Liberté de conscience: des citoyens bravent l’inquisition (actualisé)

Le quotidien El Watan a annoncé, dans son édition web ce samedi 2013, que  » l’appel auquel ont appelé des non jeûneurs a eu lieu, ce samedi, 03 août, dans le calme et la sérénité, dans la ville de Tizi Ouzou. Des dizaines de personnes ont dé-jeûné en partageant des sandwichs et des boissons, en public, à 12 heures. Cette action a été appuyée même par des jeûneurs qui se sont rassemblés au niveau de la placette du carrefour Matoub Lounès, en face du siège de la sûreté de wilaya, pour dire  » Non à l’inquisition ». « Les manifestants ont également brandi des banderoles sur les quelles on pouvait lire, entre autres, « Pour la liberté de conscience ». Bouaziz Ait Chebib, président du MAK, mouvement pour l’autonomie de la Kabylie, a, dans son intervention, souligner l’objectif de cette action qui consiste, selon lui, à faire respecter les droits individuels », précise également le correspondant du même quotidien francophone. (Lire l’article intégral sur le site d’El Watan ici)

Même mobilisation à Béjaïa

Selon le site d’information Algérie Express,  » ce samedi 03 août s’est tenu à 11h à proximité de la poste d’Aokas un rassemblement improvisé d’environ deux cents personnes composé essentiellement de jeunes, militants associatifs, partisans ou citoyens non structurés.

Les slogans étaient variés mais tous revendiquaient le respect de la liberté de conscience. On pouvait entendre certains dénoncer les intrusions violentes du salafisme et la complicité des services de sécurité à leur endroit, la condamnation de l’instauration d’une chariaa rampante…

En plus des condamnations de ces abus, les manifestants exigeaient la protection des libertés individuelles et collectives, le respect de la liberté de conscience et du droit à la différence ainsi que l’ouverture des commerces pendant le ramadhan. » (retrouvez l’article intégral sur le site d’Algérie Express ici)

Soutien de l’ODH de Tizi Ouzou

Pour rappel, et à propos des risques de voir cette manifestation citoyenne et pacifique réprimée par la police, l’Observatoire des Droits de l’Homme de Tizi-Ouzou avait rendu public, la veille, un communiqué dont voici la teneur (retrouvez ce communiqué sur le site Le Matin DZ ici):

« Des citoyens envisagent d’organiser un « déjeuner public » le 3 août 2013 au carrefour Matoub Lounès pour dénoncer la chasse aux non-jeûneurs et « l’intrusion des services de sécurité algériens dans la vie privée des citoyens »

Pour rappel, en 2010, un jeune homme de 27 ans a été condamné de deux ans de prison ferme et 100 000 Da d’amende à Oum el Bouaghi pour « atteinte à un précepte de l’islam ». L’année dernière, un jeune a été passé à tabac par des policiers, à Béni Douala, après avoir été surpris en train de manger un sandwich. Et durant ce mois de Ramadhan, la gendarmerie a fait irruption dans une cafétéria à Tigzirt pour interpeller et intimider les non jeûneurs présents sur place.

L’annonce de cette action a déjà suscité une compagne de dénigrement, et sur les réseaux sociaux, certains extrémistes appellent à l’utilisation de la force pour empêcher cette manifestation.

Le wali de Tizi-Ouzou a déclaré que les services de sécurité n’interdiront pas le rassemblement. Rassuré, l’Observatoire des Droits de l’Homme de Tizi-Ouzou rappelle néanmoins le caractère pacifique de cette action et appelle le Wali à garantir la protection des citoyens qui prendront part à la manifestation, étant donné les menaces profanées à leur encontre. »



Liberté de conscience : La Kabylie cible privilégiée de l’islamo-autoritarisme

Le mois du jeûne musulman est l’occasion idoine, pour ne pas dire sacrée, pour le complexe islamo-autoritaire qui commande l’Algérie, de prendre pour cible la Kabyle en raison de la relative liberté de conscience qui y règne. En témoignent toutes ces affaires, rapportées par la presse, où les non jeûneurs sont malmenés par l’inquisition policière ou islamiste.

Ainsi, le site d’information communautaire www.kabyle.com rapporte dans son édition du 1er août 2013 les faits suivants : « Cela s’est passé hier, mercredi 31 dans l’après-midi. Ils revenaient d’une réunion de travail à Alger, Pikaso Ouazzi, Mouloud Hamrani et Samia Ait Tahar à bord d’un bus pour Tizi. « Samia et moi avions acheté quoi manger à la gare de Xerruba, après avoir passé une journée à Alger dans une dictature ramadanèsque étouffante. A bord du bus pour Tizi on se sentait enfin chez nous libres de manger. Nous étions au fond du bus, il y avait trois jeunes hommes derrière nous, nous mangions et tout se passait très bien », racontent les deux concernés.

