Kidnappings en Kabylie : Livrée à elle-même, la population tente de résister

Les kidnappings en Kabylie sème la terreur au sein des populations sans défense. Celles-ci s’organisent comme elles peuvent, s’indignant et dénonçant autant les groupuscules criminels que l’incapacité des autorités à endiguer ce phénomène. Ce fut le cas à Beni Douala qui où les citoyens se sont manifestés pour réclamer la libération d’un jeune citoyen kidnappé il y a près d’une semaine.

Ainsi, selon El Watan du samedi 14 mai 2011, « plusieurs centaines de citoyens ont répondu, hier, à l’appel de détresse lancé par la famille Bilek, suite à l’enlèvement de leur fils Mourad, âgé de 18 ans, en captivité depuis mercredi.»

« Les citoyens et les représentants des comités des villages de la localité de Beni Douala (17 km au sud de Tizi Ouzou) se sont rassemblés, en début d’après-midi au chef-lieu de la commune d’Ath Aïssi afin de discuter des actions à entreprendre pour exiger la libération inconditionnelle du jeune Mourad. Frère d’un entrepreneur, Mourad a été surpris mercredi matin par un groupe armé, déguisé en militaires, sur son chemin vers la ville de Tizi Ouzou, le CW100 reliant la commune d’Ath Aïssi et le chef-lieu de la daïra de Beni Douala au lieudit Thala Bounane. Les assaillants, ajoutent nos sources, ont surgi et sommé le conducteur de s’arrêter sous la menace de leurs armes et l’ont conduit vers une destination inconnue. Les criminels, dont on ignore le nombre, agissaient à visage découvert, précise-t-on. Sous le choc depuis la séquestration de leur fils, sa famille et ses proches espèrent un dénouement rapide de cette épreuve.», précise également même le Quotidien. (Lire l’intégralité de l’article sur le site d’El Watan ici

Pour sa part, le site LeMatinDz annonce que « suite au rapt du jeune entrepreneur Mourad B., son village Aguemoune, a rendu public publié un appel à la mobilisation pour exiger sa libération. Par ailleurs, tous les villageois de la Kabylie ont été conviés à une réunion prévue pour hier après-midi au chef-lieu de la commune des Ath Aïssi. Objectif ? Exiger sans tarder la libération de Mourad mais également trouver des solutions pour mettre fin au cycle infernal de l’insécurité. La déclaration a été placardée dans plusieurs villages de la région. Ainsi donc, la millénaire mobilisation villageoise vient pallier la démission de l’Etat dans son rôle de protection des personnes.»

LeMatinDz rappelle que « Mourad B., 18 ans, a été kidnappé mercredi tôt le matin, sur la route de Thala Bounane, par de six hommes armés. Depuis, la famille n’a plus eu de nouvelles. Les villageois d’Ath Douala ont par ailleurs donné un ultimatum pour les ravisseurs jusqu’à aujourd’hui. Les habitants de Tizi Ouzou croyaient que le cauchemar des kidnappings derrière eux après l’arrestation du gang de Fréha. Mais voilà que ça recommence encore une fois au grand désespoir des hommes et des femmes de cette contrée.»  (Lire l’intégralité de l’article sur le site du LeMatindz ici)



Des segments de la pensée amazighe ont été perdus, selon Younes ADLI

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Le quotidien El Watan vient de publier, de lundi 9 mai 2011, un entretien intéressant avec l’écrivain Younes ADLI sur la pensée Kabyle à l’occasion de la sortie de son livre « Les efforts de préservation de la pensée kabyle aux XVIIe et XIXe siècles » aux éditions L’odyssée. (Lire la présentation du livre sur le site d’El Watan ici)

Je reproduis, ci-après, deux extraits de cette interview que vous pouvez lire en intégralité sur le site d’El Watan ici.

Younes Adli, votre dernier livre tente de retracer les efforts de préservation de la pensée kabyle aux XVIIe et XIXe siècles. C’est un thème plutôt inédit, non ? 

Absolument. La pensée amazighe qui était, en Méditerranée, au même niveau d’évolution que les Gréco-latins et les Egyptiens, a subi tellement d’agressions fractionnelles qu’aujourd’hui la pensée kabyle se présente comme l’une de ses survivances. Je prendrai pour exemple, dans la pensée philosophique amazighe, le principe de laânaya qui était observé déjà du temps de Massinissa (celui-ci l’avait accordée à son parent Mézétule qui avait usurpé le pouvoir de l’aguellid pendant que lui conduisait la guerre en Espagne pour le compte de Carthage) et que l’on retrouve vivace encore dans la Kabylie du XIXe et même de la première moitié du XXe siècle. Malheureusement, d’autres segments de cette pensée amazighe ont été perdus au cours de son histoire douloureuse. (…)

Vous pensez que Cheikh Aheddad, à titre d’exemple, est l’un de ses personnages qui illustre justement cette pensée kabyle sur laquelle vous avez travaillé ?

Cheikh Aheddad a été l’homme d’une double formation : celle de Âlem et de Cheikh. Si de nos jours on l’appelle encore Cheikh Aheddad et non Âlem Aheddad, c’est parce que sa formation dans les zaouias de Cheikh Belmouhoub et de Cheikh El-Mahdi Asseklaoui a été complétée par celle du village (taddart) qui a perpétué une civilisation, et donc une science, «réfugiée» dans la ruralité (infuse ou ignorée pour d’autres). On peut prendre pour exemple toute la pensée juridique qui a sous-tendu le droit coutumier kabyle que Cheikh Aheddad n’a jamais remis en cause (alors que d’autres l’avaient fait, notamment l’un de ses maîtres, El-Mahdi Asseklaoui, par rapport à la question de l’héritage de la femme). On peut également parler de cette pensée politique, à travers l’organisation traditionnelle du village que Cheikh Aheddad a contribué à promouvoir. Par exemple, dans ses sept recommandations rédigées avant sa mort en prison, notamment dans la septième, il a été jusqu’à conseiller à tous les khouan ainsi qu’à ses propres fils de préserver la tariqa rahmaniya. Et comme on sait, la Rahmaniya doit avant tout sa puissance et son rayonnement à la djemaâ (tajmaât) et donc au village. Cheikh Aheddad était parfaitement conscient de cela. (…)



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