Jusqu’à quand ces expéditions punitives contre les femmes? (*)

Après Ouargla, Hassi Messaoud, Remchi, Bordj, M’sila………

Est-ce que les faits reprochés à ces femmes sont prouvés ? Y a  t-il eu enquête de la justice ? Non, et quand bien même seraient-ils prouvés, aurait-on le droit d’attenter à leur vie ? Mais des femmes seules sont «potentiellement des prostituées» et une impunité totale est assurée aux responsables d’agressions. Il est tellement plus facile d’agresser des femmes que de se battre pour des droits, pour la justice sociale et une vie digne pour tous, femmes et hommes.

Ces «justiciers» qui se mettent à plusieurs dizaines ou centaines pour se donner du courage et se rassurer du bien fondé de leur crime, qui brûlent les maisons des femmes, les agressent au nom de la morale, sont les mêmes à utiliser les femmes comme des objets sexuels pour assouvir leurs frustrations, dans leur volonté de puissance et de domination. Le but ultime est de terroriser toutes les femmes, seules ou en famille, prostituées ou non, mais la prostitution est un alibi si acceptable moralement!!!

D’ailleurs, l’hypocrisie sociale accepte très bien que des êtres humains soient exploités, mais ne veut pas les voir, ces femmes, ces enfants, ces jeunes gens avilis, drogués, certains même  kidnappés et vendus à des réseaux ; très bien !!! mais pas à coté de chez moi !!!!

Aussi les pouvoirs publics et la société ne peuvent continuer à seulement détourner pudiquement le regard face à ces agressions. Des actions doivent être engagées car les femmes, toutes les femmes, restent le maillon faible qui sert d’exutoire à la mal vie et aux injustices et la prostitution n’est qu’un alibi.

En effet, la prostitution est d’abord un système qui bénéficie aux hommes, ce sont eux les «consommateurs», et elle alimente en milliards des réseaux de mafieux bien protégés, réseaux auxquels participent parfois quelques femmes. La prostitution par contre détruit ses vraies victimes, des femmes, des enfants, et des jeunes hommes. Ce système prospère grâce à la précarisation sociale de plus en plus large, parce que des catégories sociales trainent de lourdes détresses familiales ou des violences jamais dénoncées et surtout impunies.

La prostitution ne dérange pas quand elle est bien cachée, ce n’est pas l’existence même de cet esclavage qui est remise en question. Combien de «bien pensants» utilisent le prétexte salvateur de la «protection sanitaire» de la population, de la «protection morale» pour accepter que des millions de personnes soient détruites dans des «maisons» bien «closes», dans des ghettos? Faut-il rappeler les articles 342, 343 et 344 du Code pénal, les conventions internationales que l’Algérie a signées, dont celle relative au trafic des êtres humains, ou bien faut-il se résigner à ce que s’installe la loi de justiciers autoproclamés face à des institutions défaillantes?

Observatoire des Violences contre les Femmes, Juillet 2011

(*): cette déclaration-appel a été publié le 20 juillet 2011 sur le site www.lematindz.net 



Juan Goytisolo au Nouvelo Observateur: « Le printemps arabe est l’événement le plus important depuis Ibn Khaldoun »

Juan Goytisolo au Nouvelo Observateur:

(Photo sources: http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/a3/Juan-goytisolo.jpg/220px-Juan-goytisolo.jpg)

L’écrivain espagnole Juan Goytisolo a accordé un entretien au Nouvel Observateur, publié sur le site de celui-ci le 21 juillet 2011, dans lequel l’ intellectuel aborde le monde arabe effervescent et les aspirations populaires vers la démocratie.

Extrait:

Le Nouvel Observateur - Au Maroc, le roi Mohammed VI a proposé le 17 juin dernier des réformes constitutionnelles. Qu’en pensez-vous et est-ce pour vous une avancée démocratique qui s’inscrit dans le printemps arabe?

Juan Goytisolo - J’ai lu le texte de la Constitution soumis au référendum du 1er juillet. A première vue, il ne répond pas aux attentes suscitées par le discours du roi du 9 mars. Il est un pas en avant par rapport au texte constitutionnel de 1996, octroyé par Hassan II . Mais les démocrates qui aspirent à une monarchie constitutionnelle ont été bien déçus. Comme l’a écrit l’éditorialiste de «Tel Quel», de nombreux articles du texte comportent des avancées mais tout de suite bridées par une sorte de frein invisible.

