Le fennec mordant du mois d’avril2014

(http://lefennecmordant.com/LFM-04/vue-surlamare.html)

Pour la pêche (aux voix), faites le 17 !

Il avait raison, le mec aux cheveux ébouriffés comme pris dans le souffle d’un champignon nucléaire, lorsqu’il affirmait être certain de l’infinité de la bêtise humaine et rester dans le doute s’agissant de celle du monde. Pourtant, il avait un cerveau qui fonctionnait au-delà des limites humaines, lui le découvreur des relativités générale et restreinte. Cela ne l’empêchait pas d’écrire lyriquement à sa bien-aimée et tirer la langue lors qu’on lui tirait le portrait.

Ahmed medjani

De connerie donc, il en sera question dans les lignes qui suivent. Au terme de la campagne électorale comptant pour les présidentielles du 17 avril prochain, nous assistons, hilares, à des torrents d’inepties courant le long des colonnes et pages des canards, toutes races confondues. Des flots si forts qu’ils devraient être visibles depuis les cieux.
Le must ne serait-il pas donc cette trouvaille qu’a dégottée la smala seigneuriale qui, voyant leurs meetings chahutés par la « populace » qu’ils tiennent en piètre estime, s’en vont accuser et dresser les buchers pour les partisans de Benflis, l’enfant du système se voulant pourfendeur du même système. Trop court, le prétexte. Presque aussi court que le seront les cordes qui soutiendront les corps des militants de Barakat le 18 avril prochain, à la place Audin. C’est ça de gagné pour les jeunes entrepreneurs ayant investi dans les échafaudages métalliques et pour lesquels wizarat el tha’ar (le ministère de la revanche qu’on devra confier à Sellal) pense attribuer de gré à gré le marché des potences.

Ainsi donc, il est écrit dans le communiqué de la Smala que « nous prenons acte, ce jour de veille de fin de campagne, de la poursuite de comportements violents de la part de parties hostiles au déroulement serein et transparent de la campagne et de l’élection pour la présidentielle, et dénonçons les auteurs de cette violence qui émane de représentants du candidat à la présidentielle, Monsieur Ali Benflis », comme rapporté par les couinements depuis la mare. Le même bourdonnement énonce aussi que « Nous mettons en garde contre cette dérive et ces agressions qui ciblent des animateurs de la campagne et dénonçons ces violences organisées, à l’instar de celles, manifestes, constatées à Ménéa et Berriane dans la wilaya de Ghardaïa, à Khenchela, à Sétif, à Alger et dans bien d’autres régions du pays. »

Mais, se pose une question évidente pour nos petites caboches de simplets (au plan cérébral s’entend) ! Pourquoi ne pas saisir les deux commissions de surveillance, etc., ainsi que la justice ? Alerter la Ligue arabe quant à la fausseté annoncée du scrutin. L’Union africaine. Oui, ils ont fort à faire déjà, ces deux coquilles  vides, en Centre-Afrique, en Irak et en Syrie. Et puis, cela ne cadre pas avec leur « feuille de déroute ».

Bien plus, l’on nous présente même, au JT du soir, le roi chancelant et annonçant, sur le ton de la confidence intime et désabusée, à ses hôtes Espagnol et Onusien (Celui-ci est bien de chez-nous, par contre) et avec une voix éteinte, qu’en appeler à l’intervention étrangère est inacceptable et dangereux. Il suffirait donc de si peu pour tomber sous le couperet pour crime de lèse-majesté dans nos contrées si mal régentées.

A ce stade des hostilités, donc, est-il sérieux et respectable que des ministres en exercice fassent campagne pour le candidat rempilant, se demande-t-on de ce côté du Miroir aux alouettes qu’est le scrutin d’avril prochain?

Bon, ces bougres sont obligés, reconnaissons-le, pour sauver leur croûte et leur fourrage, puis comme l’avait théorisé si délicatement Jean-Pierre Chevènement, lors de la première guerre du Golf, « un ministre ça démissionne ou ça ferme sa gueule ». Notons que leur demander de quitter leur fonction est d’une candeur politique affligeante. Et puis, la meilleure façon d’éviter que le glaive de la justice tombe abruptement, c’est de ne pas faire de vagues et laisser le balancier en équilibre (précaire mais équilibre tout de même).

