Ould Kablia et la Kabylie, est-ce un simple « mal-entendu »?

Interrogé par le quotidien Le Soir d’Algérie, dans son édition du jeudi 8 novembre 2012, à propos de la situation sécuritaire prévalant notamment en Kabylie, le ministre de l’Intérieur a eu des propos qui ont fait réagir nombre d’observateurs et commentateurs trouvant dans ses propos les signes d’un faux « mal-entendu » entre cette région et les autorités centrales du pays. Plutôt les symptômes d’un anti-kabylisme.

Extraits de l’interview:

« Dans les discours que vous produisez sur la question sécuritaire, l’on ne retrouve plus les bilans périodiques qui se limitaient alors à donner le nombre de terroristes appréhendés ou tués et le nombre «résiduel» restant au maquis. Vous y développez, et c’est nouveau, un lien – terrorisme-grand banditisme – qui fait penser que la gestion du terrorisme a pris une autre ampleur. Qu’en est-il au juste ?
Sur la question sécuritaire, de mon point de vue, il n’est pas nécessaire de dresser des bilans sur le nombre de terroristes neutralisés, éliminés ou arrêtés. Ces statistiques existent, elles sont produites et communiquées régulièrement par les services compétents de l’armée ou de gendarmerie ou encore les services de police. Maintenant vous remarquerez que malgré le nombre réduit de terroristes, l’activité et l’effort des services de sécurité, en particulier en ce qui concerne l’armée, sont toujours aussi soutenus. C’est toujours les grands moyens qui sont utilisés dans les régions sensibles que ce soit en Kabylie, dans la région de Jijel ou dans la partie Ouest des Aurès. Dans ces régions, l’armée emploie de grands moyens, ce qui est coûteux, mais l’armée continue sa mission. Même s’il restait demain seulement 2 terroristes, ce serait les mêmes efforts et moyens qui seront engagés, l’objectif étant d’éradiquer totalement ce fléau. »


« Le lien terrorisme-grand banditisme est-il la résultante de la démission de l’Etat, observée ces dernières années dans certaines régions et notamment dans le Sud et en Kabylie qui connaît un développement sans pareil des kidnappings suivis de demandes de rançons, ou est-il le fait d’un argent colossal qui circule et de proliférations d’armes venues de toutes parts et sur lequel l’Etat ne semble pas avoir prise ?

Comme je vous l’ai dit, il y a des régions plus sensibles que d’autres, notamment la Kabylie compte tenu de considérations géographiques et compte tenu du fait que les terroristes ont constitué des réseaux de soutien, parce que sans soutien, ces terroristes ne peuvent pas perdurer. Il y a aussi le fait que depuis 2001, la gendarmerie chargée de la lutte contre le banditisme et le terrorisme n’opère plus dans cette région. Il y a un malentendu qui existe entre la population et ce corps. C’est un malentendu qui a ses justifications. Il ne s’agit pas de revenir sur le passé mais il faut bien que ce corps puisse s’installer et travailler parce qu’il travaille dans l’intérêt du citoyen et pour assurer la sécurité dans cette région, ce que réclame la population. Le banditisme est né d’abord en Kabylie à la faveur de ce vide des services de sécurité. Ce n’est pas une absence de l’Etat, c’est l’absence d’un corps de sécurité qui fait que certains ont été encouragés à commettre des actes qui ressemblent et qui peuvent être assimilés à des actes terroristes. Nous avons vu des faux barrages érigés par des non-terroristes ; des kidnappings qui n’étaient pas le fait de terroristes ; il y a des règlements de comptes qui n’ont rien à voir avec le terrorisme. Tout cela est effectivement pour nous très préoccupant. L’on a beaucoup renforcé les moyens de la police nationale et créé des structures dans des régions qui n’en avaient pas. A Tizi-Ouzou, pour remettre de l’ordre et en particulier pour lutter contre le banditisme et cela donne de bons résultats puisque la ville, qui était livrée aux bandes, voit l’ordre rétabli. Ceci dit, la situation risque de perdurer si l’impunité persiste. »

