Gardons verte la planète bleue!

Terre, air et mer sont le triangle des Bermudes où est écrite la perte du vivant. Une perte écrite par la plume de l’Homme. Et c’est ce qui rend furieux Bururu qui refuse que cet atour connu pour sa légèreté soit mêlé à une aussi basse œuvre. Icare l’a connu à ses dépend : plus terrible sera la chute…

En défonçant les « portes de la déception » sans mescaline, car à chacun ses ivresses, Bururu, proie d’un délire qui lui délie la langue, se demande ce que fait un chat luthier (espèce qu’Alice connaitra dans le prochain épisode) sur un chalutier ?

Le matou sans foi est amateur de poissons et s’en donne à cœur joie, en prenant la clé des champs aux rythmes des chants de marins qui pèchent en riant: ohé, ohé ! Ceci pour le face A, pour ceux qui se souviennent des cassettes audio du siècle dernier.

Pour la face B, disons que ces escapades halieutiques et hallucinées sont un triste spectacle auxquelles assistent, médusées, des tortues-luths (Espèce réellement réelle) qui luttent contre des sachets en plastique qu’elles prennent pour des méduses. Conséquences : qui s’y frotte s’y pique comme le disent nos amis les oursins qui ne sont ni ours ni sains, les tortues ingurgitent des polymères qui polluent les mers et meurent de n’avoir pas lu les tragédies grecques.

Et s’il arrive que s’assoupisse la Providence, les futures carapaces vides luttent aussi contre les filets dérivants, dérive du vivant qui, par sa pêche intensive depuis longtemps, lessive les océans.

Ciel, ma glace a fondu !

Et sur terre ce n’est guère plus joyeux que sur mer: Les pyromanes, ces têtes brulées qui adorent l’été et dorent l’hiver, s’amusent des fumées des cents feux qui brûlent faunes et flores contrairement au brulis qui, lui, féconde les entrailles des sols pour que germent les meilleures semailles.

Mais y aurait-il pire qu’un pyromane s’il n’était aussi pompier? Il passe d’une face à l’autre de la médaille de la perversion et éteigne, le jour, d’une main de velours ce que, la nuit, la main de fer a fait s’embraser ?

Cette attitude bipolaire fait s’accélérer, l’air de rien, la fonte des glaces aux Pôles. Sourd aux fracas des glaciers qui suent à grande eau douce, l’Homme suce sa glace, assis sur un transat, les pieds au bord d’une eau qui monte inexorablement et grignote des pans du rivage lui cause ruine et ravage.

Si l’Homme continue à ne rien faire, usant sa langue et son esprit engourdis par le froid d’une icecream à la vanille ou d’un sorbet aux arômes exotiques à l’ombre d’un soleil torride, il ne restera de la planète qu’une languette de bois, coincée entre ses doigts, vestige d’une forêt décimée et d’un glacier qui a la grippe et où les ours blancs s’agrippent à des icebergs pas de taille à faire chavirer une chaloupe ou un kayak.

L’eau submergera nids et terriers et fera se noyer bêtes domestiques et sauvages avec ou sans ailes, ne pouvant comme des nuages vivre suspendues aux nues.

On verra fuir les oueds en furie sur des radeaux de fortune castors et rats d’eau, loutres et ratons-laveurs ne pouvant plus laver les étangs des déchets qui leur causent du tort.

Les parricides agricoles

La forêt part en fumée à une allure qu’on mesure par des terrains de football. Curieuse unité de surface qu’utilise l’industrie conquérante pour faire de l’arithmétique par le morbide, le scabreux et la tronçonneuse, sans jamais préciser si ledit terrain, qu’on défonce ainsi pour nourrir l’ogre agroalimentaire, est homologué par la WVF, Greenpeace ou Sea Shephred ou par les bourses mondialisées.

Les dimensions de ces carrés verts, au milieu desquels des bandes rivales se ruent en culotte courtes derrière un ballon de baudruche pour amuser des milliers de spectateurs éreintés, eux, par une semaine de dur labeur (lorsqu’ils ne sont pas chômeurs), doivent être disponibles sur les sites web de la FIFA, holding tentaculaire qui prend soin des pieds des footballeurs comme le Prince charmant de celui de Cendrillon.

