Bouquiniste et fier de l’être (et de l’avoir) !

Le bouquiniste, souvent apporteur de merveilles et parfois « refourgueur » des vieilles camelotes est à positionner dans le point de confluence de nombreux métiers et professions plus valeureux et exigeants les uns que les autres.

Il est, tour à tour, libraire ambulant, antiquaire saisonnier, brocanteur batifolant, gardien du patrimoine à universalité variable, passeur d’histoires et d’expériences, conteur invétéré, diseur de bonnes aventures que d’autres auraient écrites mais à jamais celui par qui le livre arrive.

Quelles sont les compétences que se doit d’avoir tout bouquiniste libéral ?

Après de tumultueuses recherches et observations, je suis arrivé à compulser nombre d’exigences cognitives, affectives et psychomotrices indispensables chez tout bouquiniste qui se respecte. Ainsi, il doit être en mesure de :

  • Dénicher les bonnes affaires : déstockages, vide-greniers, ventes aux enchères, liquidations de bibliothèques personnelles, etc.;
  • Déterminer l’état de conservation d’un ouvrage à vue d’œil ou à la pesée ;
  • Procéder à la restauration d’un livre vétuste sans sombrer dans la momification ;
  • Construire un réseau d’écoulement des livres en évitant le recèle ;
  • Fixer le prix marchand d’un bouquin sans déplumer le pigeon multirécidiviste ;
  • Répertorier le livre dans la catégorie idoine avec un degré de granularité acceptable par l’analphabète ;
  • Sauvegarder les ouvrages dans des conditions de stockages idéales : sac TATI serait un seuil de tolérance homologué ;
  • Enregistrer les commandes des clients, sur un calepin de nature à éviter tout trou de mémoire sidéral ;
  • Assurer l’approvisionnement dans des délais contractuels y compris des débrouilles chez le collègue de la rue à côté ;
  • Assurer la veille informationnelle de sa petite affaire: marchés hebdomadaires, foires, places publiques, alentours de campus, etc.;
  • Monter et démonter des étals dans des espaces publics en deux minutes chrono ;
  • Transporter les lots de livres dans des conditions adéquates. Au besoin, faire appel à un colporteur sans répercussion sur le prix de vente ;
  • Distinguer entre le client passionné et le revendeur sans scrupule ;
  • Construire des collections d’ouvrages suivant des critères correspondant aux exigences du marché : par éditeurs, auteurs, genres, etc., avec interdiction de recourir aux classement arbitraire de « chers » et « pas chers ».

Si après ce brillant inventaire, l’envie de devenir vendeur de livres ne vous titille pas l’esprit, sachez que votre cas est définitivement désespéré. Mais rien ne vous empêcherait de lire un livre pour essayer.

Abdenour BOUHIREB



Laisser un commentaire

Le parloir de l'Impératrice |
mandarines |
actionsplessisbouchard |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | KOI DE 9 ?
| CGT ICTAM de l'OPH 93
| lephotovoltaique