Entre temps, le receveur du bus était passé et avait constaté que Pika et Samia mangeaient, sans rien dire. Presque une heure après, le receveur revient sans raison, irrité, et somme Pikaso de ranger sa bouteille d’eau. « Etonné, je lui demande pourquoi. Et c’est là qu’il commence à hurler que nous sommes dans son bus, qu’il va s’arrêter pour qu’on boive sur la route, que nous sommes irrespectueux, que qu’est-ce-que ça veut dire de boire comme ça devant les gens pendant le ramadan». Le chauffeur arrête le bus sec et vient se joindre à son collègue pour protester. Des voyageurs viendront calmer les esprits et le bus repart. Se mêle ensuite de l’affaire un islamiste qui moralise discrètement en pointant Dieu du doigt : « c’est lui qui châtie les infidèles ». Les deux non-jeûneurs étaient déjà sérieusement fatigués. C’est à la sortie du bus, dans la nouvelle gare de Tizi, qu’éclate une bagarre entre Pikaso et le receveur du bus. «Nous lui avons demandé pourquoi il élevait ainsi le ton dans le bus. Il nous a répondu cceh, yehwa-yi». Synonyme de «je t’emmerde», pour notre interlocuteur, il en vient aux mains.

Les policiers de la gare, en civil, rappliquent sans attendre. « Pikaso va se laver les mains pendant que je l’attendais dans le hall de la gare. À son retour, les flics débarquent et nous ordonnent de les suivre. Je pensais que c’était la bagarre qui serait à l’origine de l’interrogatoire », raconte Samia en poursuivants : « L’un des policiers m’a demandé de parler en arabe, ce à quoi je répondais que c’était à lui de parler en kabyle ».

Police des mœurs

Arrivés à la cellule de police, les policiers ont changé de ton. « Wekkalremdan ! » s’exclame l’un d’eux. « Et alors ? » demandait Samia. « Tu es passible de prison, répond-il fermement. C’est interdit de manger pendant le ramadan en public ! ». « Où est la loi qui interdit ca ? » rétorquait Samia. Visiblement très provoqué par la question, le policier choisit de ne pas répondre et de passer directement aux menaces. « Dès que j’ai posé la question de la loi, il a tourné le dos et parti vers le bureau pour donner un grand coup dessus » poursuit Samia. D’après elle, il commence alors à crier : « la loi ? tu veux savoir la loi ? je ne te dirai aucune loi. Je te descends tout de suite chez le procureur ; c’est lui qui te dira la loi. Ça s’appelle ‘intihakhourmat ramadan’. Il te mettra en prison tout de suite. Wallah que ce soir tu passeras la nuit à la centrale, et demain, en prison. Tu en as pour 6 mois, personne ne te les enlèvera ». Un autre policier continue : « Je viens d’en ramasser deux ici qui mangeaient. Ils sont chez le procureur. Demain ils passeront en justice et se feront condamner à la prison ferme ». « Mais la constitution me garantit la liberté de conscience non ? » demandait Samia. « La liberté a ses limites. On ne mange pas pendant le ramadan dans un lieu public, c’est interdit » s’entêtera le flic. « Tu veux manger ? tu te caches. Va chez toi ou ailleurs ou personne ne te voit ». Ils demanderont leurs cartes d’identités aux interpellés et le leur rendront 10 minutes après.

Après quelques échanges entre interpellés et policiers, ces derniers décident de « faire un bon geste » en les laissant partir. « Ne recommencez plus», moraliseront-ils (…) » (Lire l’article intégral sur le site de kabyle.com ici)

La fausse neutralité de l’administration

En date du 30 juillet 2013, le site d’information généraliste Tout sur l’Algérie faisait état de la position officielle du wali de la wilaya de Tizi Ouzou au sujet du respect du droit à la conscience, notamment le projet qu’ont un groupement de personnalités, citoyens et collectifs de déjeuner en public le samedi 03 août 2013 dans la ville des Genêts pour affirmer la liberté de conscience. Ainsi, selon TSA, «Le wali de Tizi Ouzou a affirmé, ce mardi 30 juillet, ne voir aucune utilité de « réprimer » le déjeuner public auquel a appelé un groupe de citoyens pour le 3 août au carrefour Matoub Lounès, à la sortie ouest de la ville de Tizi Ouzou.

« Les services de sécurité n’ont pris aucune décision visant à réprimer ces non-jeûneurs qui veulent manifester devant le carrefour Matoub Lounès le 3 août prochain », a affirmé Abdelkader Bouazghi, lors d’une conférence de presse. « Chacun est libre face à sa conscience », a-t-il précisé.

