Aérodynamique ou ironie du sort ?

Maintenant qu’il neige sur les « murtafa3at, bi idni allah », que « ahl al mantiqa » se réjouissent de ne pas devoir travailler, il nous reste à implorer les forces occultes pour que naisse l’agriculture par auto-génération. Enfin, vous pouvez essayer la prière et l’incantation, voire même le sacrifice d’un beauf noir! Pas sûr que les cieux vous entendent dans le fracas des guerres saintes en cours en Orient.

Oui, car il y a un oui ! L’eau à elle seule ne suffit pas à faire pousser des patates et du blé. Même pas celles du Djurdjura et qui ne coule pas dans vos robinets à sec en décembre.

Bien sûr, il n’est pas dans le propos de Bururu, ici, de pousser à la révolution agraire. Nous ne sommes pas des fellahs tout de même ! Pas depuis l’ANSEJ, la CNAC et autre cartes de soutien du raïs.

Bururu veut juste attirer l’attention des gens malintentionnés qui roupillent sur les hauteurs des Ath Mezghena que pour irriguer des champs, il faut quatre conditions concomitantes : les champs (ok depuis 1962), l’eau (ok depuis peu), l’arroseur (pas ok depuis 1999) et l’arrosé (Re pas ok pour longtemps).

Donc, celui qui osera ouvrir encore sa grosse gueule de dindon pour crier en prédicateur du vendredi que la faim n’est pas à nos portes, Bururu lui arrachera les yeux et les lui cuisinera façon Hannibal Lecter pour en faire une grande zerda chez les ath bouchetrous (Merci Mohya).

Ihi, reste le potager sur les terrasses et les balcons, encore faudrait-il les avoir ces balcons vu le nombre de constructions inachevées dans nos hameaux oubliés du dieu de l’auto-construction, alias habitat rural.

Il parait que la disette pétrolière est passée par là pour faire les poches aux gouvernants. Ne le dites à personnes, aucun d’eux n’a perdu une dourro perforée. Ce sont les gouvernés qui y ont perdu et la bourse et la vie pour parler comme un brigand des grands chemins de l’autoroute est-ouest.

La grand-mère de Bururu, une belle et gracieuse perdrix aux yeux de biche avait coutume de dire, scrutant le ciel à la recherche d’une navette spatiale et spacieuse : «Temps avare de précipitation où le tonnerre grondait, deux ans durant goutte ne tombait »

C’était du temps où la nature et l’homme (dakaran kana aw ounta) ne faisaient qu’un. Du temps où célébrer les portes de l’an trois fois millénaire signait la fusion cosmique entre la terre et les êtres. Avant la transhumance des gnous, comme se plait à dire l’aigle des contreforts du Djurdjura.

Cette sagesse, nos demi-dieux l’essuient d’un kleenex made in bladi non recyclable pour cause de risque de maladie nosocomiale. Le kleenex finit dans l’oued Sébaou surnageant entre la vase et l’égout.

Mais, reconnaissons que si nous sommes gouvernés par des cigales, un constat que même Darwin ne saurait infirmer, on ne peut dire sans risque de passer pour un lémurien demeuré en mal de mutation pour se rapprocher de sa bonne femme, que dans la fourmilière il n’y a que des travailleuses aux mandibules laborieuses.

Car, la cigale ne rêve que de devenir un De la Fontaine, pas pour le théâtre ou la rime mais pour les nymphes qui y trépignent de la hanche. Alors que les fourmis n’attendent que la tombée de la nuit nucléaire pour prendre la place de la cigale et travestir tous autres insectes en nymphes pour les …

Donc, en tout plan (quinquennal), l’avenir est incertain, pense Bururu emmitouflé dans sa doudoune made in china achetée à El Hamiz. Aussitôt une voix d’Ennahar-offline rétorque vertement que non ! Que « sous la guidance éclairée de notre guide lumineux de type 100 watts, ce n’est pas la fin du Monde ». Oui monsieur, ce n’est pas la fin du monde, mais ça y ressemble un peu beaucoup. Scrutez les cieux, voilà que surgit à l’horizon le chevalier noir, sur sa Symbol de Tiaret, apportant famine et désolation sur vos paradis. (Dixit Abu Kalyps El Coni).