Pour reprendre le registre « ineptique » ou « ineptial » (plutôt la seconde tournure qui sonne comme nuptial en cette veillée funèbre), voilà que le tambourineur en chef (forcément, il est le seul musicien attitré de l’orchestre) déclarant sans sourcier à Staouéli « que le programme électoral du candidat Abdelaziz Bouteflika n’avait pas besoin d’être explicité et qu’il représentait une vérité concrétisée sur le terrain.» Si ne n’est pas du messianisme, ça y ressemble ! Même les plus illustres prophètes avaient du « expliciter » leurs commandements aux peuplades d’impies et de mécréants d’antan. Et avec force miracle qui plus est. Les pauvres et pour si peu.

Mais à la décharge des ex et actuels ministres Bouteflikiens, le tableau de chasse des anti 4ème mandat a été quelque peut noirci par cet accueil réservé à Ahmed Ouyahia, fort pourtant de sa garde rapprochée légendaire, « avec des pots de yaourts à Oum El-Bouaghi », comme rapporté par un site d’information en continu. Balancer des yaourts ! Quel gâchis alors que la poudre de lait est importée à coups de devises sonnantes et trébuchantes. C’est comme jeter du caviar à la poubelle ou donner des perles de viagra à des cochons libidineux ! L’OMC devrait se saisir tout de même de cette histoire de gaspi des deniers publics et l’inclure dans les négociations en cours pour l’adhésion de l’Algérie au Bazar mondialisé.

Pour reprendre notre histoire de cerveau einsteinien, ne voilà-t-il pas une belle leçon de mathématiques fondamentales appliquées aux élucubrations rhétoriques ? Suivons le fil de l’actualité à rebours, il nous mènera à un étrange spécimen de l’homo sapiens sapiens (l’homme qui sait deux fois, pour nous autres néandertaliens incultes): Belkacem Sahli, le secrétaire général du parti ANR, cette même formation politique républicaine et moderniste cofondée pourtant par le majestueux et grand érudit Mostapha Lacheraf. Ainsi donc, pour ce disciple d’Euler et d’Euclide (qu’ils nous excusent pour cette filiation infamante à leur égard), « Il y a des candidats aux présidentielles qui se reconnaissent ont appelé les états unis d’Amérique (USA) à intervenir en Algérie. D’autres exigent une transition. Si on opte pour la première ou la seconde option, nous allons multiplier tous les acquis du peuple algérien par zéro.»  Voici donc réinventé l’élément absorbant (ou l’art d’être absorbé par le crétinisme ambiant).

Pour rester dans le registre des cartons rouges dégainés à l’encontre du « larbinisme », retrouvons cet aveu de deux comédiens ayant révélé, au cours d’une émission de Dzaïr TV, « qu’ils avaient été payés pour leur participation au clip de campagne d’Abdelaziz Bouteflika.» Quoi de mal que des artistes, intermittents de la démocratie (oups ! pardon, du spectacle, je voulais dire) soient payés pour prestations rendues ! Sauf si il y a eu manipulation quant à la finalité du produit en bout de chaine… de TV. En tout cas, celle de Dzaïr TV l’a appris à ses dépends avec la grosse colère présidentielle et la suspension sine die de deux émissions BOULITIK. Car un élan du cœur ne se monnaie pas et lorsque des chœurs chantent les louanges du prince, il faut s’assurer que le stratagème des faux dévots ne soit éventé et que le treillis du boyscout ne dépasse de dessous la soutane.

C’est dire que l’on ne s’improvise pas pro de la com impunément. Une arme à double tranchant qui virevolte tel un boomerang et revient furtif en plein gueule du lanceur néophyte.

Mais ce ne fut pas le cas, loin de là, pour le big écrivain dont les initiales se confondent avec celles de Kateb Yacine qui, surfant avec maestria sur la vague des présidentielles, a réussi aussi à promouvoir la parution de son bouquin sorti le 07 avril dernier.

Il n’a pas eu, parait-il, les paraphes suffisants pour décrocher le sésame constitutionnel, bien qu’il se targue toujours d’avoir des millions de lecteurs de ce côté-ci de l’Olympe. Il le dit si bien le gus : « Qu’attendent les singes », est un roman où se cache «une dénonciation sévère des dysfonctionnements de la société algérienne contemporaine». Et il n’a pas fini de dénoncer nos tares de bougnouls, lui l’infortuné qui précisa à un grand canard bleu hexagonal et en toute modestie ceci: «Je sais que j’ai la jeunesse et les femmes avec moi.» On comprend alors que ces derniers, ses adorateurs invétérés, aient décidé d’aller à la pêche jeudi prochain vu qu’ils ne l’ont pas investi de leur confiance.

A la pêche donc ! Un programme séduisant, reconnaissons-le !

Abdenour BOUHIREB



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