Liberté de conscience : La Kabylie cible privilégiée de l’islamo-autoritarisme

Le mois du jeûne musulman est l’occasion idoine, pour ne pas dire sacrée, pour le complexe islamo-autoritaire qui commande l’Algérie, de prendre pour cible la Kabyle en raison de la relative liberté de conscience qui y règne. En témoignent toutes ces affaires, rapportées par la presse, où les non jeûneurs sont malmenés par l’inquisition policière ou islamiste.

Ainsi, le site d’information communautaire www.kabyle.com rapporte dans son édition du 1er août 2013 les faits suivants : « Cela s’est passé hier, mercredi 31 dans l’après-midi. Ils revenaient d’une réunion de travail à Alger, Pikaso Ouazzi, Mouloud Hamrani et Samia Ait Tahar à bord d’un bus pour Tizi. « Samia et moi avions acheté quoi manger à la gare de Xerruba, après avoir passé une journée à Alger dans une dictature ramadanèsque étouffante. A bord du bus pour Tizi on se sentait enfin chez nous libres de manger. Nous étions au fond du bus, il y avait trois jeunes hommes derrière nous, nous mangions et tout se passait très bien », racontent les deux concernés.

Entre temps, le receveur du bus était passé et avait constaté que Pika et Samia mangeaient, sans rien dire. Presque une heure après, le receveur revient sans raison, irrité, et somme Pikaso de ranger sa bouteille d’eau. « Etonné, je lui demande pourquoi. Et c’est là qu’il commence à hurler que nous sommes dans son bus, qu’il va s’arrêter pour qu’on boive sur la route, que nous sommes irrespectueux, que qu’est-ce-que ça veut dire de boire comme ça devant les gens pendant le ramadan». Le chauffeur arrête le bus sec et vient se joindre à son collègue pour protester. Des voyageurs viendront calmer les esprits et le bus repart. Se mêle ensuite de l’affaire un islamiste qui moralise discrètement en pointant Dieu du doigt : « c’est lui qui châtie les infidèles ». Les deux non-jeûneurs étaient déjà sérieusement fatigués. C’est à la sortie du bus, dans la nouvelle gare de Tizi, qu’éclate une bagarre entre Pikaso et le receveur du bus. «Nous lui avons demandé pourquoi il élevait ainsi le ton dans le bus. Il nous a répondu cceh, yehwa-yi». Synonyme de «je t’emmerde», pour notre interlocuteur, il en vient aux mains.

Les policiers de la gare, en civil, rappliquent sans attendre. « Pikaso va se laver les mains pendant que je l’attendais dans le hall de la gare. À son retour, les flics débarquent et nous ordonnent de les suivre. Je pensais que c’était la bagarre qui serait à l’origine de l’interrogatoire », raconte Samia en poursuivants : « L’un des policiers m’a demandé de parler en arabe, ce à quoi je répondais que c’était à lui de parler en kabyle ».

Police des mœurs

Arrivés à la cellule de police, les policiers ont changé de ton. « Wekkalremdan ! » s’exclame l’un d’eux. « Et alors ? » demandait Samia. « Tu es passible de prison, répond-il fermement. C’est interdit de manger pendant le ramadan en public ! ». « Où est la loi qui interdit ca ? » rétorquait Samia. Visiblement très provoqué par la question, le policier choisit de ne pas répondre et de passer directement aux menaces. « Dès que j’ai posé la question de la loi, il a tourné le dos et parti vers le bureau pour donner un grand coup dessus » poursuit Samia. D’après elle, il commence alors à crier : « la loi ? tu veux savoir la loi ? je ne te dirai aucune loi. Je te descends tout de suite chez le procureur ; c’est lui qui te dira la loi. Ça s’appelle ‘intihakhourmat ramadan’. Il te mettra en prison tout de suite. Wallah que ce soir tu passeras la nuit à la centrale, et demain, en prison. Tu en as pour 6 mois, personne ne te les enlèvera ». Un autre policier continue : « Je viens d’en ramasser deux ici qui mangeaient. Ils sont chez le procureur. Demain ils passeront en justice et se feront condamner à la prison ferme ». « Mais la constitution me garantit la liberté de conscience non ? » demandait Samia. « La liberté a ses limites. On ne mange pas pendant le ramadan dans un lieu public, c’est interdit » s’entêtera le flic. « Tu veux manger ? tu te caches. Va chez toi ou ailleurs ou personne ne te voit ». Ils demanderont leurs cartes d’identités aux interpellés et le leur rendront 10 minutes après.

Après quelques échanges entre interpellés et policiers, ces derniers décident de « faire un bon geste » en les laissant partir. « Ne recommencez plus», moraliseront-ils (…) » (Lire l’article intégral sur le site de kabyle.com ici)

La fausse neutralité de l’administration

En date du 30 juillet 2013, le site d’information généraliste Tout sur l’Algérie faisait état de la position officielle du wali de la wilaya de Tizi Ouzou au sujet du respect du droit à la conscience, notamment le projet qu’ont un groupement de personnalités, citoyens et collectifs de déjeuner en public le samedi 03 août 2013 dans la ville des Genêts pour affirmer la liberté de conscience. Ainsi, selon TSA, «Le wali de Tizi Ouzou a affirmé, ce mardi 30 juillet, ne voir aucune utilité de « réprimer » le déjeuner public auquel a appelé un groupe de citoyens pour le 3 août au carrefour Matoub Lounès, à la sortie ouest de la ville de Tizi Ouzou.

