Généalogie de la pensée amibienne

« Chacun voit midi à sa porte », à condition de s’y prendre au bon moment. Le faire par un jour ensoleillé garantit de meilleurs résultats, parait-il. Et si l’envie vous prend de le faire la nuit, vaut mieux s’y coller vers minuit.

Donc, avec la relativité appliquée aux vérités immuables des esprits bien inspirés, et à en croire l’entame de ces lignes, chacun peut avoir raison à condition de faire preuve de méthode: rendre visible ses déductions hâtives, ses inférences à coups de massue et ses implications arbitraires en soulignant au fluo les liens de causalité transmis de père en fils (voir autres combinaisons d’ascendance.)

Pour résumer sans conclure, raisonner c’est aller de fil en aiguille dans une botte de foin par un jour d’éclipse.

Pour rester dans l’art de l’arraisonnement de la raison, voilà que le monde, à peine le bec relevé de la pandémie – n’y voyez aucun lien étymologique avec le pangolin dont la première syllabe (pan) n’est pas un préfixe extensif, mais d’origine malaise (pang) – se lance tel le célèbre chevalier de la Mancha contre des moulins à vent très malins, virtuels à souhait et dotés du don d’ubiquité pour des raisons fiscales. Ce marronnier politique supranational sonne et trébuche avec la régularité d’un métronome sans piles.

Le numérique en verlan

Bururu, qui n’est pas trop fute fute question optimisation fiscale, rêve d’une zone franche planétaire où les chauvesouris peuvent changer de grotte sans devoir montrer pattes blanches. Il se dit qu’on n’a qu’à rendre obligatoire le recours, à rebours, à l’analogique et interdire le binaire et ses variantes (octa. et hexa.) sans aller jusqu’à déboulonner la statue de Turing, ni mettre dans la gueule du broyeur sa célèbre machine à décoder. Une sorte de désintoxication technologique planétaire.

Doucement et surement, reprendre à reculons les marches de la science pour rejoindre les basfonds du calcul mental, du dénombrement à l’aide de pierres avant l’âge du même matériau et du décompte à la tête du … bétail.

Plus efficace mais plus coûteux, faire gaffe aux GAFA suppose ouvrir des cours gratuits de désaccoutumance et de traitement des addictions numériques à large spectre. Or, pour des raisons de prix de revient, ils seront accessibles sur les … GAFA. Oups !

On voit bien que l’économie cyclique n’est pas qu’une vue de l’esprit pour arrondir les angles. C’est même un vieux serpent de mer qui se mord la queue. L’Ouroboros (ancienne graphie de Bururu mais que Wikipédia aurait omis de mentionner?) est le symbole de vi(e)s sans fin.

Pour rester dans le gribouillage créatif, rappelons que les dragons sont sortis du Milk-shake de la création, nés d’un télescopage génétique fortuit entre un hibou et une vipère.

Du Yin et Yang

Pour des impératifs de simplification didactique, parlons plutôt du cycle binaire du Yin et Yang, pour reprendre le modèle antique du moteur à deux temps.

Prenez deux gouttes, claire et sombre, rendez leurs périmètres tangentiels l’un l’autre puis allumez le mixeur à basse vitesse. Faites naitre sur chacune des sphères une queue arrondie en un effet centrifuge. Appliquez un moule circulaire qui embrasse nettement les deux virgules accolées l’une à l’autre et vous obtenez l’antique symbole de la dualité essentielle de toute existence.

Par les temps qui courent, à défaut de marcher au rythme des trotteurs d’une montre atomique, disons que pour des raisons de libre entreprise, il est temps que le marketing à dent de sabre se saisisse d’un tel artéfact au pouvoir marchand inépuisable pour le décliner, dans un premier temps seulement, aux colories olympiques et sortir du manichéisme clair-obscur. Ainsi, le pauvre Capital pourra se faire de reluisants dividendes avec le sentiment du devoir accompli pour avoir rendu un concept, vieux de plusieurs millénaires, encore plus universel, c’est-à-dire à la portée du premier acheteur compulsif arrivé devant un magasin de babioles.

La pensée profonde d’une amibe

Dans un second temps, il est possible de monter en mayonnaise des sites qui vous proposent une palette de millions de couleurs pour iriser votre Yin et Yang à vos sautes d’humeur exécrable. Une sorte de droit à la différence à portée de clics. Ainsi, vous pouvez afficher sur les plateformes sociales des GAFA, encore eux, vos sculptures rupestres dignes de l’ère amibienne.

Reste une question subsidiaire : pourquoi les dragons restent très portés sur la reproduction ovipare ? Est-ce pour préserver au Yin et Yang ses formes arrondies de toute dérive géométrique ? Lancinante conjecture !

