire].

Le kanoun d’Adni, texte et traduction avec une notice historique, in Recueil de Mémoires et de textes, XIVe Congrès International des Orientalistes, Alger 1905, pp. 15-27.

Le Djurdjura à travers l’histoire depuis l’Antiquité jusqu’en 1830 : organisation et indépendance des Zouaoua (Grande Kabylie), Alger 1925, 409 pp. (rééd. Alger s.d., .



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