Le bœuf qui vole un œuf

A la fin de chacun de ses cours de théologie appliquée, Bururu le pas du tout saint, se sent tout remué et encombré de questionnements tenaces. Ainsi, lorsque tout le monde voit midi à sa porte, à l’heure de la sustentation gastro-spirituelle du vendredi, notre oiseau méditatif finit dans le désespoir le plus obtus, échouant sur un récif, loin de toute vérité vraie.

Les yeux engloutis dans un brouillard mystique, il se gratte la tête (juste une image puisqu’il n’a pas de doigts !) en se disant que ce sera pour la prochaine fois, la fameuse lampe qui s’illumine comme par magie noire. Yerna sans devoir un dinar à la Sonelgaz du coin.

Depuis qu’il était tout petit, car même le grand Bururu a comme vous tous était petit dans sa tendre enfance, il se voyait sommé de chercher la vérité partout: dans le battement d’une hirondelle qui déguerpit vite d’un pays ou le printemps est haram, dans le croassement d’un batracien volage, dans le sifflement d’une vipère qui a perdu sa langue maternelle, dans les cheveux ébouriffés d’une chauvesouris qui, contrairement aux apparences, ne sourit jamais aux étrangers mais porte la grimace comme on porte le deuil du temps qui fuit, ou, surtout, dans la sculpture d’une déesse sans nom ni mari dans le pays où les vertus sont des affaires publiques. C’est-à-dire des éleveurs de moustaches.

Oui, il aurait été plus simple pour lui d’aller consulter le gourou du coin, car lui a réponse à tout : de la femme sans prostate au twist de la terre qui danse au rythme des mini-jupes par temps de colères divines.

Sinon, il y a aussi Wikipédia et sa base de connaissances gratuite sans sucre ajouté. Mais bon. Bururu aime le contact direct avec son maitre. Il a le sens absolu du relativisme scientifique et aime s’appuyer sur la canne tordue de l’empirisme anthropologique pour s’abreuver à la source du savoir ésotérique.

Revenons à nos moutons ! Donc, Bururu qui fut œuf avant de devenir poussin par la magie de l’éclosion néo-natale, avait une peur bleue-nuit (forcément pour un oiseau nocturne. Et la prochaine fois ce sera une couleur métallisée) de se voir chapardé dans sa coquille sans blindage par une main habile et invisible. Une main ayant eu son doctorat 3e cycle dans l’art du rapt qu’elle finira par voler un bœuf comme le dit l’adage. Simple loi prédictive de la sagesse démocratique et populaire et selon quoi on peut passer de l’un à l’autre en toute impunité et en gravissant à rebours les marches de body-building.

En effet, comment subtiliser un œuf depuis le cocon familial pour, aussitôt, soulever un bœuf d’une demie-tonne, sans forcément passer par des années lumières d’apprentissage haltérophile et sans risque de briser la nuque à la grammaire avant la fin de sa phrase ? Pas possible même chez Alice au pays des merveilles où les anabolisants sont remboursés par la sécurité sociale.

Donc, par induction khoroto-magnétique, on peut théoriser qu’en caressant dans le sens du poil ou de la plume la volonté de puissance chère à tous les pickpockets en culottes courtes, on fera le lit des futurs champions du culturisme. Alors que pour maintenir l’œuf dans le nid douillet des lendemains qui chantent et tapent des mains, nous nous devons de nous appuyer sur les vertus inhibitrices et préventives de la morale bidouillée en antivol à large consommation. Ça c’est bien mon fils !

Ainsi, on peut sauver le bœuf de la grillade post-mortem et empêcher les futurs Bururus d’être tués dans l’œuf.

Mais, malgré toutes nos prévenances et les caméras de surveillances pour barrer la route aux Raptors à cornes des temps modernes, peut-on empêcher un bœuf de voler un œuf ? Comme ça nous fermerons le triangle des Bermudes illogiques. C’est vrai que la nature évolutionniste, qui est dans un état stationnaire aux soins intensifs, a anticipé sur ces problématiques citoyennes en privant les bovins d’un pousse préhenseur et en les dotant d’un sabot bi-angulé, juste bon à s’enfoncer dans la vase des casse-têtes offshore.

Mais c’est sans considérer que nous sommes dans l’ère de la prothèse bionique qui, un jour ou une nuit, finira par greffer une main baladeuse sur la cuisse ou le jarret d’un bœuf lorgnant le cul d’une poule pondeuse de miracles. Et ce sera pire si le veau à éclore (c’est illogique mais bon !) était en or ou même en métal recyclable.

Alors, qui des deux, la nature ou la science, est à condamner ? La question reste posée comme dit la voix-off de l’ENTV. Sinon, adressez vos commentaires anonymes (bande de lâches) au mufti de la république platonique et virtuelle et n’oubliez pas mes vins en pot puisque les pots-de-vins sont proscrits par la morale (la formule est d’une amie Faceboukienne)! A table…

Abdenour BOUHIREB



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