Juan Goytisolo au Nouvelo Observateur: « Le printemps arabe est l’événement le plus important depuis Ibn Khaldoun »

Juan Goytisolo au Nouvelo Observateur:

(Photo sources: http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/a3/Juan-goytisolo.jpg/220px-Juan-goytisolo.jpg)

L’écrivain espagnole Juan Goytisolo a accordé un entretien au Nouvel Observateur, publié sur le site de celui-ci le 21 juillet 2011, dans lequel l’ intellectuel aborde le monde arabe effervescent et les aspirations populaires vers la démocratie.

Extrait:

Le Nouvel Observateur - Au Maroc, le roi Mohammed VI a proposé le 17 juin dernier des réformes constitutionnelles. Qu’en pensez-vous et est-ce pour vous une avancée démocratique qui s’inscrit dans le printemps arabe?

Juan Goytisolo - J’ai lu le texte de la Constitution soumis au référendum du 1er juillet. A première vue, il ne répond pas aux attentes suscitées par le discours du roi du 9 mars. Il est un pas en avant par rapport au texte constitutionnel de 1996, octroyé par Hassan II . Mais les démocrates qui aspirent à une monarchie constitutionnelle ont été bien déçus. Comme l’a écrit l’éditorialiste de «Tel Quel», de nombreux articles du texte comportent des avancées mais tout de suite bridées par une sorte de frein invisible.

Il faut reconnaître certaines progrès en ce qui concerne les rapports hommes-femmes ou la culture amazigh (berbère) reconnue comme un composant de l’identité marocaine. Le printemps arabe est l’événement le plus important arrivé dans les pays arabes depuis Ibn Khaldoun [1332-1406] et sa réflexion mélancolique sur leur décadence. Mais cette soif de renouveau se manifeste différemment dans chaque pays. Le monde arabe est un patchwork, composé de tissus de couleurs diverses. On le voit bien dans la tournure qu’ont pris les événements en Tunisie et en Egypte d’un côté, et en Libye, Syrie, Yémen et Bahreïn de l’autre.

L’Algérie et le Maroc sont deux cas à part. Dans la première, le souvenir des massacres des années 1990 est trop vivant pour que les gens se lancent dans une confrontation ouverte avec un système qu’ils jugent pourtant oppresseur et illégitime. Au Maroc, la situation est beaucoup plus complexe. Presque personne ne discute la légitimité de la monarchie, mais beaucoup de Marocains souhaitent qu’elle s’adapte aux réalités du monde globalisé d’aujourd’hui. Les exigences universelles de liberté, démocratie et dignité des jeunes sont les mêmes que dans les autres pays arabes. L’approbation du texte constitutionnel par un oui massif ne changera point cet état d’esprit que partage une grande partie de la jeunesse marocaine. (Lire le texte intégral de cette interview sur le site du Nouvel Observateur, ici.)



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