Un groupe de non-jeûneurs a lancé via les réseaux sociaux un appel à l’organisation d’un déjeuner contre « l’inquisition » et pour « la liberté de conscience et le droit à la différence ». L’appel a été suivi d’une pétition signée par près de 300 personnes. L’initiative a suscité une vive polémique sur les réseaux sociaux et une campagne de dénigrement sans précédent dans les milieux islamistes.

Le wali de Tizi Ouzou a également affirmé que « contrairement à ce qui se dit ici et là, aucun non-jeûneur n’a été inquiété par les services de sécurité dans la wilaya de Tizi Ouzou depuis le début du mois de Ramadan ». Pour lui, la descente effectuée par les gendarmes dans une cafétéria du village Tifra, dans la région de Tigzirt, n’avait pas pour objectif d’inquiéter des non-jeûneurs. « C’était un contrôle routinier, comme pour tous les autres contrôles qui s’effectuent durant l’année pour vérifier la légalité de n’importe quel commerce », a-t-il expliqué sans fournir plus de détails. » (Lire l’article intégral sur le site de TSA ici)

La Kabylie maritime sous l’étendard de l’inquisition

Pourtant, et contrairement aux affirmations rassurantes du wali, en date du 26 juillet 2013, le même site TSA avait annoncé que « trois non-jeûneurs ont vécu une véritable mésaventure, jeudi 25 juillet, près de la ville d’Azzefoun, à 60 km au nord-est de Tizi Ouzou. De retour de la wilaya de Béjaïa, ils ont été surpris en train de « casser la croûte », en plein jour, selon le témoignage des mis en cause à TSA.

Les faits ont eu lieu vers 17h30. « Nous étions à l’intérieur de notre véhicule en stationnement dans un endroit pourtant isolé près de la plage de Sidi Khelifa, à quelques kilomètres de la ville d’Azeffoun, quand un véhicule 4X4 gris de marque KIA Sorento s’est garé en face de nous », raconte l’un des trois non-jeûneurs. Rien n’indiquait qu’il s’agissait alors des services de sécurité. Ni arme, ni uniforme, ni véhicule bariolé, ni talkie-walkie. « Vos papiers ! Houkouma ! (pouvoir) » a ordonné, en kabyle, un des hommes descendus du 4X4.

Après un simple contrôle d’identité suivi d’une longue leçon de morale, truffée d’intimidations, les trois non-jeûneurs, pris bouteille d’eau à la bouche et sandwich entre les mains, se sont vu rendre leurs papiers d’identité, puis on leur a ordonné de quitter les lieux. « Vous avez tout pour être arrêtés et vous êtes passibles de six mois de prison », ajouta l’homme menaçant.

La scène s’est déroulée, précise l’un des trois non-jeûneurs, sous les yeux d’occupants d’une camionnette Toyota arrêtée à quelques dizaines de mètres de là. À peine les occupants du 4X4 repartis, les occupants de la Toyota ont accouru et pris à partie les trois non-jeûneurs. « Il faut les lyncher, il faut leur prendre leurs portables et leur argent, c’est tout ce qu’ils méritent », ordonna un des occupants de la Toyota à ses deux compagnons. Les non-jeûneurs n’ont dû leur salut qu’aux occupants du 4X4, revenus pour empêcher le lynchage et escorter leur véhicule jusqu’à la bretelle menant vers Yakourène, via la commune d’Akerou.» (Lire l’article intégral sur le site de TSA ici)

Riposte citoyenne

Par ailleurs, le 20 août 2013, le correspondant local de TSA avait fait état de la riposte citoyenne face au harcèlement des non jeuneurs par les forces de l’ordre. Ainsi, suivant TSA, « une grosse colère s’est emparée des habitants du village de Tifra, dans la région côtière de Tigzirt, 35 km au nord de Tizi Ouzou, après une descente de gendarmes dans une cafétéria fréquentée durant la journée par des non-jeûneurs.

Des éléments de la gendarmerie ont fait irruption, vendredi vers 14h30, dans le village à la recherche des non-jeûneurs, a-t-on appris auprès de Malik, membre du comité du village de Tifra. « Les gendarmes sont entrés dans la cafétéria, qui ouvre durant la journée tout le mois du Ramadan. Nous étions assis tranquillement. Nous ne comprenons pas une telle action. Nous sommes libres de jeûner ou pas », témoigne-t-il. Selon différents témoignages que nous avons recueillis auprès des habitants de Tifra, les gendarmes auraient photographié tous les clients présents dans la cafétéria.

