Chassez le culturel, il ne reviendra plus jamais !

Les idées se bousculent et ne se ressemblent pas sous la caboche de Bururu. On dirait que les parois de son crâne d’oiseau, rasé de l’intérieur, sont si polies que rien ne s’y accroche. Des méninges de faïence ibérique (Ah ces Espagnoles, nous y reviendrons), des fois qu’il se dit avoir, Bururu.

Il se demande s’il doit continuer à enquiquiner les mouches sous ces latitudes sous-peuplées ou va-t-il déménager, armes et bagages, vers des soucieux plus fournis en vrombissements d’ailes et roucoulements de becs. Car, le caquetage c’est son dada et du haut de la branche où il crèche, et qu’il s’apprête à scier incessamment sous peu, il reste sidéré par l’étendue du désert sonore qui l’entoure. Il se dit « à quoi bon ? ».

Oui, Bururu qui n’a pas sa langue dans sa poche, puisqu’il n’a pas de poche açlan !, depuis qu’il a pris goût à sa condition d’oiseau objecteur des consciences et persifleur des emplumés de tout poil, il se rend à l’évidence que tout ça ne rimait à rien. C’est inopérant pour parler comme un livre de psycho.

Ses jacqueries chrypto-satiriques hebdomadaires, à part nourrir son nombrilisme primaire, ne font pas avancer le schmilblick pour parler en parfait colonisé. Pourtant, ça a une forme d’œuf comme dirait l’autre !

Les disciples d’Euclide objecteront qu’un œuf ça ne roule pas et ils ont raison ! Un œuf ça se mange dur ou au plat, ou ça tangue sur la table et se casse la gueule en bas de l’échelle des valeurs. Or, la meilleure place d’un œuf c’est sous le cul maternel (ou paternel dans le cas des oiseaux ratites et des hippocampes). Quoi que dans le dernier cas, il ne s’agit pas d’oiseaux mais de chevaux de mer minuscules et indomptables bien que leur air penaud donne d’eux une image de faux crétinisme aquatique. De vrais mustangs (Amérique en vue, capitaine!).

Mais bouffer des formes géométriques au diner ne vous dispense pas de devoir réfléchir à nos responsabilités en tant que producteurs et consommateurs de civilisations, de normes et de valeurs et dont ne nous exempte pas notre condition de sales bêtes parlantes et bouffeuses de mayonnaises idéologiques fétides et pleines de larves haineuses.

Pas si vite ! L’universel et le singulier sont les deux faces de la même médaille d’or des jeux olympiques de la diversité humaine. Car, le gagnant c’est toujours Bunadem! Et c’est de cela qu’il s’agira dans ces lignes à l’avenir. L’universel est la matrice que fécond le particulier pour mettre au monde le vivant culturel. Et nul n’est meilleur gynéco sur les grossesses des autres, alors rangez vos scalpels.

On examinera l’invention de la roue dans une toute prochaine publication pour clouer le bec une dernière fois à ceux qui croient rouler sous l’or en ayant mis des rondins de bois à leurs Cadillac à bœufs.

A chacun sa poule aux œufs d’or : Et la nôtre de poule dort sur ses deux oreilles depuis les premières conquêtes phéniciennes sous des tonnes d’autodafés et de hara-kiri culturels mais salvateurs. On laisse passer la vague … conquérante et on recommence.

Les civilisations précolombiennes ont bel et bien existé sans avoir, un jour, fait tourné la moindre roue de brouette sur leurs sentiers solaires et multimillénaires. Bien sûr, pour certaines d’entre elles, les aztèques, la roue de l’histoire a cessé promptement de tourner, à l’aube de la modernité occidentale, les éjectant en centrifugeuse, de l’ère humaine tout court. Aujourd’hui, ne voilà-t-il pas que ce peuple effacé par l’irrationnel et l’irascible hanter les remords et les cauchemars de ceux qui, le lampion à la main, avaient éteint toute lumière dans les yeux de l’humanité, obnubilés qu’ils étaient de leur Unique-Dieu-vérité ? Ewet tura ihi.

Les conquistadors, dans cette histoire génocidaire, avaient joué le rôle de la main du destin, tenant sans ciller le glaive de la faucheuse rédemptrice, mais bon ! C’est toujours de la faute du plus faible qui adore, sans raison, mourir avant la fin du film.

Voilà, en un mot comme en mille, Bururu croit dur comme fer forgé à la flamme de géhenne que le choc des civilisations avait commencé bien avant Samuel Huntington. Les autochtones du « nouveau monde » se sont fait livrer de la pizza sanguinolente et empoisonnée sans l’avoir jamais commandée sur EBay ou Amazon aux Espagnoles. Résultat des courses, une civilisation riche mais étrange à nos yeux formatés qui disparait et une autre belliqueuse, suffisante et aveuglée de sa sainteté qui dort (comme notre poule) sur un charnier géant.

Finalement, comment ne pas se caresser le nombril même pour un oiseau en souriant à demi, en admirant la persistance de notre poule pondeuse de miracles depuis 25 siècles qui ne s’est pas effacée ni n’a un jour baissé les yeux devant aucun Raptor venu au-delà de l’horizon bouffer nos livres et nos rites, nos chants et nos prières, nos rêves et nos mirages…

Notre poule aux œufs d’or est une perdrix qui a su en plein vol déjouer tous les missiles sol-air lancés par les « peuples frères » au nom de leur humanisme de niveleuses. Offrant le sein et non le front à toutes les conquêtes « civilisatrices ».

Il faut classer les civilisations et les cultures au registre des espèces en voie de disparition. Car après elles c’est le déluge de la connerie…

Abdenour BOUHIREB



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