Pour finir, disons que les vivipares vivaient quelque part et que les ovipares vivaient quelque part, eux aussi, mais dans un nid… circulaire pour les reptiles et ovale pour les oiseaux.

Abdenour BOUHIREB



Du dé-confinement à la déconfiture

« Qui peut le plus peut le moins », se dit Bururu, se rappelant au bon souvenir de l’adage populaire. Surtout pour qui, comme l’emplumé nocturne, est adepte de la procrastination. Et que cela soit dit en passant, l’ »anticrastination » (mot qui pourrait, un jour, signifier l’hyperactivité conjuguée à la proactivité) n’existe pas encore, mais là est une autre histoire.

C’est ainsi qu’au pays où la seule industrie florissante est de faire avorter à coups de trique sur les matrices gorgées de vie, les révolutions en soie, vous pouvez faire la connaissance d’humains d’un genre nouveau, les tripolaires. Non, ce ne sont pas des stratèges de la géopolitique mondiale. Plutôt des personnes comme vous et moi mais à ce détail près : La tête pense au bonheur de tous, surtout si ceux-là n’en veulent pas, la bouche annonce un surcroit de liberté pour des lendemains qui chantent les oraisons funèbres et les bras montrent les muscles et qu’il y a de la place à l’ombre pour tous les vilains petits canards endémiques.

Qu’on veuille transformer la révolution du sourire en révolte des crachats qu’on n’aurait pas agi autrement.

Croyez-le, Bururu, à cette idée, s’arrache les cheveux, enfin les plumes tant il en rage ! Tiens, pour vous en convaincre, pensez que sous les mêmes latitudes que tout à l’heure, et sur la lancée du dé-confinement ambiant (Post covid-19 ?), il a été demandé de remettre les gens au travail, avec force détail quant à la manière de servir aux gens leur café-croissant et à quel rythme passer la serpillère javellisée.

Mais là où la chose devient corrosive, c’est que dans son élan « myopique », la Tour d’ivoire, qui n’a pas l’air d’y voir clair, a omis de parler du comment faire en matière de transport de voyageurs pour les territoires que la nature a fait naitre sur un plan incliné, loin de ses capitales en or, bâties sur des platitudes. Relief oblige.

Force est de constater que, à ce sujet, les centres urbains voient leur transport en commun et taxis individuels reprendre de l’activité et les rues leurs couleurs. Mais ailleurs, dans les montagnes ulac! Walu !! Faute d’autorisations et de procédures sanitaires y afférente, les taxis collectifs, micros-bus et autres automotrices à vapeur dorment du sommeil du juste en attendant des jours meilleurs, laissant sur le bas-côté de la route, au sens propre du terme, des dizaines de milliers de travailleuses et de travailleurs.

Décapiter la main de l’étranger

Il est vrai que nous pourrons toujours mettre nos informaticiens à l’œuvre pour l’édition d’une application sur smartphones pour organiser le covoiturage ou adapter la démarche « Uberuru », qui a fait florès ailleurs, aux couleurs locales. Mais c’est sans compter sur les gardiens du temple pour qui aucune importation, fusse-t-elle d’idées, n’est autorisée. On aurait crié à la main (comprendre la « tête ») de l’étranger et au complot ourdi par les ennemis de la patrie. Pour eux c’est clair, authenticité égale consanguinité et advienne que pourra. Le pire forcément.

Bururu a envie de leur dire que lorsque cette main de l’étranger, que vous vouez aux gémonies, vous coud et vend un masque chirurgical en un clin d’œil et à bas prix, elle n’est pas si mauvaise, hein ? Nous sommes à deux doigts de parler de baisemains augustes et reconnaissants. Mais on le laisse pour la prochaine fois !

Résultats des courses (à pied !), le fonctionnaire fait du sur-place, l’ouvrier tourne en rond, le salarié piétine et l’employée patauge. Et le monde économique est désemparé, à la croisée des chemins sans issues.

Et pour Bururu, du dé-confinement sanitaire à la déconfiture sociale, il n’y a qu’un pas que l’immobilité va vite franchir. Au pas de charge.

Abdenour BOUHIREB



Pouvoir – peuple : Le virus de la violence

Bururu, revient à la charge après une absence qui a duré ce que dure le chagrin … mal cuvé. Etant sûr d’être dans un bon alignement astral, il compte vous prédire le présent si vous n’êtes pas trop prisonnier de votre passé en perpétuel recommencent. Bref, il est là et tant pis si cela vous convient car il ne tient pas à plaire.

Oh, nombreux sont les sujets qui motivent et justifient que l’on lance des coups de gueule (à distinguer des coups de boule ou de coups de bec.) Ce qui, déjà, « divulgâche » la teneur fade du présent propos, qui tient plus de l’art de raccommoder les restes que de la chronique soignée.

