Le compte-rendu est-il un rapport qui s’ignore ?

Soit la situation ubuesque (ou presque) suivante : Vous prenez part à une réunion de travail et vous être chargé de prendre notes de ce qui s’y passe et s’y dit. Après le gong final, vous vous demandez si vous devriez rédiger un compte-rendu ou un rapport sur cette séance. Le moment de réflexion épuisé, vous vous rendez compte de la confusion existant dans votre esprit entre ces deux formes de restitution sans pouvoir voir clair entre le rapport qu’entretient secrètement le premier avec le second. Dans la panique générale, vous vous précipitez sur le web pour y chercher votre bonheur. Compte-rendu ou rapport des investigations :

Selon le dictionnaire en ligne, Larousse.fr, le compte-rendu est un « rapport fait sur un événement, une situation, un ouvrage, la séance d’une assemblée, etc. » Le même site propose l’exemple suivant : « Compte-rendu des débats parlementaires, publication résumée (compte-rendu analytique) ou intégrale (au Journal officiel) de la teneur des séances des assemblées. »

Plus loin, le Larousse en ligne précise que le compte-rendu a pour synonyme le rapport et parle d’un « rapport fait sur un événement, une situation, un ouvrage, … ».

En toute logique et comme vous aimez la conséquence en toute chose, vous prenez une option pour le compte-rendu. Mais, puisqu’il y a un mais dans tout débat tranché à la scie sauteuse, une voix vous susurre à l’oreille que peut-être rédiger un rapport serait plus « mieux ».

Avouons qu’en matière de langue française, il y a de quoi perdre son latin, pour nous autres Amazighs presque « romanisés » jadis, avant d’être presque « arabisés », il y a longtemps, puis presque « universalisés » à la sauce du fast-food, tout récemment puisque la pizza est encore chaude.

Naturellement et un peu aidé par votre paranoïa à faible portée, vous vous remettez au web.

A l’entrée « Rapport » du site Larousse.fr, vous découvrez, stupéfait, qu’il s’agit d’un « exposé dans lequel on relate ce qu’on a vu ou entendu ; compte-rendu, souvent de caractère officiel, d’une question, d’une mission : Rapports de police. »

Une boucle presque bouclée, n’était-ce ce petit chouya qui s’est glissé dans la définition et qui impose que les choses soient officielles.

D’où la légitime question : le compte-rendu est-il un rapport qui s’ignore ? De quoi formuler une énième conjecture mathématico-sémantique à portée linguistique pour des chargés du secrétariat à temps partiel et dans la panade totale.

Miracle ou simple clin d’œil du hasard, l’un des premiers résultats offerts gracieusement et en toute « bonne foi » par le moteur de recherche « Léviathanesque » que tout le monde connait, voilà que le site de l’Ecole Polytechnique de Constantine [l’antique Cirta, capitale du roi amazigh Massinissa ayant eu des rapports conflictuels puis pacifiés avec Rome. Ce qui n’a pas empêché cette ville de l’Est algérien d’être consacrée « Capitale de la culture arabe » en 2015. Un événement dont la presse locale a rendu compte avec profusion. NDR.] propose une définition du compte-rendu sobre et intelligible pour nos cerveaux de moineaux calés sur ce dos-d’âne lexical :

« Le compte rendu rend compte d’évènements qui ont cours dans une entreprise et qui, à cause de leur importance, doivent faire l’objet d’un document écrit. Essentiellement, le compte rendu est : Un rapport qui rend compte de discussions, de faits ou d’actions. » (Sic)

Donc c’est clair, le compte-rendu est un rapport ! « A lire et à apprendre« , sommes-nous tentés d’ajouter en guise de pré-conclusion.

Et pour finir, disons que le problème est réglé dans le fond. Reste la forme qui, je ne sais plus selon qui, n’était que « le fond qui remontait à la surface.»

Abdenour BOUHIREB



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