On ira tous au … paradigme

Un drôle de casse-tête chinois, mais pas que, taraude actuellement les caboches DZ. Il ne s’agit pas du COVID-19. Enfin, pas directement, mais une de ses incidences, pour ainsi dire. En ce sens que le contexte sanitaire mondial, aigu et grave à la fois, donne des sueurs froides, par ces temps de canicule, à nos gouvernants. Et pourquoi ? C’est en raison de la difficulté qu’ont les autorités à trancher, au canif si on ose dire, la question d’observer ou pas le rite sacrificiel lié à l’Aïd El Adha.

En Algérie, comme de tradition byzantine, les uns sont pour, les autres contre et il y a même ceux qui ne sont « ni pour ni contre, bien au contraire », selon la formule consacrée. Mais, curieusement, seul l’avis de ceux qui sont concernés, et cernés de partout, n’a pas été requis : Les moutons, éternels boucs-émissaires de cette hécatombe ovine annuelle.

Les autorités civiles et morales se demandent si l’observance d’un tel rituel serait propice ou pas à une promiscuité accrue des pratiquants et des demi-pensionnaires cultuels, avec ce que cela induirait comme aggravation des taux de contamination, déjà alarmants, sous nos latitudes méridionales (Une absurdité géodésique, mais on n’en est pas à une près).

Le couteau entre les dents

Et, réglé comme une horloge suisse dont le coucou n’est jamais pris en défaut, voilà que le syndicat des imams algériens monte au créneau pour crier haut et fort son refus d’une telle interdiction. Un site d’actualité a rapporté dans sa livraison du 09 juillet dernier qu’« après de récents débats concernant l’annulation de l’Aïd El Kebir de 2020, le Syndicat national indépendant des imams conteste son annulation.» Pour le représentant de cette association corporatiste, « une distinction doit être faite entre interdire les rassemblements familiaux; de peur de voir le virus se propager et l’annulation du rituel», précise encore le canard virtuel.

Avouez qu’il a de quoi faire dresser le peu de plumes qui reste à Bururu sur sa coquille vide. Cette association socioprofessionnelle défend-elle les intérêts moraux et physiques des imams, ses adhérents à jour de leurs cotisations, ou ceux des bêtes sacrificielles? Assurément, on nous prend pour des agneaux dont le pronostic vital est engagé.

En bons stratèges, on fait glisser le débat du risque inhérent aux regroupements familiaux vers ceux liés aux marchés de bestiaux, car lorsqu’un doigt désigne la lune, …

C’est ainsi, qu’un autre site électronique DZ rapporte, pour sa part, les propos du « président de l’Union nationale des paysans algériens, Mohamed Alioui, (qui) défend les vendeurs de moutons et tente de convaincre l’Association des Oulèma (qui devra rendre sa fetwa à ce propos sous peu, NDLR) que les marchés peuvent être organisés pour accueillir les citoyens dans le respect des mesures sanitaires et sécuritaires.»

Pourtant, l’initiateur de l’idée d’annulation du rite, membre du sénat et d’un parti conservateur donc jamais connu pour son laïcisme prosélyte, donne comme argument « la situation sanitaire du pays et la flambée des contaminations, rajoutant que les regroupements des citoyens le jour de l’Aïd pour effectuer les sacrifices sont un risque majeur de la propagation du virus », tel que rapporté par un troisième site d’information DZ.

Les agneaux du saigneur

Alors, Bururu ne comprend pas pourquoi on veut se payer la tête du mouton à tout prix, jusqu’à lui faire la peau ou la fête, c’est selon le côté par lequel on tient la lame. Posons les armes à terre et réfléchissons le temps d’une trêve biodégradable: Oublions-nous si vite que si les dinosaures ont disparu, c’est à cause d’un astéroïde « saurio-pathe » qui n’a pas trouvé meilleure place dans le cosmos (qui par définition est juste un peu moins infini que la connerie humaine, mais assez vaste tout de même) pour s’écraser, que l’actuel Mexique ?

Si le sort des sauriens s’est joué au lance-pierres cosmique, peut-être que celui des ovins serait déterminé par le fil du rasoir d’un couteau qu’on garderait, cette fin de mois, au fourreau et bien au chaud!

Notre manière d’appréhender le monde et de formaliser les problématiques inhérentes à notre civilisation doit nous rendre plus attentifs aux conséquences de nos choix sociétaux sur les autres espèces avec lesquelles nous partageons cette aire de jeux interdits qu’est la planète bleue mais pas trop. Ceci, nonobstant l’idée saugrenue que nous en sommes les légataires providentiels alors que nous n’en sommes que les gardes champêtres (et souvent les braconniers) qui scions la branche de l’évolution sur laquelle nous sommes mal assis.

Sous peine d’écrire à la gomme la brève histoire du futur de notre existence, nous nous devons de changer simplement de paradigme … à défaut de pouvoir changer de Terre.

Et c’est un Bururu du signe du bélier qui vous le dit !

Abdenour BOUHIREB



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