La semaine des deux vendredis

D’abord, Bururu tient à vos informer qu’il a rouvert son échoppe offshore Facebook pour la énième fois. Question à deux capsules jetables: Combien de fois cette boutique a-t-elle été fermée ? Simple logique symétrique pour les céphalopodes porteurs de monocle: n fois.

C’est comme le jour et la nuit ou ça y ressemble. Sauf si la fin du monde tombait, comme ne l’avait pas prévu « Votrestradamus », un vendredi. Le cas échéant, le côté sombre de l’univers sera déclaré vainqueur aux points puisqu’après ce sera le grand chaos et que dans le vendredi il y a déjà deux nuits. C’est aussi comme la feuille qui a toujours deux pages. Partant de cet exemple, on peut aisément démontrer, au risquer de se voir balancer au bout de la potence comme le pantin d’un jeu de marionnettes divin, que le week-end venant en conséquence aura, lui, deux vendredis : l’un étant celui positionné au 6ème jour de la recréation et succédant au jeudi de l’angoisse, l’autre, deuxième du nom, sera l’image clonée du premier et sa parfaite réplique muette comme aux balbutiements du cinéma en bichromie. Bref !
Au fait, entre deux rasades d’eau citronnée et siphonnée en toute hâte, Bururu revenant du marché qui, lui, se tient un mercredi, s’est perdu en conjectures devant les stands achalandés de victuailles et les rictus cupides des trafiquants de fruits et légumes! Un sourire carnassier que semble ne pas pouvoir dissimuler la bonhomie affichée en feuille de vigne à l’adresse du dindon acheteur ainsi racolé par tant de fruits (qui) en disent long sur leur qualité. Ne voilà-t-il pas que notre Bururu national (fédéral, autonome ou séparatiste, c’est à la tête du client) se laisse aller à la rêverie, folâtrant entre la carotte de la belle aubergine et le bâton ferme des haricots raids morts et dont le prix est trop bas pour être honnête.
Il se voit déjà traverser la nuit en compagnie d’un meulon affreux d’Isiac (Isiac étant, pour les besoins de la rédaction, un des pays frontaliers du Marmuristan non encore répertorié dans l’Atlas de la connerie) comme se baignant dans la chutes des Viag-ara à la recherche du paradis perdu au milieu de nulle part. Ile de salut à 15000 kms, tournez à gauche du droit chemin. Vous y êtes !
Mais, un bon fruit juteux et succulent n’est pas forcément beau. Il trahit les goûts inesthétiques de la nature et son penchant immodéré pour les farces gastronomiques. Pour preuve, regardez nos demi-dieux, ils ne sont ni l’un ni l’autre, bien au contraire. Et la nature n’y peut rien, hélas!
Donc, on disait que cette cucurbitacée anémique rafraîchit l’esprit engourdi par l’attente du miracle érectile qui n’est ni figue ni raisin, autant qu’il donne deux « L » pour une limace qui se rêve rugbyman à fond sur la pelouse verte. Pour rester dans le registre de l’opulence, Bururu, revenant d’une escapade un mardi, car c’est permis, il s’est dit que cueillir des mûres en pleine canicule était un problème très épineux dans ce bled…. Et à minuit, tous les fruits sont gris. Alors, sourit qui peut et vas y retrouver un chat perdu parmi ces ronces touffues. Avouez qu’il y a de quoi y renoncer.
Et au rythme où vont les choses, assurément, l’été sera marmuristanesque ou ne sera pas. Comme il est déjà à un tiers consommé, comme l’est tout aussi cette chronique où nous sommes déjà le lundi dans une éphéméride à rebours, ne reste qu’à vous emballer les restes du repas pour les finir dans la fraicheur inespérée d’un bosquet ombragé sous la moustache hirsute et miraculée d’un chêne-liège siège d’un délice sans chaines.
Ah, pour épuiser notre hotte, disons franchement qu’aller, un dimanche, à la conquête du soleil comme le désire la nation du Marmuristan n’est pas chose aisée. Ce n’est pas parce que la planète Terre est ménopausée d’avoir trop porté les rejetons de l’homo inconsécus, qu’il faille croute que croute envahir la première étoile à portée de catapulte cosmique.
Mais bon. D’accord pour faire mieux que les yankees de l’oncle Sam et aller au-delà de la figure blême de la Lune. On y va la nuit pour éviter tout risque de brulure et ne pas éveiller les soupçons du voisin marocain! Mais une fois sur place, sommes-nous surs de pouvoir distinguer entre l’aube et le crépuscule, puisqu’entre chiens et loups, les chats roupillent toujours ? Pire encore, il y fait tout le temps jour. Et notre rêve d’y planter des allées de belles de nuit s’évanouit dans les vapeurs des limbes chimériques parfumées de nectar d’héliotropes.
Pas facile mais à cœur vaillant rien n’est impossible. Allumez !

Nnur Aden


Silence, ça pousse !

Bururu, éthologue à ses heures perdues, vient de faire une singulière percée dans la cuirasse crasse de l’ignorance scientifiquement démocratique et largement populaire au Marmuristan : si toutes les espèces animales et quadrupèdes ont quatre pattes, ce qui est un peu naturel vous me direz, les primates, d’ici ou d’ailleurs, ont, eux, quatre bras souvent ballants. Ce qui, d’un point de vue marxiste, représente un formidable gisement de force laborieuse, rieuse et facétieuse.

Est-ce pour cette raison, d’ailleurs, que l’homme, ce primate en chef du haut de son capitalisme, et par-devant lequel toute autre espèce a capitulé docilement, a édifié, un peu partout sauf au Marmuristan ou l’homme n’abuse pas de son frère animal, des sanctuaires, des parcs et des réserves naturelles, sans sucre ajouté ? Certainement.

Est-ce pour cette raison aussi que le Marmuristanais essaye de singer ses frères lointains d’Arabie, en voulant rendre tout humain pêcheur sans bras dans un élan esthétique en transformant amdan en ver de terre par le truchement du sabre tranchant tout débat sur le bien et le mal ? D’une prière deux coups : Châtier le voleur et réduire notre dépendance industrieuse de la main-d’œuvre humaine… On agit à l’égard de l’homme comme en le ferait avec une pomme de terre : on l’épluche de ses croutes criminogènes.

L’homme qui a perdu son animalité en perdant son os sacré sur le chemin de l’évolution, s’est mis en tête de favoriser la domestication de ses lointains cousins pour qu’il engrange, demain, les effets de l’à-plat-ventrisme conquérant. Les masses travailleuses futures seront, bel et bien, les quadri-bras et les robots. Comme les techniques de pointes n’ont pas encore poussé sur les champs de la Métidja ni même ceux d’Adrar, il nous reste à lorgner du côté du singes magots dans la Chifa, Yakkourène ou Tigjda.

Oui, triste sort que leur réserve ce banu adam mal léché. Mais la faute à qui, comme dirait l’autre dans son mauvais français ? La faute au pousse préhenseur qui s’est mis à pousser, forcément, sur la main malheureuse des simiens. Un vrai doigt du déshonneur dans l’œil pas trop regardant de l’éthique du vivant. Fin, coupez !!!Nnur Aden



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