Essais nucléaires dans le Sahara: la longue attente des victimes

Le quotidien El Watan est revenu, dans son édition du 16 août dernier, sur les essais nucléaires de Reggane, effectués à la veille de l’indépendance nationale par la France dans le grand Sahara algérien.

Affirmant dans le détail qu’ « une vingtaine d’enfants malentendants et souffrant d’une surdité profonde de la ville de Reggane, âgé de 8 à 12 ans, qui seraient des sujets atteints par l’irradiation des essais nucléaires français, qui avaient eu lieu dans la région dans les années 1960, sont toujours en attente d’être pris en charge par le ministère de la Solidarité nationale« , El Watan précise que  » le professeur Djennoui nous explique que les cellules germinales (ovaires, spermes…) sont plus réceptives aux radiations. » «Elles gardent une instabilité pendant des générations et elles sont sujettes à des mutations. C’est ce qui fait que des enfants risquent de naître avec des malformations diverses. Des recherches ont montré que des souris irradiées, leurs cellules ont muté à la première et à la deuxième générations. Il est donc clair que le problème peut perdurer des générations et des générations», a-t-il précisé avant de rappeler qu’il n’y a pas de traitement efficace contre les mutations génétiques » rapporte El Watan.

« La prévention est donc, selon lui, la solution idéale pour limiter les malformations congénitales. Il recommande alors la surveillance des grossesses en effectuant des tests tels l’amiosynthèse chez cette population. Comme il faut également, a-t-il ajouté, procéder au diagnostic précoce des déficits sensoriels », lit-on également à ce propos avant de conclure que «  cinquante  ans après ces essais, la localité continue d’enregistrer des taux de prévalence importants de cancéreux, d’hypertendus et autres malformations, mais la région ne bénéficie pas encore d’un plan spécial pour faire face à ces contaminations.«   

Dans un encadré consacré aux propos du Professeur Bouzid, chef de service d’oncologie, il est rapporté que ce médecin affirme « avoir pris en charge plusieurs cas de cancer de la tyroïde chez des enfants. S’ils ne sont pas précisément de la ville de Reggane », (…) ils sont originaires des villes limitrophes ». Le professeur Bouzid précise qu’il n’y a pas à ce jour d’étude épidémiologique  dans cette région, où l’on doit commencer avant tout à décontaminer.

« Cela doit être une exigence algérienne auprès de la France qui doit lever le secret-défense », note El Watan qui souligne que ce médecin spécialiste « regrette de voir le nombre de cas augmenter d’année en année, sachant qu’il y a eu une modification du capital génétique. Des atteintes oculaires et pulmonaires, des cas d’avortement, de mortalité, de stérilité chez les femmes et les hommes sont aussi signalés« . « Ce sont les médecins français qui avaient en charge le suivi médical de ces populations après l’indépendance et à leur départ, tous les dossiers ont disparu« , rappelle le Pr. Bouzid qui plaide « pour la restitution de ces dossiers et la mise en place d’un registre du cancer dans les régions d’Adrar, Timimoun et Tamanrasset« , selon ce qu’en rapporte El Watan. (Lire le dossier intégral sur le site d’El Watan ici)

Pour la levée du secret-défense

Dans son édition du 11 août 2012, El Watan, qui consacre un dossier au nucléaire dans le monde et à ses dangers, annonce que  » le dossier des activités nucléaires de la France dans le Sahara algérien remonte à la surface dans les débats politiques français, ces dernières semaines.

 » Une expertise française a établi l’existence d’un «lien vraisemblable» entre les essais nucléaires français et certaines maladies. Si la législation française a prévu une indemnisation des soldats français touchés par les radiations, des centaines de victimes algériennes sont restées sur le carreau. Yannick Jadot, député européen d’Europe-Ecologie Les Verts, a plaidé pour la levée du secret-défense sur les essais de Reggane et d’In Ekker« , écrit El Watan.

Il est, d’après lui, important d’ouvrir ces archives parce qu’elles contiennent les informations qui permettraient de localiser le matériel laissé sur place, les déchets radioactifs. « Des personnes vivent toujours à proximité de zones contaminées. Ouvrir ces archives serait l’occasion de tourner une nouvelle page de notre histoire avec l’Algérie (…) les victimes doivent savoir ce qui s’est passé exactement (…) Et la France a la responsabilité de dépolluer ces sites et d’assurer le suivi sanitaire des personnes touchées par les radiations. C’est son héritage, elle doit l’assumer», Lit-on également sur ce dossier. (Lire l’article intégral sur le site d’El Watan ici)



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