Feux de forêt en Kabylie : les citoyens accusent l’armée

Cet été, la Kabylie brûle de mille est un feu de forêts. Il n’est pas un maquis, une oliveraie, un massif boisé qui n’ait été consumé par les flammes. Une géhenne qui a fortement incommodé les citoyens des localités affectées, réduit en cendres des milliers d’arbres et de plantations. Les citoyens ont fait savoir leur courroux avec bruit et fureur.

Ainsi, selon un article mis en ligne, le samedi 11 août dernier par le site Tout sur l’Algérie (tsa-algerie.com), « la tension était encore vive ce samedi à Aït Yahia Moussa, une commune située à une vingtaine de kilomètres au sud de la ville de Tizi Ouzou. La veille, les habitants de plusieurs villages de cette commune déshéritée étaient, selon des sources locales, sortis dans la rue pour crier leur colère suite aux incendies qui ne cessent de ravager leurs oliveraies depuis quelques semaines.»

A en croire le même site d’information, qui rappelle l’épisode de protestation identique de 2008, « les habitants, rassemblés sur la place publique, ont pris pour cible le siège du détachement de l’ANP situé dans le chef-lieu de la commune.»

« Les protestataires n’ont pas hésité à mettre le feu à des pneus placés au milieu de la chaussée avant de  s’attaquer au cantonnement en question à l’aide de pierres et de projectiles en tout genre. Une vive tension était perceptible tout au long cet après-midi mais, précisent les mêmes sources, les militaires  n’ont pas réagi. Des sages de plusieurs villages de la commune ont tenté de calmer les esprits mais sans grand succès. La foule, composée essentiellement de jeunes, accuse les militaires d’être à l’origine de ces feux de forêt dévastateurs pour leurs oliveraies qui constituent la source de revenus d’une bonne partie de la population locale», note également TSA non sans préciser que « lors de l’été 2008, la tension née dans un contexte similaire avait mené à des escarmouches qui ont dégénéré en un vaste mouvement de protestation qui n’avait pris fin qu’après l’indemnisation des propriétaires des oliviers incendiés.» (Lire l’article dans son intégralité sur le site de TSA ici)

Les pompiers à la rescousse de l’ANP

Devant cette mise en cause directe de l’armée algérienne d’être derrière les feux de forêt qui sévissent actuellement en Kabylie dans le cadre de la lutte contre la subversion islamiste, une voix officielle est venue apporter un démenti à ces accusations.

Ainsi, dans une interview publiée dans l’édition week-end d’El Watan (vendredi 10 août 2012), le Colonel Mohamed Khellaf, directeur de l’organisation et de la coordination des secours à la Protection civile, nie toute implication de l’armée dans ces sinistres. En effet, lorsque la journaliste conduisant l’entretien affirme que « dans les maquis, ce sont particulièrement des feux déclenchés volontairement par des militaires dans le cadre de leur lutte antiterroriste, dit-on. Etes-vous d’accord ? », le haut gradé des sapeurs-pompiers rétorque : « Je ne pense pas. Je ne suis pas d’accord avec cette idée-là.» Lorsqu’il s’agit de désigner cette main criminelle qui allume de tels brasiers, l’officier supérieur n’hésite pas à trancher : « Oui. Il y a encore des citoyens qui le font exprès pour gagner de l’espace. Ils n’hésitent pas à déboiser une forêt entière pour construire. Plusieurs cas ont été signalés à l’administration des forêts qui les prendra en charge au niveau de la justice. Il y a aussi les chercheurs de miel, comme à Béjaïa ou ailleurs. Directement ou indirectement, il y a le facteur humain derrière le déclenchement des feux de forêt.»

Nous voici donc devant deux attitudes aux antipodes l’une de l’autre. Sauf qu’en Kabylie, et si rien n’est fait pour calmer les esprits et réduire surtout la nuisance de ces centaines de sinistres, il y a un risque d’un sérieux clash entre les citoyens et les éléments de l’armée. (Retrouver l’interview intégrale sur le site d’El Watan ici)

L’Etat doit s’assumer

Pour sa part et à ce propos, Mustapha Hammouche, chroniqueur au quotidien Liberté précise dans sa chronique de ce dimanche 12 août 2012: « Les feux de forêt constituent la face la plus spectaculaire et la plus émouvante de l’agression permanente et multiforme que subit la nature, en général, et la forêt, en particulier. Et le directeur de l’organisation et de la coordination des secours de la Protection civile a raison de dénoncer l’incivisme des citoyens qui est à l’origine de catastrophes. Cet incivisme n’est plus à démontrer : il se constate partout dans les espaces sociaux. Et jusque dans les institutions. D’ailleurs, le directeur aurait dû répondre à cette question sur les incendies “sécuritaires” autrement que par un troublant “je ne crois pas”. Il ne s’agit pas d’intime conviction, mais d’un devoir de savoir s’agissant d’un domaine où sa responsabilité est engagée, comme il sait pour l’incivisme des citoyens. Si l’État estime que l’impératif de lutte antiterroriste appelle ce complément tactique, il doit l’assumer. »
(Lire la chronique intégrale sur le site de Liberté ici)



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