Salem CHAKER parle de l’officialisation de Tamazight en Afrique du nord

Le professeur Salem CHAKER vient d’accorder un entretien au quotidien Liberté sur le sujet de l’officialisation de Tamazight en Afrique du nord et son aménagement, sa graphie, etc. Voici un extrait de cet entretien dont l’intégralité est à lire sur le site de Liberté ici.

Liberté : Nous venons de célébrer le 33e anniversaire du Printemps amazigh. La mobilisation citoyenne était au rendez-vous d’avril. Quel regard portez-vous sur cet engagement citoyen pour tamazight et qui ne faiblit pas, trois décennies après Tafsut imazighen ?
Dr Chaker : À l’évidence, cette mobilisation récurrente, qui ne faiblit pas, manifeste la profondeur de l’ancrage social de la revendication amazighe, surtout en Kabylie ; et aussi le fait qu’elle a résisté à la répression, aux manœuvres permanentes de neutralisation et de récupération. En un mot, qu’elle n’est pas soluble dans les faux-semblants et les pseudo-réponses de l’Etat central.

Quel constat faites-vous de l’état de la question amazighe avec, notamment, la reconnaissance de tamazight en tant que langue officielle au Maroc, la pression populaire exercée par les Amazighs libyens sur les nouvelles autorités de leur pays pour sa reconnaissance, et aussi votre appréciation de la gestion de cette question par les pouvoirs des pays nord-africains, notamment par le pouvoir algérien qui reste réfractaire à toute idée d’officialisation ?

On ne peut nier qu’à l’échelle de l’Afrique du Nord, la question a connu des avancées significatives. Mais ces avancées sont pour l’heure, même au Maroc, essentiellement symboliques. Sur le terrain des traductions concrètes, celui des mesures susceptibles d’assurer la survie et le développement réels de tamazight, on reste très loin du compte. Les résistances, dans la plupart des pays, demeurent puissantes : l’idéologie arabiste, caractérisée par une profonde hostilité à tout ce qui n’est pas arabe, conserve des positions tout à fait dominantes dans les appareils d’Etat et dans les milieux intellectuels proches du pouvoir, même s’il est évident qu’elle ne constitue plus aujourd’hui un horizon politique. Sa capacité de blocage et de nuisance demeure grande : c’est très nettement le cas en Algérie et en Libye, certainement aussi au Maroc. Dans le cas algérien, il est bon de rappeler que toutes les lois et décrets, postérieurs à la reconnaissance de 2002 de tamazight en tant que “langue nationale”, ont systématiquement réaffirmé le caractère exclusif de l’arabe (classique) en tant que langue officielle (notamment : ordonnance de 2005 relative à l’enseignement privé ; loi de 2008 relative au code de procédure civile et administrative, sans oublier la loi linguistique de 1991/1998, toujours en vigueur !).



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