Le fennec mordant du mois de juin 2014

(http://lefennecmordant.com/LFM-06/vue-surlamare.html)

S’il te plaît, dessine-moi un canard !

Wilis

Au registre « merdiatique » (Oups! Pardon, médiatique), il parait que le nouveau prince, valet de son état, est résolu à nettoyer les écuries d’Augias au kascher. Même que les Dieux de l’Olympe sont mécontents du couinement de cette satanée foultitude de volatils qui pataugent dans la mare. Zeus en a marre, donc, et a chargé son scribe de tracer au burin le portrait officiel du canard idéal.

Depuis, il le chante sous tous les toits, tel un coq ragaillardi par la vue de belles poulettes: le canard algérien est un oiseau professionnel et éthique, responsable et obéissant au bon sens et aux règles déontologiques. (quelqu’un peut-il m’expliquer c’est quoi ça?) Les conciliabules battent leur plein et les cénacles grouillent de volailles en rangs serrés s’en allant à l’assaut du jour qui se lève.

Oui, ce n’est pas faute d’avoir était clarifié : Un vrai canard est celui qui lèche la menotte qui le nourrit et non pas sa gamelle vide comme un toutou. Puis, quelle mauvaise idée que celle de vouloir parader, gonflé à l’air révolutionnaire comme un paon (ou un pneu Michelin de Bach Djerrah) ou marquant son territoire comme un bit-bull en frétillant de la queue comme un essuie-glace fabriqué par l’ex-Sonacom.

Le clébard est réservé pour les meetings du FLN, les con-grès et autres putschs validables par « la justice de la nuit ». Par contre, une oie (ou une bécasse en cas de disette), ça ouvre son bec, ça avale les grains ou les miettes et ça vocifère à la demande, seulement à la demande. Pas avant, pas après. Ça ne fait pas de politique. Ça ne montre pas les dents. Et ça ne se prend pas pour un molosse. Ça pourrait faire des œufs, d’or si possible, mais pour ça il faut monter tout un dossier (voire démarche ANSEJ ou CNAC, etc.)

Pef ! Quelle mouche les a piqués ces blanc-bec, alors? Ces pauvres emplumés ne savent plus à quelle mamelle se vouer. Celle qui, jusque-là, rassasiait de son sein leurs gosiers assoiffés d’une manne publicitaire sirupeuse et apaisante, fait du chichi et se refuse à eux! Ils veulent défendre les « transitionneurs», on leur coupera les vivres (voire les ailes si affinité). Un oiseau démocrate ! Et puis quoi encore ? Demain, ce sera le statut de Moudjahid qu’il réclameront ces emplumés !!!

C’est connu, un canard sevré est un canard mort. Et un canard mort, ça attire les charognards (Une espère d’oiseaux qui fera l’objet d’une autre chronique, ultérieurement, si mon réd’chef l’accepte). Car, le lait c’est sacré comme une vache en Inde. Oui, je sais, la nôtre s’appelle Sonatrach ou l’ANEP, c’est selon qu’on appartienne à l’une ou l’autre des races sus-citées. Ou pour les initiés enturbannés, c’est comme du foie d’Outarde, il faut en faire un usage parcimonieux. C’est fou ce que nos nuits sont longues. Et les gazelles ça passe l’ennui.

C’est connu, un oiseau, ça n’entre pas dans un bar. Sauf empaillé pour garnir le tableau de chasse des maîtres du coin. Alors, peut-il avoir une ardoise ? Impayée de surcroît ? Yes sir !

Faisant le beau dans sa cage mentale, un canard de la république passe son temps à louer les vertus du Roi et vomir ses décibels sur ses ennemis. Sauf que cela coûte de l’argent car, comme dit plus haut, un gosier ça s’entretient à coups de milliards. Et les couinements ça s’imprime, et ça se diffuse. On appelle ça du rayonnement culturel, Madame.

Puis, ça doit s’entretenir, faire des petits, se diversifier, ça fait des ristournes (des rétro-commissions, ça s’appelle, Messieurs). Ça paie son monde, quoi.

Mais un jour, je le redis, un canard ça paie ses dettes ! Ça cesse de faire le piaf devant son miroir et ça fait plouf dans la mare comme le fit jadis Narcisse dans son auto-érotisme démentiel. A cette époque-là, le miroir ça n’existait pas encore.

La Cour n’a plus le sou et ça compte ses dinars. Les greniers se vident et les pleureuses, diseuses de bonnes aventures, les « applaudisseurs », les amuseurs, les courtisanes devront rembourser les trop-perçus trop grassement payés. Et la Cour décide d’abattre sa basse cour. D’une pierre deux moineaux : ça fait des économies et ça promet des cuisses de dindes pour les soupers d’hiver.

Oui, la caille tout comme la canaille, ça finit dans la mare-mite, le cou rompu, la tête en bas et le cul en l’air. Finies les largesses puisque un canard ça ne comprend pas les secrets du retour sur investissement. Ça ne calme pas le grondement de la rue, ça ne défend pas l’honneur de la tribu, ça ne speak pas very well le langage diplomatique et, en plus, ça vole par-ci par-là. Et ça fait un boucan d’enfer lorsque ça bouffe. Purée ! Ce soir, donc, nous aurons des dindons farcis ! Les pauvres.

Le Roi vient donc d’instruire ses métayers et ses palefreniers de faire la battue et la chasse est ouverte. Les chiens sont lâchés et tous les coups sont permis, tir aux fesses, tirs aux flancs, tirs aux pigeons, à l’arbalète comme au RPG7. Mais gare au tirs ennemis. Et en pareille situation de capharnaüm aux relents de génocides ornithologieques, un canard ça laisse des plumes forcements.

Mais que la WWF (Oups ! Je voulais dire RSF) soit rassurée, un canard ça laisse des plumes certes, mais une plume ça écrit des livres, après la mort bien sur, et qui sait, ça devient même ministre et ça canarde énormément. Bonne nuit les tourtereaux et regardez sous votre plumard.

Abdenour BOUHIREB



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