Pour revenir au sujet de la flotte qui viendrait à manquer, les oracles et autres Raspoutine bien attablés à Club des pins affirment qu’il suffit de recourir aux vapeurs de cuivre pour taquiner le pis des nuages ingrats. Car eux, la mamelle ça connait jusqu’à l’expertise. Dès qu’il s’agit d’aspirer, ils sont là volontaires et véhéments pour vue que ça suce !! Appareillons donc les cigognes grincheuses d’Air Couscous pour qu’elles puissent vrombir comme des pet-feux parmi les nuées blanches et lâcher leur cargaison vaporeuse et forcer la pluie à tomber. Prions juste qu’ils ne se trompent pas de pays car ces salauds peuvent le faire au-dessus du Maroc ou pire, sur la méditerranée vu leur sens de l’ »Orient »-ation aiguisé, ils en sont capables les emplumés.

Il nous reste à recycler les eaux usées, lancent les écolos. Encore faudrait-il les canaliser et implanter des stations d’épurations. Puis, trouver des gens acceptant d’y travailler car avec la bigoterie ambiante et remboursée par la CNAS, personne ne veut se coltiner ses repères de djinns et de Lucifer en mal d’incarnation. Oups ! Mur en vue.

Une dernière solution qui rejoint le début de cette mascarade, abolir l’agriculture et retomber avec aisance et délectation dans l’ère de l’homme chasseur cueilleur ou prier pour le renchérissement du prix du pétrole. Oui, prions puis rions !!! Bururu frétille déjà rien qu’à l’idée de faire ses ablutions et courber l’échine dans la grande mosquée d’Alger.

Mais, car ici aussi il y a un mais gros que le fémur d’un iguanodon kabyle, qui peut assurer le résultat des prières à but pétrolifère ? Personne ! Même pas les fins limiers de la bande des 007. Un peuple qui a été tour à tour crypto-maoïste, puis pur-sang arabe, puis spécifiquement socialiste, puis bazariste, puis islamiste hirsute, puis militaro-patriote, puis affairiste n’est jamais digne de confiance. Plus encore lorsqu’il prie, qui sait ce qu’il marmonnera à l’insu de l’imam soucieux et des microphones à guidage parabolique ? Ah s’il suffisait d’organiser une élection !! Bururu voiet d’ici les résultats anticipés : « L’OPEP est réélue au cinquième mandat avec un taux de 99%. »

Bururu ne s’avoue pas vaincu pour autant ! Il a une idée géniale : Créons un super ministère du culte, des incultes et de l’agriculture et confions-le aux habous et aux waqf qui détiennent déjà le parc agricole le plus vaste du pays, une aura internationale et des affidés de tout QI. Bururu anticipe sur les jérémiades des marxistes survivants : Aucun risque de retomber dans la féodalité et le servage des domaines seigneuriaux, nous y sommes déjà depuis des décennies. Et comme dirait Brassens, des gens s’emmerdent sans s’en apercevoir.

Ultime solution au cas où : il reste à greffer des thylakoïdes (pochettes de chlorophylle) sur nos peaux pour faire de la photosynthèse. Nous avons un immense potentiel solaire, pourquoi le gâcher dans l’industrie photovoltaïque. Sonelgaz n’a pas que ça à faire tout de même.

Donc, créons l’algerianicus photosensbilis, un organisme bio-illogiquement modifié capable de fabriquer sa subsistance par lui-même grâce au soleil et à la terre. Mais pour ça, il faut devoir faire de la science dans les universités. Ce qui n’est pas sûr puis que n’est pas chercheur qui veut ! Mis à part le cas du pharmacien RHB et de Belahmer l’exorciste, très peu documentés, l’Algérie manque cruellement de scientifiques.

Une dernière question qui turlupine la caboche de Bururu et tarabuste sa cervelle de moineau : Pourquoi un gâteau tombe toujours sur le côté qui a la crème ? Aérodynamique ou ironie du sort ? Là est la vraie question, comme dirait l’autre.

Abdenour BOUHIREB



Laisser un commentaire

Le parloir de l'Impératrice |
mandarines |
actionsplessisbouchard |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | KOI DE 9 ?
| CGT ICTAM de l'OPH 93
| lephotovoltaique