Pour nous autres, hérétiques de cette éternelle nouvelle religion des peuples, seule reste l’option de reboiser tous les stades du monde, terrains de jeux de l’industrie du spectacle où s’organisent de grands-messes publicitaires (où le public n’a qu’à se taire), vendeuses de cacahuètes au caramel et de … tondeuses à gazon pour jardiniers du dimanche (ou du vendredi) et des pelleteuses de géants à l’assaut des forêts premières.

Et là entre en jeu la révolution vraiment agraire pour nationaliser les aires de sports (Bururu parle bien sûr des champs de palmes et autres sanctuaires des parricides agricoles) où l’argent est le vrai arbitre, où les 22 joueurs réunis gagnent plus d’argent que certains pays pauvres qui, souvent, sont les plus menacés par la remontée des eaux, les massifs qui brûlent et les cyclones qui affectionnent le twist pour danser sous la pluie … diluvienne.

Abdenour BOUHIREB



On ira tous au … paradigme

Un drôle de casse-tête chinois, mais pas que, taraude actuellement les caboches DZ. Il ne s’agit pas du COVID-19. Enfin, pas directement, mais une de ses incidences, pour ainsi dire. En ce sens que le contexte sanitaire mondial, aigu et grave à la fois, donne des sueurs froides, par ces temps de canicule, à nos gouvernants. Et pourquoi ? C’est en raison de la difficulté qu’ont les autorités à trancher, au canif si on ose dire, la question d’observer ou pas le rite sacrificiel lié à l’Aïd El Adha.

En Algérie, comme de tradition byzantine, les uns sont pour, les autres contre et il y a même ceux qui ne sont « ni pour ni contre, bien au contraire », selon la formule consacrée. Mais, curieusement, seul l’avis de ceux qui sont concernés, et cernés de partout, n’a pas été requis : Les moutons, éternels boucs-émissaires de cette hécatombe ovine annuelle.

Les autorités civiles et morales se demandent si l’observance d’un tel rituel serait propice ou pas à une promiscuité accrue des pratiquants et des demi-pensionnaires cultuels, avec ce que cela induirait comme aggravation des taux de contamination, déjà alarmants, sous nos latitudes méridionales (Une absurdité géodésique, mais on n’en est pas à une près).

Le couteau entre les dents

Et, réglé comme une horloge suisse dont le coucou n’est jamais pris en défaut, voilà que le syndicat des imams algériens monte au créneau pour crier haut et fort son refus d’une telle interdiction. Un site d’actualité a rapporté dans sa livraison du 09 juillet dernier qu’« après de récents débats concernant l’annulation de l’Aïd El Kebir de 2020, le Syndicat national indépendant des imams conteste son annulation.» Pour le représentant de cette association corporatiste, « une distinction doit être faite entre interdire les rassemblements familiaux; de peur de voir le virus se propager et l’annulation du rituel», précise encore le canard virtuel.

Avouez qu’il a de quoi faire dresser le peu de plumes qui reste à Bururu sur sa coquille vide. Cette association socioprofessionnelle défend-elle les intérêts moraux et physiques des imams, ses adhérents à jour de leurs cotisations, ou ceux des bêtes sacrificielles? Assurément, on nous prend pour des agneaux dont le pronostic vital est engagé.

En bons stratèges, on fait glisser le débat du risque inhérent aux regroupements familiaux vers ceux liés aux marchés de bestiaux, car lorsqu’un doigt désigne la lune, …

C’est ainsi, qu’un autre site électronique DZ rapporte, pour sa part, les propos du « président de l’Union nationale des paysans algériens, Mohamed Alioui, (qui) défend les vendeurs de moutons et tente de convaincre l’Association des Oulèma (qui devra rendre sa fetwa à ce propos sous peu, NDLR) que les marchés peuvent être organisés pour accueillir les citoyens dans le respect des mesures sanitaires et sécuritaires.»

