Une main de l’étranger bien de chez-nous

Bururu n’en peut plus ! Il en a ras la crête qu’on convoque à chaque fois la main de l’étranger pour désigner le responsable d’une saloperie faite par tawa3na.

Dès que ça commence à frémir sous la croute, que ça se lézarde de partout, on crie au loup, enfin au loup étranger bien sûr, puisque les nôtres ont été bien domestiqués après avoir regagné la maison de l’obéissance du monarque.

Dans le présent propos, il ne s’agit pas de sa petite personne. Rien n’à déclarer madame la marquise puisque, comme vous le savez, Bururu en gallinacé des temps modernes, n’a pas de mains mais des ailes. En cela, il a la dextérité d’une oie mais ce n’est pas le propos. Il a une paire d’ailes au duvet satiné qui jamais ne feront misère à personne. De-là à le soupçonner de truanderie ou de quelque complot ourdi à l’encontre de l’unité nationale, c’est se mettre les cinq doigts de la main dans l’œil jusqu’à l’aisselle.

Yerna, pour pouvoir orchestrer tous ces malheurs sur notre chère patrie, une main, aussi étrangère soit-elle, ne suffirait nullement. Même toutes les mains de la mille-pattes ne sauraient provoquer tant de déconfiture multisectorielle. Un vrai carnage, a3aqqqq!

Pauvre main de l’étranger, elle a bon dos, vas ! On la charge de tous ces malheurs et elle, ni elle ne rouspète ni ne proteste. Une vraie main ferme.

Puis, aya chiche, qu’on l’attrape et qu’on la coupe et pis sitou. Qu’on en finisse bon sang avec cette main diabolique et baladeuse (pensez aux files d’attente…) qui se faufile, revoilà la mille-pattes, dans nos contrées pour y semer la zizanie et dézinguer nos acquis révolutionnaires pays rubis sur ongle.

Ainsi donc, en un tour de main, de manifs voulues pacifiques sont sabordées, des édifices publics incendiés, des symboles dégradés, des stabilités déracinées, etc.

Du haut de son perchoir virtuel, Bururu en appelle à la justice des hommes ongulés pour qu’elle ait la main lourde sur cette vilaine main de l’étranger. N’était-elle pas déjà impliquée dans le fameux meurtre camusien, souvenez-vous, en donnant un coup de main de maitre à un Mursaut délirant et aveuglé par le soleil divin ? Pour preuve, l’affaire portait le nom de l’étranger, de l’aveu de son auteur, non ? Ajoutez-y une main malheureuse et le dossier sera clos. A moins que ce soit, comme autrefois, la main de Dieu qui avait marqué par le biais d’un joueur mythomane un but mythique, quant à lui.

Ou, admirez la trouvaille, on accuse promptement cette main de l’étranger d’être derrière la raréfaction des produits alimentaires alors que le vrai coupable et qui est connu et reconnu de tous n’est autre que la main invisible du marché. C’est à celui-ci qu’il faut tordre la main. On les voit, par contre, ceux-là qui viennent devant les écrans de télé, la main sur le cœur (l’autre sur la panse), ou ce qu’il en reste, jurer par tous les saints qu’ils vont défendre la patrie blessée contre la convoitise de cette main de l’étranger. Mais comment feraient-ils quoi que ce soit eux dont le seul art abouti est celui de voter à main levée les oukases de leurs seigneurs.

Une main étrangère peut-elle pousser un peuple à se battre à mains nues contre la mitraille pour recouvrer ses droits et sa dignité que des mains de fer ont spoliés ? Non, cette main est bien de chez-nous, c’est celle qui met la main à la pâte pour bâtir un avenir meilleur et rester digne. Une main qui se portera jusqu’au collet de ceux qui l’ont longtemps châtiée pour se venger de tant de traitrise.

Bururu vous le dit franchement : Si vous n’aviez pas deux mains gauches à la place de la cervelle, vous n’auriez qu’à apposer une main de Fatma sur vos châteaux et vos forteresses pour éloigner le mauvais œil, car il ne vous reste que cette amulette pour sauver votre règne, bande de mollusques des haut-fonds.

Quant à nous autres, gens que vous avez déplumés depuis des lustres, nous vous tendons une main pas du tout amicale avec le majeur replié pour vous dire le secret de toute notre sympathie. Aya saha !