« Les gendarmes ont interrogé des clients. Ils ont noté des noms de personnes fréquentant cette cafétéria durant ce mois de Ramadan », a indiqué le président du comité de village à l’Observatoire des droits de l’Homme de Tizi Ouzou qui a rapidement diffusé l’information. Selon des citoyens de la région, les gendarmes ont confisqué les papiers du propriétaire de la cafétéria auquel ils ont demandé de se présenter samedi matin à la brigade.

En guise de soutien, la population locale a appelé à un rassemblement samedi matin devant la brigade. Finalement, les gendarmes ont décidé de jouer l’apaisement en rendant ses papiers au propriétaire de la cafétéria. Le rassemblement a donc été annulé. » (Lire l’article intégral sur le site de TSA ici)



Officialisation de Tamazight : Benbitour veut passer par la voie référendaire !

Puf ! Que devrait-on déployer comme efforts pour faire comprendre aux gens qui nous gouvernent (qui nous ont déjà gouvernés) qu’on ne peut être pour ou contre une identité ? C’est ce que semble ne pas vouloir comprendre cet ex-premier ministre algérien, enfant légitime du système arabo-islamo-conservateur du FLN. Jugez-en !

« Animant une conférence-débat, conjointement avec le Dr Amar Belhimer, sous le thème “Crise de la classe politique en Algérie”, à l’espace Plasti du quotidien Algérie-News, à Alger, Ahmed Benbitour, a réitéré sa position vis-à-vis de l’officialisation de tamazight. L’ancien chef du gouvernement a préconisé, ainsi, la voie référendaire pour que tamazight soit une langue officielle. “Pour que tamazight soit une langue officielle, elle doit être soumise à un référendum”, a-t-il indiqué devant une assistance qui s’est vite montrée opposée farouchement à cette idée, qui pourrait, selon un militant des droits de l’Homme, créer un conflit dans le cas où les Algériens refuseraient de voter pour tamazight », rapporte le quotidien Liberté du jeudi 1er Août 2013.

« Cette position exprimée auparavant par Ahmed Benbitour, candidat aux prochaines présidentielles, sur le plateau de BRTV, avait fait réagir plusieurs militants qui ont rappelé qu’ “une identité ou un fait linguistique ne peut en aucun cas être soumis à l’appréciation des électeurs”. L’invité d’Algérie-News, qui a été souvent déstabilisé par des questions liées à son passé au gouvernement et sa position vis-à-vis de tamazight, a expliqué que cette langue doit bénéficier d’un appui pour assurer sa promotion. “Vous ne savez pas ce que vous voulez”, s’est emporté le candidat à la présidentielle de 2014, avant d’ajouter que “le caractère officiel d’une langue veut dire qu’elle sera associée à toutes les démarches administratives, juridiques ou institutionnelles de l’État”. “Cette langue ne peut pas être officielle par ordonnance”, a-t-il dit, avant de préciser qu’il est contre ce procédé, car “c’est à cause des ordonnances que j’ai démissionné du gouvernement en 2000”», lit-on également à ce propos. (Lire l’article intégral sur le site de Liberté ici)

Quelle mouche l’a-t-il piqué, est-on tenté de dire à la lecture de ces déclarations pour le moins incongrues pour un éminent intellectuel, Mozabite de surcroît ! (Lire une présentation sommaire de cette ethnie berbère sur le site de Wikipedia ici)

Ainsi, le site Algérie-Express nous offre un commentaire pertinent relatif à cette option référendaire de Benbitour : « cela (Les déclarations) n’a pas été du goût d’une assistance, visiblement lassée de l’entendre, pour une énième fois, répéter dans une même et immuable formule le constat d’échec de la gouvernance en Algérie. Aussi le lui a-t-elle signifié, parfois de manière crue. Les uns lui reprochèrent de vouloir bâtir une carrière d’opposant sur un seul acte, celui d’avoir démissionné du gouvernement, alors qu’il a toujours servi le système auparavant. D’autres le cinglèrent d’une estocade à propos de sa fameuse proposition de soumettre l’officialisation de la langue amazighe à référendum.»

Le commentateur d’Algérie-Express précise encore : « Face à ses contradicteurs du jour, Ahmed Benbitour perdra son sang- froid. « il faut apprendre à parler avant de poser des questions », rétorqua-t-il à un militant des droits de l’homme qui lui rappela que, quand il était de l’autre côté de la barrière, il faisait l’éloge du système qu’il qualifie aujourd’hui de corrompu.  Ce même militant des droits de l’homme lui signifia aussi qu’il était dans les rouages du pouvoir quand les partis politiques étaient cibles du système et du terrorisme. Sa soirée était gâchée. Sa sortie fut un ratage.» (Lire l’article intégral sur le site d’Algérie-Express ici)



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