La sénatrice française Bariza Khiari à El Watan : « Une loi supplémentaire (…) fait de l’étranger un justiciable de second rang »

La sénatrice française Bariza Khiari à El Watan : « Une loi supplémentaire (…) fait de l’étranger un justiciable de second rang » 

 

 

 

 

 

 

 

(Photo sources: www.wikipedia.org)

 

 

 

Bariza Khiari, sénatrice française (groupe socialiste – Paris) a accordé un entretien au quotidien El Watan, publié lundi 03 juillet dernier, dans lequel elle a exposé sa réflexion sur des sujets d’actualité tels que l’identité française et le repli identitaire, les valeurs universelles incarnées par la France ainsi que les bouleversements démocratiques que connaissent les pays arabes sans oublier les relations franco-algériennes.

Extraits de l’interview :

E. W. : Qu’est-ce qu’être Français en 2012 ?

B. K. Je crois que c’est à Benjamin Franklin que l’on attribue cette phrase : «Tout homme a deux pays, le sien et la France.» Ce qu’il voulait dire par cette annonce, c’est que la France a une vocation à l’universel et que tout homme doit pouvoir se reconnaître dans ce message. Je veux espérer qu’en 2012, cette phrase retrouvera son sens, et qu’être Français à cette date, ce serait renouer avec les idéaux de la République française et la capacité à proposer des solutions nouvelles au monde. En d’autres termes, assumer l’universalisme, sans volonté de donner des leçons. Ce n’est pas en étant repliés sur nous-mêmes ou en désignant des boucs émissaires que nous parviendrons à mettre un terme à la crise qui secoue notre pays. J’ai signé un appel pour une France multiculturelle, je pense que cela est toujours d’actualité. La France s’enrichit de sa diversité. Un pays ne se construit pas sur ce qu’il n’est plus. Etre Français en 2012, c’est accepter ce métissage tout en conservant ce qui fonde notre identité profonde : notre volonté de vivre ensemble dans le respect de chacun. Pour ma part, je me considère citoyenne française restée en fidélité avec la tradition qui m’a portée. Ces identités multiples constituent la richesse d’un pays.

La bi-nationalité «franco-maghrébine», «franco-musulmane» constitue-t-elle un danger pour la cohésion de la France, comme l’affirment l’extrême droite et une partie de l’UMP ?

Permettez-moi d’abord de préciser qu’il n’y a pas de bi-nationalité franco-musulmane. L’Islam est une religion au même titre que le catholicisme, pas une nationalité. C’est l’extrême droite qui entretient volontairement une confusion entre le musulman et le Français d’origine étrangère ou l’immigré, pour mieux stigmatiser les deux et se servir de l’Islam comme repoussoir. Parler de bi-nationalité franco-musulmane, c’est donc donner raison aux extrémistes ; je m’y refuse. Pour ce qui concerne  la bi-nationalité, je ne crois pas qu’elle représente une quelconque menace. La bi-nationalité est une richesse pour un pays, une preuve d’ouverture et de tolérance. Historiquement, ce sont bien les sociétés les plus ouvertes qui ont prospéré ; celles qui ont estimé que l’échange, qu’il soit économique ou culturel, était un élément important et constitutif d’un rayonnement civilisationnel. Le déclin a toujours été provoqué par une fermeture progressive aux autres. Nous devons garder ce schéma à l’esprit pour ne pas le reproduire. Nous ne devons pas nous refermer sur nous-mêmes, car ce serait la mort de notre civilisation faite de brassages et d’échanges.

(Lire l’interview dans son intégralité sur le site d’El Watan ici)



1 commentaire

  1. caquedrole 11 juillet

    Excellente idée de citer ainsi Bariza Khiari. J’apprécie qu’elle réagisse immédiatement à « bi-nationalité franco-musulmane ».

    Abdenour : j’ai mis votre blog en lien sur mon « bureau ».

    Amitiés.
    Bruno

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