Le poison d’Avril m’a tué de rire !

Par solidarité animalière, Bururu voulait faire grève en ce jour béni de la bêtise. Bururu n’aime pas les faux-plafonds, ça l’empêche de voler haut et obture son horizon. Il n’aime pas les faux-procès non plus, et à forte raison lorsque la raison n’est pas aux commandes de l’instruction, de l’audition ni des plaidoiries.

Comment se fait-il que dans la complaisance, voire la complicité générale, l’homme s’en trouve encore à sortir son déguisement de farceur, chaque 1er avril, pour faire des blagues à tour de bras et désigner le poisson comme victime expiatoire ou coupable « con-sentant » le pourri? Le tout dans l’hilarité la plus abjecte des pinces sans rire de bas étage, au Rez-de-chaussée tournez à gauche.

Il oublie trop vite qu’aucun animal n’est assez diplômé pour faire rire ou se rire des autres autant que l’est l’homme, ce bipède souvent bipolaire qui nourrit sa névrose comme on nourrit des poissons d’aquarium qui ne demandent qu’à mordre le large à pleines brassées lorsqu’ils ne se jettent pas comme des hyènes sur le premier hameçon qui leur descend du ciel. Bien plus, l’animal n’a, jusque-là, jamais été confondu pour connerie antinationale, attitude félonne ou inintelligence avec l’ennemi. Bien plus, l’animal ne connait ni n’use d’humiliation face à son prochain. Il le mange cru daya! Car chez ces gens-là, la faim justifie les moyens (et les plus gros aussi).

Bururu pense, avant d’avoir pris son café matinal qui clôt une nuit de dur labeur, que débuter le mois d’avril par des farces à tout-va est un non-sens ou du moins un euphémisme philosophique, signe d’une crétinisation avancée du cortex cérébral (revoici le poisson qui pourrit par la tête). Car le monde est une plaisanterie (comédie) pour ceux qui pensent, pour paraphraser le Poète-Dieu Horace.

Rappelons-nous qu’après avoir découvert que la terre était bleue comme une orange et que la sémantique de la vie était le pire ennemi du bon sens, les penseurs de l’Absurde n’ont pu défricher, face aux mauvaise herbes urticantes de la morale religieuse, que deux sentiers périlleux : Le suicide ou la révolte. Et tout le reste n’est que littérature. Ce qui a donné Kafka, Orwell, Don Quichotte et le brave soldat Chveik, héros malgré lui du roman de Jaroslav Hasek.

Et dans cette alternative cornélienne et par lâcheté, il y a parmi les hommes qui choisissent la révolte, puisque dans tous les cas de figure, la mort viendra nous signer des autographes et nous prendre en selfy sans images, sans prévenir ni nous adresser de faire-part par « poste restante ». Et comme le dit si bien la chanson : « Quitte à vivre en hauteur, c’est mieux que de se pendre! »

Mais au fait, Bururu ayant pris son café sans sucre, il avoue qu’il se pourrait que cette troisième voie soit celle du salut ! Car, reconnaissons-le, face à l’absurdité crasse de notre existence de fourmis indociles dans le grand cirque divin, il ne nous reste que les farces et la connerie, qui soit dit en passant est le repos de l’intelligence, pour apaiser notre incapacité à nous délivrer de notre triste sort ni à briser les chaines satellitaires de nos destins mal orthographiés avec une plume d’oie abattue en plein vol.

Donc, pour renouer les fils décousus main de notre poisson d’avril, Bururu pense que le rire est si précieux qu’il faudrait l’utiliser à des doses homéopathiques sans abus ni débauche.

Car, tout compte fait, le rire sous sa forme liquide est l’élixir de vie qui maintient l’esprit humain vivace comme une plante rafraichie par la rosée matinale. Une seule goutte devrait suffire pour vous dérider le front et entrebâiller le parachute de votre esprit fermé. Agitez avant usage et surtout le mettre à la portée des enfants qui sommeille en chacun de nous.

N’oublions jamais que toutes les liqueurs ne font pas le même effet même mises dans la bouche d’hommes illustres et versées dans les calices les plus splendides! Rappelons nous que la connerie broussailleuse et obtuse des cerveaux fermés à double tour avait fait passer Socrate de vie à trépas pas une minuscule giclée de ciguë …et de poisson à poison il n’y a qu’un esse (S) égaré dans les sentiers de la bêtise.

Il reste à bien cibler les plaies de l’humanité et à y appuyer fort pour que l’homme se réveille de sa torpeur spirituelle et se décide enfin à affronter ses démons le sourire en coin. MDR.

Abdenour BOUHIREB



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