Abane Ramdane: la thèse de son assassinat au Maroc contestée

Au moment où l’Algérie célébrait le 56ème anniversaire du déclenchement de la révolution armée pour l’indépendance nationale, ce 1er novembre 2010, et coïncidant avec l’inauguration en Kabylie d’un musée dédié à Abane Ramdane, figure emblématique de la révolution algérienne pour l’indépendance nationale, une voix « autorisée » vient jeter, à l’est du pays, un immense pavé dans la mare en affirmant que l’artisan du Congrès de la Sommam a été assassiné, non à Tétouan au Maroc mais à Tunis, par ses frères d’armes. Plus encore, il est même affirmé que cette liquidation est motivée, entre autres, par le fait que Abane soit suspecté d’entretenir des rapports d’intelligence avec l’ennemi. Lisons ce qu’en dit la presse quotidienne à ce sujet.

Ainsi, s’agissant de l’inauguration du musée consacré à la vie et à l’œuvre de Abane Ramdane, le Quotidien Liberté note dans son édition de ce mardi 02 novembre 2010 ceci: « Ils étaient des milliers de personnes à emprunter, hier, sous une pluie battante, le chemin escarpé de l’ex-Fort national pour assister à l’inauguration du musée Abane-Ramdane, ce temple de la mémoire érigé en hommage au digne fils d’Azouza, cet homme qui, après avoir trouvé, de sa cellule de prison, le moyen de fournir la ronéo qui a servi à la rédaction de la proclamation du 1er Novembre 1954, a organisé, en véritable architecte et héroïque chef révolutionnaire, le congrès de la Soummam, ce virage historique qui a conduit le pays droit vers l’Indépendance. »

« Ils étaient tous là, officiels, anciens maquisards dont Si L’hafidh Yaha, élus et militants de différentes tendances politiques et simples citoyens, vieux et jeunes, à converger vers Tighilt Ouffela, cette colline qui, du cœur du village d’Azouza, surplombe une bonne partie de la Kabylie, pour prendre part à la grandiose cérémonie organisée par l’APC de Larbâa Nath Irathen en collaboration avec le comité du village d’Azouza. Il était 9h, et la place du village, sur la RN 15, grouillait déjà de monde. Individuellement ou par petits groupes, des invités venaient agrandir les rangs de cette marée humaine qui s’ébranlera en procession vers Tighilt Ouffela, à l’arrivée du wali qui devait inaugurer, quelques minutes plus tard, ce musée issu de la restauration et la conversion de la maison natale d’Abane Ramdane », note le reporter de Liberté.

Celui-ci rapporte ce détail: « À l’intérieur du musée, il devenait de plus en plus difficile de se frayer un chemin pour visiter les six salles qui composent ce monument où la vie de l’unificateur des forces patriotiques nationales, cet homme dont le rôle dans le ralliement de l’Udma, des centralistes et des Ulémas à la cause du FLN révolutionnaire est incontestable, est retracée dans ses moindre détails à l’exception de l’épisode noir de la Révolution algérienne que fut son assassinat le 27 décembre 1957 au Maroc. “Il a été assassiné dans des conditions non encore éclaircies”, est-il encore une fois écrit sur une fiche exposée au musée. » (Lire l’article dans son intégralité sur le site de Liberté ici).

Quant au lieu et circonstance de l’assassinat de Abane Ramdane, le Quotidien Le Soir d’Algérie rapporte dans son édition de ce mardi 02 novembre, que « dans un débat organisé à la Maison de la culture de Mila avec les représentants de la presse, l’écrivain algérien Azzeddine Bounemeur, moudjahid dès l’âge de 14 ans, spécialiste du roman historique et auteur de six romans (tous édités en France) : Les bandits de l’Atlas, Les héros de la nuit, L’Atlas en feu, La pacification, Cette guerre qui ne dit pas son nom et La fin de la guerre d’Algérie, jette un pavé dans la mare en apportant son propre témoignage sur l’assassinat de Abane Ramdane. »

Ainsi, selon cet auteur et « contrairement donc aux affirmations d’Yves Courrière et tout ce qui est admis dans l’opinion publique sur la mort de ce héros de la Révolution, l’auteur de ce témoignage, qui a rejoint la Tunisie le 8 janvier 1958, révèle que le martyr a été étranglé à l’aide d’une corde, dans une villa à Belvédère, dans la périphérie du centre de Tunis ; une villa qui servait de «pied à terre» au groupe Abdelhafid Boussouf, Krim Belkacem, Lakhdar Bentobal, Mohammedi Saïd et autre. Suspecté par ses pairs (toujours selon le témoignage de ce moudjahid) de faire cavalier seul et d’entretenir des relations discrètes avec un homme politique français, du nom de Pierre Pfilmlin, président du conseil, devenu chef de gouvernement sous la 4e République, juste durant 15 jours, du 13 mai 1958 au 28 mai 1958 ; des relations que Boussouf et compagnie considéraient comme étant préjudiciables à la bonne marche de la Révolution, d’où la décision de son exécution. Le corps a été transporté, en costume et lunettes noires, le lendemain par avion, vers le Maroc via Rome, non sans tracas, puisqu’un Pafiste tunisien a découvert le manège, mais il a été menacé par Boussouf de faire intervenir le ministre tunisien de l’Intérieur de l’époque, témoigne Azzeddine Bounemeur, qui soutient que ce n’est que 3 mois plus tard qu’on a annoncé officiellement le «décès» de ce grand homme de la Révolution. Tout ce scénario, du transfert de la dépouille mortelle, de la Tunisie vers le Maroc, a été entrepris pour éviter un éventuel incident politique avec le président tunisien Habib Bourguiba, qui n’aurait pas apprécié qu’un tel acte soit commis sur son territoire. Azzeddine Bounemeur vit paisiblement sur ses terres, du côté de Beni Haroun, dans la wilaya de Mila. » (Lire l’article dans son intégralité sur le site du Le Soir d’Algérie ici)



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