« Les services de sécurité n’ont pris aucune décision visant à réprimer ces non-jeûneurs qui veulent manifester devant le carrefour Matoub Lounès le 3 août prochain », a affirmé Abdelkader Bouazghi, lors d’une conférence de presse. « Chacun est libre face à sa conscience », a-t-il précisé.

Un groupe de non-jeûneurs a lancé via les réseaux sociaux un appel à l’organisation d’un déjeuner contre « l’inquisition » et pour « la liberté de conscience et le droit à la différence ». L’appel a été suivi d’une pétition signée par près de 300 personnes. L’initiative a suscité une vive polémique sur les réseaux sociaux et une campagne de dénigrement sans précédent dans les milieux islamistes.

Le wali de Tizi Ouzou a également affirmé que « contrairement à ce qui se dit ici et là, aucun non-jeûneur n’a été inquiété par les services de sécurité dans la wilaya de Tizi Ouzou depuis le début du mois de Ramadan ». Pour lui, la descente effectuée par les gendarmes dans une cafétéria du village Tifra, dans la région de Tigzirt, n’avait pas pour objectif d’inquiéter des non-jeûneurs. « C’était un contrôle routinier, comme pour tous les autres contrôles qui s’effectuent durant l’année pour vérifier la légalité de n’importe quel commerce », a-t-il expliqué sans fournir plus de détails. » (Lire l’article intégral sur le site de TSA ici)

La Kabylie maritime sous l’étendard de l’inquisition

Pourtant, et contrairement aux affirmations rassurantes du wali, en date du 26 juillet 2013, le même site TSA avait annoncé que « trois non-jeûneurs ont vécu une véritable mésaventure, jeudi 25 juillet, près de la ville d’Azzefoun, à 60 km au nord-est de Tizi Ouzou. De retour de la wilaya de Béjaïa, ils ont été surpris en train de « casser la croûte », en plein jour, selon le témoignage des mis en cause à TSA.

Les faits ont eu lieu vers 17h30. « Nous étions à l’intérieur de notre véhicule en stationnement dans un endroit pourtant isolé près de la plage de Sidi Khelifa, à quelques kilomètres de la ville d’Azeffoun, quand un véhicule 4X4 gris de marque KIA Sorento s’est garé en face de nous », raconte l’un des trois non-jeûneurs. Rien n’indiquait qu’il s’agissait alors des services de sécurité. Ni arme, ni uniforme, ni véhicule bariolé, ni talkie-walkie. « Vos papiers ! Houkouma ! (pouvoir) » a ordonné, en kabyle, un des hommes descendus du 4X4.

Après un simple contrôle d’identité suivi d’une longue leçon de morale, truffée d’intimidations, les trois non-jeûneurs, pris bouteille d’eau à la bouche et sandwich entre les mains, se sont vu rendre leurs papiers d’identité, puis on leur a ordonné de quitter les lieux. « Vous avez tout pour être arrêtés et vous êtes passibles de six mois de prison », ajouta l’homme menaçant.

La scène s’est déroulée, précise l’un des trois non-jeûneurs, sous les yeux d’occupants d’une camionnette Toyota arrêtée à quelques dizaines de mètres de là. À peine les occupants du 4X4 repartis, les occupants de la Toyota ont accouru et pris à partie les trois non-jeûneurs. « Il faut les lyncher, il faut leur prendre leurs portables et leur argent, c’est tout ce qu’ils méritent », ordonna un des occupants de la Toyota à ses deux compagnons. Les non-jeûneurs n’ont dû leur salut qu’aux occupants du 4X4, revenus pour empêcher le lynchage et escorter leur véhicule jusqu’à la bretelle menant vers Yakourène, via la commune d’Akerou.» (Lire l’article intégral sur le site de TSA ici)

Riposte citoyenne

Par ailleurs, le 20 août 2013, le correspondant local de TSA avait fait état de la riposte citoyenne face au harcèlement des non jeuneurs par les forces de l’ordre. Ainsi, suivant TSA, « une grosse colère s’est emparée des habitants du village de Tifra, dans la région côtière de Tigzirt, 35 km au nord de Tizi Ouzou, après une descente de gendarmes dans une cafétéria fréquentée durant la journée par des non-jeûneurs.

Des éléments de la gendarmerie ont fait irruption, vendredi vers 14h30, dans le village à la recherche des non-jeûneurs, a-t-on appris auprès de Malik, membre du comité du village de Tifra. « Les gendarmes sont entrés dans la cafétéria, qui ouvre durant la journée tout le mois du Ramadan. Nous étions assis tranquillement. Nous ne comprenons pas une telle action. Nous sommes libres de jeûner ou pas », témoigne-t-il. Selon différents témoignages que nous avons recueillis auprès des habitants de Tifra, les gendarmes auraient photographié tous les clients présents dans la cafétéria.

« Les gendarmes ont interrogé des clients. Ils ont noté des noms de personnes fréquentant cette cafétéria durant ce mois de Ramadan », a indiqué le président du comité de village à l’Observatoire des droits de l’Homme de Tizi Ouzou qui a rapidement diffusé l’information. Selon des citoyens de la région, les gendarmes ont confisqué les papiers du propriétaire de la cafétéria auquel ils ont demandé de se présenter samedi matin à la brigade.

En guise de soutien, la population locale a appelé à un rassemblement samedi matin devant la brigade. Finalement, les gendarmes ont décidé de jouer l’apaisement en rendant ses papiers au propriétaire de la cafétéria. Le rassemblement a donc été annulé. » (Lire l’article intégral sur le site de TSA ici)



Laisser un commentaire

Le parloir de l'Impératrice |
mandarines |
actionsplessisbouchard |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | KOI DE 9 ?
| CGT ICTAM de l'OPH 93
| lephotovoltaique