Pourtant, l’initiateur de l’idée d’annulation du rite, membre du sénat et d’un parti conservateur donc jamais connu pour son laïcisme prosélyte, donne comme argument « la situation sanitaire du pays et la flambée des contaminations, rajoutant que les regroupements des citoyens le jour de l’Aïd pour effectuer les sacrifices sont un risque majeur de la propagation du virus », tel que rapporté par un troisième site d’information DZ.

Les agneaux du saigneur

Alors, Bururu ne comprend pas pourquoi on veut se payer la tête du mouton à tout prix, jusqu’à lui faire la peau ou la fête, c’est selon le côté par lequel on tient la lame. Posons les armes à terre et réfléchissons le temps d’une trêve biodégradable: Oublions-nous si vite que si les dinosaures ont disparu, c’est à cause d’un astéroïde « saurio-pathe » qui n’a pas trouvé meilleure place dans le cosmos (qui par définition est juste un peu moins infini que la connerie humaine, mais assez vaste tout de même) pour s’écraser, que l’actuel Mexique ?

Si le sort des sauriens s’est joué au lance-pierres cosmique, peut-être que celui des ovins serait déterminé par le fil du rasoir d’un couteau qu’on garderait, cette fin de mois, au fourreau et bien au chaud!

Notre manière d’appréhender le monde et de formaliser les problématiques inhérentes à notre civilisation doit nous rendre plus attentifs aux conséquences de nos choix sociétaux sur les autres espèces avec lesquelles nous partageons cette aire de jeux interdits qu’est la planète bleue mais pas trop. Ceci, nonobstant l’idée saugrenue que nous en sommes les légataires providentiels alors que nous n’en sommes que les gardes champêtres (et souvent les braconniers) qui scions la branche de l’évolution sur laquelle nous sommes mal assis.

Sous peine d’écrire à la gomme la brève histoire du futur de notre existence, nous nous devons de changer simplement de paradigme … à défaut de pouvoir changer de Terre.

Et c’est un Bururu du signe du bélier qui vous le dit !

Abdenour BOUHIREB



Morale et mots qui râlent

Les nuits se suivent et ne se ressemblent pas apportant, chacune au petit matin, son lot précoce de nouvelles incertaines qui, pour le moins que l’on puisse dire, aggravent les insomnies de votre serviteur, Bururu.

Cette fois-ci, le canard boit-tout et boiteux, se levant chaque matin au soir venu, nous révèle avec une pointe d’ironie « périscoopique » que « (…) des chauffeurs ou des agents de sécurité avaient été recrutés avec le titre de «conseiller du directeur général (…)» au sein d’une entreprise publique spécialisée dans la publicité.

Passons sur le conditionnel passé qui devait, dans ces conditions, éviter de devoir passer dans le registre de la calomnie et précisons, à ce stade de la narration, que la boite en question est un moulin à vent qui carbure au gaz public et, comme un sac troué, distribue du blé (au propre comme au figuré) à l’ensemble de la volaillerie DZ, mis à part un ou deux emplumés exclus du festin céréalier et qui, eux, préféraient picorer dans la tourbe les lombrics et autres vermines de cet acabit.

Où est le hic alors, me demanderiez-vous ? Aucun, mis à part le fait qu’avoir un chauffeur ou un agent de sécurité, ayant pour titre « conseiller du directeur général« , doit chercher, au minimum, dans le Bac+5 dans l’argus des emplois avec vue sur ascenseur social. Il faut être un 007 ou un Top Gun avec la bosse des mathématiques « dromadériennes » pour caracoler dans ces airs stratosphériques de la compétence et conseiller le boss d’un machin public qui vend des trompettes de la renommée pour paraphraser Brassens.

Bururu donnerait sa collection de livres et son pendentif à l’effigie de … Bururu him-self, pour jeter un coup d’œil sur la fiche de poste de ces pilotes et ces cerbères de PDG de haut vol ! Que devaient-ils accomplir comme missions impossibles pour mériter le rang de vizir ? Lire les Milles et Une Nuits en verlan ? Conduire à l’aveugle un chameau ivre sans caler sur le prochain dos d’âne ? Protéger le chef contre le mauvais sort sans recourir à un pneu usagé accroché sur le fronton du siège social ? Bec cousu et boule de plumes.