Abdenour BOUHIREB



La bipédie expliquée à ma chienne ! (*)

En voilà un titre qui est alléchant ou à lécher comme un os journalistique ou littéraire. Tout dépend de l’espèce de lecteur que vous êtes. Bon bref. Atan ihi, cette fois-ci je vais essayer d’expliquer à ma chienne, qui n’aime pas plus que ça mes textes contrairement aux bonbons que je lui lance, ce qu’est la bipédie. Un sujet qui m’a été révélé en marchant sous la neige bien que plusieurs fois abordé par d’autres personnes autrement plus érudites que moi, je le reconnais. Mais je pense qu’il n’a pas été pris par le bon bout du membre supérieur.

Car, en traversant le pont de la quadrupédie à la bipédie, l’homme a franchi un grand pas pour le règne animal bien que peu ou pas du tout apprécié à sa juste valeur marchande par l’humanité. Sur son chemin, il a aussi appris à diviser par deux réduisant ainsi le contact avec sa terre maternelle et aggravant par-là la pression qu’il exerce sur sa surface. Il parait que c’est comme ça qu’il veut marquer de son empreinte son passage, ce sale gosse de la création. Depuis, il s’est enlisé dans des « con-sidérations » philosophiques sans queue ni tête. Depuis, les chiens se mordent la queue et les hommes peinent à relever la tête après avoir perdu la leur de queue en gardant le sacrum bien en place.

Vous me direz qu’il a surtout su comment couper un cheveu en quatre ou un poil si vous voulez. Là aussi, tout dépend de quelle espèce nous parlons aussi. La preuve par neuf, comme dirait l’autre, il y a des humains qui recourent encore et bien allégrement à cette posture qui consiste à poser, en plus des deux plantes des pieds, les paumes des mains par terre pour former un quadripode humanoïde en quête de gratification tendue par un être bipède quant à lui et qui compte le rester par le truchement de son offrande ou de sa trique.

« Se mettre à quatre » comme on dit chez-nous, ce n’est pas former un quatuor pour les besoins d’un gala de charité, mais c’est revenir à une posture antérieure en mettant en relief son postérieur, l’échine courbée, la tête bien bas, pour plaire au mâle dominant, à celui qui tient le bâton ou la corne d’abondance. Il s’agit de rebrousser, à reculons forcément, les marches de l’évolution pour retrouver un âge mythique pour le primate que nous n’avions jamais du cesser d’être à bien des égards. Là je m’égare déjà. En arrière toutes!

Ma chienne, qui ne se met sur ses deux pattes que pour saisir au vol la friandise que je lui lance, affirme que l’homme, en changeant de posture a changé de nature. Elle ne m’explique pas davantage son hypothèse anthropologique. Mais je sens qu’elle a raison ! C’est comme lorsqu’elle aboie ou qu’elle boit le lait dans sa gamelle. je lui ai défendu de le prendre de la mamelle pour des raisons d’hygiène.

Quelle mouche a donc piqué amdan agi pour qu’il quitte sa station si naturelle pour se dresser fièrement sur ses pieds et aller de l’avant dans la savane originelle de l’histoire? Est-ce un défi contre son créateur, sa volonté freudienne de tuer son père comme Luc Sakywalker ou simplement pour prendre ses jambes à son cou et échapper temporairement à une mort certaine ?

Comme ma chienne, je présume que ce n’était pas pour saisir les fruits hauts perchés puisque un, c’est le fruit qui l’a éjecté du paradis et il en garde un bien mauvais souvenir. Deux, en simien agile comme l’étaient ses papis et ses mamies australopithèques, il pouvait sans gêne aller d’une branche à une autre et cueillir l’objet de son désir instinctif. Et comme un chat, il pourra toujours retomber sur ses pattes.

Donc, nous sommes toujours coincés dans cette mauvaise posture ! A moins que la religion vienne à notre rescousse et qu’elle décoince les articulations de notre homo-erectus pour qu’il puisse aligner un pas devant l’autre et marcher af yimanis.

En effet, si l’homme s’élance avec sa mégalomanie dans les airs, en roulant des mécaniques avant l’heure de la vapeur, scrutant l’horizon indépassable de sa bêtise foncière et contempler l’extension de son univers plein de conneries, c’est pour mieux se prosterner devant son créateur et louer sa grande miséricorde. Ce qui le prémunirait de la misère de l’ici-bas et de la corde raide ou du fil du rasoir de l’au-delà.

