La bipédie expliquée à ma chienne ! (*)

En voilà un titre qui est alléchant ou à lécher comme un os journalistique ou littéraire. Tout dépend de l’espèce de lecteur que vous êtes. Bon bref. Atan ihi, cette fois-ci je vais essayer d’expliquer à ma chienne, qui n’aime pas plus que ça mes textes contrairement aux bonbons que je lui lance, ce qu’est la bipédie. Un sujet qui m’a été révélé en marchant sous la neige bien que plusieurs fois abordé par d’autres personnes autrement plus érudites que moi, je le reconnais. Mais je pense qu’il n’a pas été pris par le bon bout du membre supérieur.

Car, en traversant le pont de la quadrupédie à la bipédie, l’homme a franchi un grand pas pour le règne animal bien que peu ou pas du tout apprécié à sa juste valeur marchande par l’humanité. Sur son chemin, il a aussi appris à diviser par deux réduisant ainsi le contact avec sa terre maternelle et aggravant par-là la pression qu’il exerce sur sa surface. Il parait que c’est comme ça qu’il veut marquer de son empreinte son passage, ce sale gosse de la création. Depuis, il s’est enlisé dans des « con-sidérations » philosophiques sans queue ni tête. Depuis, les chiens se mordent la queue et les hommes peinent à relever la tête après avoir perdu la leur de queue en gardant le sacrum bien en place.

Vous me direz qu’il a surtout su comment couper un cheveu en quatre ou un poil si vous voulez. Là aussi, tout dépend de quelle espèce nous parlons aussi. La preuve par neuf, comme dirait l’autre, il y a des humains qui recourent encore et bien allégrement à cette posture qui consiste à poser, en plus des deux plantes des pieds, les paumes des mains par terre pour former un quadripode humanoïde en quête de gratification tendue par un être bipède quant à lui et qui compte le rester par le truchement de son offrande ou de sa trique.

« Se mettre à quatre » comme on dit chez-nous, ce n’est pas former un quatuor pour les besoins d’un gala de charité, mais c’est revenir à une posture antérieure en mettant en relief son postérieur, l’échine courbée, la tête bien bas, pour plaire au mâle dominant, à celui qui tient le bâton ou la corne d’abondance. Il s’agit de rebrousser, à reculons forcément, les marches de l’évolution pour retrouver un âge mythique pour le primate que nous n’avions jamais du cesser d’être à bien des égards. Là je m’égare déjà. En arrière toutes!

Ma chienne, qui ne se met sur ses deux pattes que pour saisir au vol la friandise que je lui lance, affirme que l’homme, en changeant de posture a changé de nature. Elle ne m’explique pas davantage son hypothèse anthropologique. Mais je sens qu’elle a raison ! C’est comme lorsqu’elle aboie ou qu’elle boit le lait dans sa gamelle. je lui ai défendu de le prendre de la mamelle pour des raisons d’hygiène.

Quelle mouche a donc piqué amdan agi pour qu’il quitte sa station si naturelle pour se dresser fièrement sur ses pieds et aller de l’avant dans la savane originelle de l’histoire? Est-ce un défi contre son créateur, sa volonté freudienne de tuer son père comme Luc Sakywalker ou simplement pour prendre ses jambes à son cou et échapper temporairement à une mort certaine ?

Comme ma chienne, je présume que ce n’était pas pour saisir les fruits hauts perchés puisque un, c’est le fruit qui l’a éjecté du paradis et il en garde un bien mauvais souvenir. Deux, en simien agile comme l’étaient ses papis et ses mamies australopithèques, il pouvait sans gêne aller d’une branche à une autre et cueillir l’objet de son désir instinctif. Et comme un chat, il pourra toujours retomber sur ses pattes.

Donc, nous sommes toujours coincés dans cette mauvaise posture ! A moins que la religion vienne à notre rescousse et qu’elle décoince les articulations de notre homo-erectus pour qu’il puisse aligner un pas devant l’autre et marcher af yimanis.

En effet, si l’homme s’élance avec sa mégalomanie dans les airs, en roulant des mécaniques avant l’heure de la vapeur, scrutant l’horizon indépassable de sa bêtise foncière et contempler l’extension de son univers plein de conneries, c’est pour mieux se prosterner devant son créateur et louer sa grande miséricorde. Ce qui le prémunirait de la misère de l’ici-bas et de la corde raide ou du fil du rasoir de l’au-delà.

Tout en priant pour que cette explication soit la bonne, cette fois-ci, je dis à ma Rottweiler de seize mois que si l’homme persiste à vouloir changer de nature tous les quatre millions d’années, il ne fera pas de vieux os. C’est moi qui vous le dis.

Puis, nek je dois m’allonger un peu car me mettre debout longtemps me crée des varices et donne les jambes lourdes.

Au passage, veuillez noter que dans le mythe de la création, argaz était toujours debout même devant son khaliq contrairement à ses premiers pas sur terre!!!

(*) : Pour cause de neige, Bururu a migré sous des cieux plus cléments. Il m’a chargé de faire la chronique à sa place. Dont acte. Sahitu ihi.P/Bururu

Moi-même

Abdenour BOUHIREB



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