Heureusement que pareils oiseaux rares ont laissé des traces indélébiles dans l’histoire du management et de la bonne gouvernance, pour peu qu’on sache chercher dans les bons recoins du net ou demander à Google le druide big-brotherien.

L’esclave philosophe VS le chauffeur body-garde

Et c’est à ce moment-là du scénario que Bururu se souvient d’une histoire antique et authentique faisant son héros d’un esclave philosophe du temps de la Rome conquérante.

Les chroniques des érudits rapportent à l’unisson que le triomphateur (qui a vu, vécu et vaincu), de retour devant son peuple l’acclamant, s’empêchait d’avoir la grosse tête et de croire lui-même au délire de son aura divinement glorieuse, par le truchement d’un esclave-philosophe chargé de lui souffler comme au théâtre des mots réfrigérants :

Tel un GPS invisible et dopé à la sagesse, l’esclave était assis aux côtés d’un César aux lauriers chargés de tributs pris aux peuplades qu’il venait de soumettre. Gorge profonde des temps anciens, il murmurait à l’oreille dudit empereur debout sur son char, cette réplique aujourd’hui encyclopédique: « En regardant derrière toi, souviens-toi que tu es un homme. »

Et si Bururu devait plaider la cause de notre chef d’entreprise publique, dans le cas où un procès lui serait fait pour ses recrues d’un genre nouveau, il dirait ses mots qui râlent :

« Permettez-moi, Monsieur le juge, de vous dire à quel point mon client, pauvre PDG de son état, pourrait avoir besoin, à chaque mission, d’un chauffeur ou d’un agent de sécurité pour lui rappeler, comme un miroir, son humanité chancelante à tout instant et ciblée de toutes parts par les apparats de la vie mondaine. Vous le savez mieux que quiconque, Monsieur le président de ce tribunal, le pouvoir fascine, corrompt et procure un vertige qui ne se soigne pas avec un cachet de Paracétamol à 500 mg. L’esseulement est si tenace à l’arrière de son Audi A8. Et la sellerie en cuir, les vitres fumées et les sièges chauffants ne font qu’accentuer l’ivresse de la puissance qui ne connaît pas de marche-arrière sur l’autoroute de la gloire.»  

Pas bête l’animal!

Enfin, les lignes qui précédent nous prouvent, si besoin est, que la bonne marche d’une boite cubique ne doit pas s’accommoder des chemins pavés de bonnes intentions, même s’ils doivent mener tous à Rome. Elle gagnerait, plutôt, à emprunter des sentiers de traverses, des routes buissonnières et couper à travers champs pour sauvegarder son humanité que le moindre sentiment de puissance pétrit comme une pâte feuilletée et sur laquelle le destin phantasme d’apposer des gribouillis invivables mais funestes.

De nos jours, le chemin de crête est certes moins sûr pour prendre des selfies, mais plus grisant avec une expérience de vie plus édifiante pour celui qui ne rechigne pas à retrouver la posture quadrupède. Car l’homme, animal doué de raison, n’a pas forcément raison d’oublier son animalité essentielle. D’où les nounours qu’on offre aux nouveaux nés pour leur rappeler que l’humilité est l’unique planche de salut, en attendant les gardes de côtés.

Pour rester dans un registre animalier au format 4 mains, méditons l’épisode où Zarathoustra s’était endormi sous un arbre en fruits. Moment propice pour un serpent intrépide de lui porter un baiser au cou en signe de sa fatale amitié. Ce qui fit sursauter le sage criant de douleur. Devant pareille mésaventure, la vipère, ayant reconnu le prophète, se confondit en excuses et prit ses jambes, qu’elle n’a pas, à son cou.

Zarathoustra retint, alors, d’une main le serpent par sa queue et de l’autre son cou en sang. Il remercia le reptile d’avoir raccourci sa sieste tant sa route était encore longue. Et la vipère rétorqua que son poison allait rendre encore plus courte son aventure pédestre. Zarathoustra eut sa réplique si culte que nous vous la livrons en VO : « Quand donc un dragon mourut-il du poison d’un serpent ? Mais reprends ton poison ! Tu n’es pas assez riche pour m’en faire cadeau.»

Abdenour BOUHIREB



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