Il faut reconnaître certaines progrès en ce qui concerne les rapports hommes-femmes ou la culture amazigh (berbère) reconnue comme un composant de l’identité marocaine. Le printemps arabe est l’événement le plus important arrivé dans les pays arabes depuis Ibn Khaldoun [1332-1406] et sa réflexion mélancolique sur leur décadence. Mais cette soif de renouveau se manifeste différemment dans chaque pays. Le monde arabe est un patchwork, composé de tissus de couleurs diverses. On le voit bien dans la tournure qu’ont pris les événements en Tunisie et en Egypte d’un côté, et en Libye, Syrie, Yémen et Bahreïn de l’autre.

L’Algérie et le Maroc sont deux cas à part. Dans la première, le souvenir des massacres des années 1990 est trop vivant pour que les gens se lancent dans une confrontation ouverte avec un système qu’ils jugent pourtant oppresseur et illégitime. Au Maroc, la situation est beaucoup plus complexe. Presque personne ne discute la légitimité de la monarchie, mais beaucoup de Marocains souhaitent qu’elle s’adapte aux réalités du monde globalisé d’aujourd’hui. Les exigences universelles de liberté, démocratie et dignité des jeunes sont les mêmes que dans les autres pays arabes. L’approbation du texte constitutionnel par un oui massif ne changera point cet état d’esprit que partage une grande partie de la jeunesse marocaine. (Lire le texte intégral de cette interview sur le site du Nouvel Observateur, ici.)



Le Maroc, pays où Tamazight est désormais langue officielle

Le quotidien El Watan est revenu, dans son édition de ce dimanche 17 juillet 2011, sur la consécration par le peuple marocain du Tamazight en tant que langue officielle, suite au référendum du 02 juillet dernier.

Extraits :

TAMAZIGHT EST LANGUE OFFICIELLE AU MAROC / Fin de l’apartheid linguistique

« Khmisset est une ville en liesse en ce 2 juillet 2001. Située à mi-chemin entre Rabat et Meknès, elle vibre au rythme des chants berbères. C’est une province berbère, tout comme la plupart des régions du Maroc. Il est rare d’entendre des échanges dans une autre langue que tamazight. «Ici, même les arbres parlent tamazight», murmure le chauffeur de taxi qui nous emmène vers cette terre ancestrale. Les mélodies d’Idir et de la chanteuse berbère marocaine Fatoum résonnent dans les cafés. Des drapeaux jaune, vert et bleu frappés d’un Z flottent sur les balcons. Les habitants de Khmisset célèbrent une victoire après des décennies de lutte. Une grande conquête.

La même ambiance règne, ce jour-là,un peu partout dans le royaume. Dans le Nord, à Nador, à El Hoceima, dans le Rif comme dans le Moyen Atlas, c’est la fête. La langue amazighe est désormais érigée au statut de langue officielle à la faveur de la nouvelle Constitution marocaine adoptée la veille. Après sa reconnaissance en tant que langue nationale en 2003, cette langue, dont les racines structurent l’histoire, la civilisation et la culture de l’Afrique du Nord, est gravée dans le marbre de la Constitution du Maroc. «C’est l’aboutissement d’un long combat mené par des générations de militants amazighs. Cette officialisation met un terme à un déni identitaire», lâche avec fierté Khalid, originaire de Aït Yedine et animateur du Mouvement du 20 février. Il nous invite dans un café pour «arroser» cette victoire. Mais «c’est une célébration dans la lutte», dit-il. Le combat continue. Rejoint par d’autres animateurs du Mouvement, drapés d’étendards berbères, la discussion s’enclenche sur les préparatifs de la marche du dimanche 3 juillet. «Le makhzen pense s’assurer notre silence et notre approbation en accordant à notre langue un statut officiel. C’est un droit naturel. On ne va pas renoncer au combat pour la démocratie et la dignité au Maroc», lance un autre militant d’un ton convaincant.«  (Lire le reportage dans son intégralité sur le site d’El Watan ici)

  • «C’est une grande conquête », selon RACHID RAHA, vice-président du Congrès mondial amazigh (Lire son interview intégrale ici)

  • «Cette officialisation n’est pas un cadeau du palais», selon AHMED DEGHARNI, président du parti démocrate amazigh marocain (non reconnu) (Lire son interview intégrale ici)

  • «Il est temps de mettre fin à l’apartheid linguistique en Afrique du Nord», selon MERYAM DEMNATI, chercheuse à l’Institut royal de la culture amazighe (IRCAM) (Lire son interview intégrale ici)



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