(Pour retrouver l’intégralité de l’entretien sur le site du Soir d’Algérie cliquer ici)

Ainsi, le site Le Matin, qui titre « Dahou Ould Kablia insulte la Kabylie », souligne que le ministre « a accusé la population de faire le lit d’Al Qaïda au Maghreb islamique et du grand banditisme en s’opposant à l’implantation de brigades de gendarmerie depuis le Printemps noir de 2001… ». « Les rares fois où il s’exprime à titre de Ministre de l’intérieur et des collectivités locales, c’est pour soutenir les propos orduriers de son prédécesseur, Yazid Zerhouni,  à l’égard de la Kabylie, et du martyr du Printemps noir, Massinissa Guermah tué dans une brigade de gendarmie par les représentants de l’Etat, sur ses terres, dans son village. Il cautionne et semble même dire « Si c’était à refaire, je le referais ». Ce qu’en dis, sans vergogne, Dahou Ould Kablia sur la Kabylie, ne relève pas d’un simple régionalisme, comme l’a fait le pouvoir de Bouteflika de Tlemcen élue par lui capitale mondiale de la culture islamique.  C‘une véritable guerre que déclare Ould Kablia à la Kabylie qu’il insulte sans gêne, sans retenue, en tant que ministre d’Etat« , note le commentateur du site le Matin.

(Lire l’intégralité du commentaire du Matin sur son site ici)

Pour sa part, le site Algérie-Express trouve dans son commentaire que « Dahou Ould kablia fait le procès de la Kabylie ». « L’anti-kabylisme se conceptualise au plus haut niveau de l’Etat. La Kabylie devra apparemment s’en vouloir d’avoir la géographie qu’elle a, d’être ce qu’elle est mais aussi d’avoir réagi en 2001 contre l’assassinat par les gendarmes dans l’enceinte même de la brigade du jeune lycéen Guermah Massinissa. Dahou Ould Kablia, le ministre de l’intérieur et des collectivités locales, qui ne se repend toujours pas d’avoir estimé l’existence du marché parallèle de devises utile, s’est épanché, dans un entretien publié ce jeudi par le Soir d’Algérie, à accuser la Kabylie d’y produire elle même les conditions de l’insécurité« , écrit Algérie-Express avant de préciser: « L’argumentaire développé par le premier policier du pays est digne de l’ancien « Malgache » et membre du clan d’Oujda, pour expliquer le terrorisme et le banditisme qui sévissent toujours en Kabylie, plus que partout ailleurs dans le reste du pays. Pour Dahou Ould Kablia, si le terrorisme et le banditisme opèrent toujours en Kabylie, cela est du à la fois à la géographie de la région, aux réseaux de soutien parmi les populations locales et au repli des gendarmes dans leurs brigades depuis le printemps noir de 2001. « Comme je vous l’ai dit, il y a des régions plus sensibles que d’autres, notamment la Kabylie compte tenu de considérations géographiques et compte tenu du fait que les terroristes ont constitué des réseaux de soutien, parce que sans soutien, ces terroristes ne peuvent pas perdurer. Il y a aussi le fait que depuis 2001, la gendarmerie chargée de la lutte contre le banditisme et le terrorisme n’opère plus dans cette région. Il y a un malentendu qui existe entre la population et ce corps. C’est un malentendu qui a ses justifications. »  126 assassinats exécutés de sang froid, c’est un malentendu. Si le terrorisme était lié au relief géographique, il sévirait encore dans d’autres cantons géographiques similaires aux escarpements boisés de la Kabylie, entre autres les Aurès et l’Ouarsenis. Or, l’actualité sécuritaire de ces dernières années se concentre dans  quasiment les seules wilayas de Kabylie.« 

(Lire l’intégralité du commentaire d’Algérie-Express sur son site ici)



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