Tout en priant pour que cette explication soit la bonne, cette fois-ci, je dis à ma Rottweiler de seize mois que si l’homme persiste à vouloir changer de nature tous les quatre millions d’années, il ne fera pas de vieux os. C’est moi qui vous le dis.

Puis, nek je dois m’allonger un peu car me mettre debout longtemps me crée des varices et donne les jambes lourdes.

Au passage, veuillez noter que dans le mythe de la création, argaz était toujours debout même devant son khaliq contrairement à ses premiers pas sur terre!!!

(*) : Pour cause de neige, Bururu a migré sous des cieux plus cléments. Il m’a chargé de faire la chronique à sa place. Dont acte. Sahitu ihi.P/Bururu

Moi-même

Abdenour BOUHIREB



Aérodynamique ou ironie du sort ?

Maintenant qu’il neige sur les « murtafa3at, bi idni allah », que « ahl al mantiqa » se réjouissent de ne pas devoir travailler, il nous reste à implorer les forces occultes pour que naisse l’agriculture par auto-génération. Enfin, vous pouvez essayer la prière et l’incantation, voire même le sacrifice d’un beauf noir! Pas sûr que les cieux vous entendent dans le fracas des guerres saintes en cours en Orient.

Oui, car il y a un oui ! L’eau à elle seule ne suffit pas à faire pousser des patates et du blé. Même pas celles du Djurdjura et qui ne coule pas dans vos robinets à sec en décembre.

Bien sûr, il n’est pas dans le propos de Bururu, ici, de pousser à la révolution agraire. Nous ne sommes pas des fellahs tout de même ! Pas depuis l’ANSEJ, la CNAC et autre cartes de soutien du raïs.

Bururu veut juste attirer l’attention des gens malintentionnés qui roupillent sur les hauteurs des Ath Mezghena que pour irriguer des champs, il faut quatre conditions concomitantes : les champs (ok depuis 1962), l’eau (ok depuis peu), l’arroseur (pas ok depuis 1999) et l’arrosé (Re pas ok pour longtemps).

Donc, celui qui osera ouvrir encore sa grosse gueule de dindon pour crier en prédicateur du vendredi que la faim n’est pas à nos portes, Bururu lui arrachera les yeux et les lui cuisinera façon Hannibal Lecter pour en faire une grande zerda chez les ath bouchetrous (Merci Mohya).

Ihi, reste le potager sur les terrasses et les balcons, encore faudrait-il les avoir ces balcons vu le nombre de constructions inachevées dans nos hameaux oubliés du dieu de l’auto-construction, alias habitat rural.

Il parait que la disette pétrolière est passée par là pour faire les poches aux gouvernants. Ne le dites à personnes, aucun d’eux n’a perdu une dourro perforée. Ce sont les gouvernés qui y ont perdu et la bourse et la vie pour parler comme un brigand des grands chemins de l’autoroute est-ouest.

La grand-mère de Bururu, une belle et gracieuse perdrix aux yeux de biche avait coutume de dire, scrutant le ciel à la recherche d’une navette spatiale et spacieuse : «Temps avare de précipitation où le tonnerre grondait, deux ans durant goutte ne tombait »

C’était du temps où la nature et l’homme (dakaran kana aw ounta) ne faisaient qu’un. Du temps où célébrer les portes de l’an trois fois millénaire signait la fusion cosmique entre la terre et les êtres. Avant la transhumance des gnous, comme se plait à dire l’aigle des contreforts du Djurdjura.

Cette sagesse, nos demi-dieux l’essuient d’un kleenex made in bladi non recyclable pour cause de risque de maladie nosocomiale. Le kleenex finit dans l’oued Sébaou surnageant entre la vase et l’égout.

Mais, reconnaissons que si nous sommes gouvernés par des cigales, un constat que même Darwin ne saurait infirmer, on ne peut dire sans risque de passer pour un lémurien demeuré en mal de mutation pour se rapprocher de sa bonne femme, que dans la fourmilière il n’y a que des travailleuses aux mandibules laborieuses.

Car, la cigale ne rêve que de devenir un De la Fontaine, pas pour le théâtre ou la rime mais pour les nymphes qui y trépignent de la hanche. Alors que les fourmis n’attendent que la tombée de la nuit nucléaire pour prendre la place de la cigale et travestir tous autres insectes en nymphes pour les …

Donc, en tout plan (quinquennal), l’avenir est incertain, pense Bururu emmitouflé dans sa doudoune made in china achetée à El Hamiz. Aussitôt une voix d’Ennahar-offline rétorque vertement que non ! Que « sous la guidance éclairée de notre guide lumineux de type 100 watts, ce n’est pas la fin du Monde ». Oui monsieur, ce n’est pas la fin du monde, mais ça y ressemble un peu beaucoup. Scrutez les cieux, voilà que surgit à l’horizon le chevalier noir, sur sa Symbol de Tiaret, apportant famine et désolation sur vos paradis. (Dixit Abu Kalyps El Coni).

