Kidnappings en Kabylie : mobilisation citoyenne et absence de l’Etat

« La grève générale à laquelle avait appelé la coordination des villages de Béni Douala pour exiger la libération de Mourad Bilek et dénoncer le phénomène des kidnappings dans la wilaya a été un franc succès », a écrit le site d’informations générales Tout sur l’Algérie, dans son édition d’hier dimanche 22 mai 2011 et constatant que « toute la ville de Tizi Ouzou est restée paralysée ce dimanche 22 mai. Même les quelques commerçants ayant levé leur rideau dans la matinée ont fini par adhérer au mot d’ordre de grève ». (Lire l’article dans son intégralité sur le site de TSA ici).

Pour sa part, le Quotidien El Watan, en sus d’un article factuel consacré à cette actualité sécuritaire (à lire ici), est revenu dans son éditorial ce lundi 23 mai 2011 sur le phénomène du kidnapping qui a plongé dans la terreur la région de Kabylie.

Sous le titre « L’attentat permanent », le commentateur d’El Watan souligne d’emblée : « Les grèves générales dans la ville de Tizi Ouzou étaient traditionnellement inscrites dans le sillage de la lutte identitaire, pour l’officialisation de la langue tamazight qui demeure par ailleurs en suspens.» Mais, il note néanmoins que « lors de l’action organisée, hier, au chef-lieu de wilaya, où le mot d’ordre de grève a été massivement suivi, c’est une question vitale qui a été soulevée par la population : la chape des kidnappings qui s’est abattue sur la région depuis plusieurs années. Aujourd’hui, le sujet premier de préoccupation en Kabylie est cet ignoble fléau de la séquestration, du chantage et du rançonnement. Deux citoyens sont, depuis une dizaine de jours, entre les mains des gangs du kidnapping. Plus d’une soixantaine de personnes ont été enlevées ces quatre dernières années dans la région et sans doute de nombreux autres cas de rapt sont passés sous silence et dans l’impunité. Des milliards sont engrangés par cette nébuleuse qui écume les maquis, utilisant les moyens du grand banditisme et se revendiquant souvent de l’islamisme armé.»

Le journaliste d’El Watan souligne avec raison: « L’obédience de ces groupes criminels ne change rien à l’intolérable menace qui pèse continuellement sur la population. La responsabilité des pouvoirs publics est pleinement engagée dans cette grave déliquescence sécuritaire qui frappe particulièrement la Kabylie.», avant de noter plus loin que « les représentants de l’Etat se répandent volontiers en déclarations s’agissant de l’amélioration globale de la situation sécuritaire sur le territoire national, mais restent étonnamment muets face au désarroi exprimé régulièrement par les citoyens au centre du pays. e kidnapping, c’est l’attentat permanent. Elles sont rares les périodes de l’année où il n’y a aucun otage dans les maquis de la région. Un phénomène qui survit aux opérations antiterroristes et nargue le maillage militaire renforcé ces dernières années.»

L’éditorialiste rappelle que « des familles bouleversées, des traumatismes irréversibles pour les victimes et parfois la mort en cas de résistance à l’acte d’enlèvement, comme cela a eu lieu l’année dernière à Aghribs. Au drame humain s’ajoutent les retombées sur la vie économique locale. De nombreux entrepreneurs, cibles prioritaires des kidnappeurs, ont mis en veilleuse leurs activités ou ont délocalisé leurs entreprises.», et anticipe sur l’impact de la mobilisation citoyen sur la démarche des autorités : « Terreur et marasme économique, c’est l’engrenage infernal duquel la Kabylie n’arrive pas à se délivrer. La grève générale d’hier est un ultime appel de détresse en direction des autorités. Celles-ci seraient tentées, comme de coutume, de ne pas réagir à cette large mobilisation de la population. Ce serait le second affront que subiraient les citoyens, après les exactions terroristes.» (Lire cet éditorial sur le site d’El Watan ici.)



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