Vous l’aurez compris sans y consentir, il s’agira de parler de la violence dans toutes ses non-acceptions.

De partout montent dans les cieux des fumeroles de rages et de refus, contestant les désordres établis. Des gorges déployées, dernière des masques lavables et faits maison, refusent la mécanique des hiérarchies et des suprématies, des plus feutrées aux plus brutales.

Un simple zapping éclair sur les boites à merveilles mondialisées nous renseigne sur l’état des nations et des populations pétries par les litiges, les remises en cause et les déchirements qui ne trouvent aucun dénouement dans les cénacles calfeutrés de velours mauve et aux boiseries fines. Et pour cause, les instances de médiation ont pris la tangente.

Ainsi, sont morcelés les consensus nationaux et sont défaits les contrats sociaux d’avoir été cousus de fil blanc.

Marche et santé politique des peuples

Les choses se mondialisant, les mêmes causes provoquent les mêmes effets : tout le monde marche et arpente les rues et les boulevards dans tous les sens de l’urbanisme. Car, si la poule est le seul moyen que l’œuf a trouvé pour rester en vie, il en va de même des manifestations que les opprimés auraient trouvées pour rester dans l’Histoire.

Là-bas, un homme de couleur, un de plus et un de trop, meurt asphyxié sous le genou d’un policier et les rues s’emballent dans une campagne de dénonciation antiracisme, réveillant les habitants de la mappemonde de leur rêve américain.

Ici, un citoyen basané est verbalisé d’une amande de 10 000 DZD pour avoir bravé le couvre-feu qui, lui, a été induit par l’état d’urgence sanitaire concomitant à la mondialisation du spectre viral de la Covid-19, et s’être rendu coupable d’une « sortie pour prendre de l’air » (Sic). Comme quoi, le désert une fois épuisé, il se réinvente.

Lorsque les gouvernants sous-traitent ainsi aux forces de l’ordre les problèmes politiques, c’est que la vie de la démocratie ne tient qu’à un fil avant de balancer au bout d’une corde raide.

Il parait que les forces de l’ordre détiennent ou sont les dépositaires de la « violence légitime ». En plus du caractère inepte d’une telle pensée juridique, aux antipodes des peace and love de jadis, on sent comme une dépossession et une usurpation qui ne disent pas leur nom.

On l’oublie trop vite, mais le seul dépositaire de la violence légitime est et reste l’Etat et non une de ses fonctions exécutives qui roule des mécaniques. Et là, seul le peuple délègue de manière récusable cette même violence au Robocop qu’il veut, tout en gardant la télécommande dans la main, le doigt sur le bouton off. Car, que resterait-il de cette légitimité en dehors de sa feuille de vigne transparente, lorsque la violence est redirigée contre la population, ou un de ses segments constitutifs, censée être la source de toute souveraineté.

L’évolution à rebrousse-poil

Pour Bururu, les Hommes en ont assez de se bouffer tels des poissons affamés. Alors, sorti de sa léthargie émotionnelle, de haut de son perchoir en bois, autrefois poteau portant les fils des RTC, il propose un échéancier en trois actes pour résoudre ces atroces luttes des classes taxonomiques de l’Evolution agitant le bocal animalier.

La première et la plus urgente des actions serait d’accompagner le dé-confinement en cours par un moratoire sur la viande de mammifère en attendant des jours meilleurs. Désormais, non seulement il sera interdit de se bouffer les têtes les uns les autres entre genre humain, mais cela s’appliquera à toutes les espèces allaitantes, y compris les ornithorynques, car chacun a le cannibalisme qu’il peut.

Doit-on rappeler que si la vache folle a perdu la tête dans les années 90 du siècle éculé, c’est en raison, parait-il, qu’on l’ait gavée, comme un canard, de farine animale, issue du poisson qui pourrit par la tête comme chacun le sait?

La seconde étape serait de relâcher dans la nature l’ensemble du bétail et tous les animaux domestiqués « contre leur plein gré » depuis des millénaires avec une clause de sauvegarde consistant à interdire la chasse par arme à feu ou tout usage de produits toxiques à tous les braconniers qui, comme on le sait, ont le bras long et les idées courtes.

La troisième est dernière étape serait de rappeler à l’humanité avec une campagne de post-it large, que lors du prochain Déluge, postdiluvien forcément, aucune arche ne serait assez grande pour sauver toute la Création. Ceci d’autant plus qu’elle (l’arche) ne contiendrait que de compartiments en première classe, conformément au cahier des chargés client. Alors braves gens, votre tuba ne vous serait d’aucune utilité, ce jour-là, tant l’air serait irrespirable et que le moratoire cité plus haut ne s’appliquerait pas aux requins!

Abdenour BOUHIREB



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