Pour revenir au sujet de la flotte qui viendrait à manquer, les oracles et autres Raspoutine bien attablés à Club des pins affirment qu’il suffit de recourir aux vapeurs de cuivre pour taquiner le pis des nuages ingrats. Car eux, la mamelle ça connait jusqu’à l’expertise. Dès qu’il s’agit d’aspirer, ils sont là volontaires et véhéments pour vue que ça suce !! Appareillons donc les cigognes grincheuses d’Air Couscous pour qu’elles puissent vrombir comme des pet-feux parmi les nuées blanches et lâcher leur cargaison vaporeuse et forcer la pluie à tomber. Prions juste qu’ils ne se trompent pas de pays car ces salauds peuvent le faire au-dessus du Maroc ou pire, sur la méditerranée vu leur sens de l’ »Orient »-ation aiguisé, ils en sont capables les emplumés.

Il nous reste à recycler les eaux usées, lancent les écolos. Encore faudrait-il les canaliser et implanter des stations d’épurations. Puis, trouver des gens acceptant d’y travailler car avec la bigoterie ambiante et remboursée par la CNAS, personne ne veut se coltiner ses repères de djinns et de Lucifer en mal d’incarnation. Oups ! Mur en vue.

Une dernière solution qui rejoint le début de cette mascarade, abolir l’agriculture et retomber avec aisance et délectation dans l’ère de l’homme chasseur cueilleur ou prier pour le renchérissement du prix du pétrole. Oui, prions puis rions !!! Bururu frétille déjà rien qu’à l’idée de faire ses ablutions et courber l’échine dans la grande mosquée d’Alger.

Mais, car ici aussi il y a un mais gros que le fémur d’un iguanodon kabyle, qui peut assurer le résultat des prières à but pétrolifère ? Personne ! Même pas les fins limiers de la bande des 007. Un peuple qui a été tour à tour crypto-maoïste, puis pur-sang arabe, puis spécifiquement socialiste, puis bazariste, puis islamiste hirsute, puis militaro-patriote, puis affairiste n’est jamais digne de confiance. Plus encore lorsqu’il prie, qui sait ce qu’il marmonnera à l’insu de l’imam soucieux et des microphones à guidage parabolique ? Ah s’il suffisait d’organiser une élection !! Bururu voiet d’ici les résultats anticipés : « L’OPEP est réélue au cinquième mandat avec un taux de 99%. »

Bururu ne s’avoue pas vaincu pour autant ! Il a une idée géniale : Créons un super ministère du culte, des incultes et de l’agriculture et confions-le aux habous et aux waqf qui détiennent déjà le parc agricole le plus vaste du pays, une aura internationale et des affidés de tout QI. Bururu anticipe sur les jérémiades des marxistes survivants : Aucun risque de retomber dans la féodalité et le servage des domaines seigneuriaux, nous y sommes déjà depuis des décennies. Et comme dirait Brassens, des gens s’emmerdent sans s’en apercevoir.

Ultime solution au cas où : il reste à greffer des thylakoïdes (pochettes de chlorophylle) sur nos peaux pour faire de la photosynthèse. Nous avons un immense potentiel solaire, pourquoi le gâcher dans l’industrie photovoltaïque. Sonelgaz n’a pas que ça à faire tout de même.

Donc, créons l’algerianicus photosensbilis, un organisme bio-illogiquement modifié capable de fabriquer sa subsistance par lui-même grâce au soleil et à la terre. Mais pour ça, il faut devoir faire de la science dans les universités. Ce qui n’est pas sûr puis que n’est pas chercheur qui veut ! Mis à part le cas du pharmacien RHB et de Belahmer l’exorciste, très peu documentés, l’Algérie manque cruellement de scientifiques.

Une dernière question qui turlupine la caboche de Bururu et tarabuste sa cervelle de moineau : Pourquoi un gâteau tombe toujours sur le côté qui a la crème ? Aérodynamique ou ironie du sort ? Là est la vraie question, comme dirait l’autre.

Abdenour BOUHIREB



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