Survivre à la vermine !

Enfin, il en a fini Bururu avec sa grippe (aviaire, forcément pour une volaille, quoique). Il ne lui reste qu’à sortir doucement et prudemment d’un son isolement, qui a duré quatre semaines, comme sorte le jeune pousse de sous terre lors de la germination.

Encore que pour lui, observer la distanciation sociale est chose aisée, puisque il mène une vie de troubadour dans le désert nocturne sans harde ni bagage. Il cherche sa pitance et de quoi souligner les lignes de sa chronique tordue sans demander son reste.

Le jour, il roupille lorsque les rues fourmillent d’une présence sociale grouillante. Mais cela ne l’empêche pas de porter un masque lors de ses escapades de nuit. Au fait, Bururu a, vissé sur le bec, un cône fait d’un tissu qui nous vient, parait-il comme autre fois les épices et la soie, d’une contrée lointaine. Un tissu qu’il accroche à sa nuque style aviateur de l’après-guerre.

On n’est jamais assez prudent et, ça, Bururu le sait pour l’avoir vécu et dans sa chair. Mais au fond de son cerveau de pois-chiche, il se considère très chanceux de s’en sortir sans séquelle et pense avec peine à tous ceux qui …

Olala ! Mais je dois vous le dire pour vous mettre dans la confidence que, au long de son confinement, Bururu a eu à refaire les douze travaux d’Hercule version DZ :

  1. traverser la nuit à la nage et à l’aveugle sans se noyer dans sa propre sueur ;
  2. lutter contre les flammes infernales de la fièvre qui consume ses articulations ;
  3. résister aux délires qui naissent la nuit et qui rendent hideux tout ce que la lumière a sublimé le matin ;
  4. avaler des fournées d’une mixture à base de quinquina sans être friand d’herbes médicinales ;
  5. s’oindre les plumes à chaque fois d’une huile germicide au risque de détruire son beau plumage ;
  6. boire, pour ne pas s’assécher, les flots débordant du tonneau des Danaïdes rempli à l’eau de source ;
  7. 7.      bequeter le nectar et les sucs des fruits et des fleurs comme un hippy dépaysé qui fait l’abeille loin de son paradis artificiel ;
  8. faire la télé-conversation régulièrement à une toubib chargée de suivre l’évolution épidémiologique au sein de la faune des volatiles ;
  9. adopter la vie aquatique des sauriens avec toilettage complet plusieurs fois par jour, mais sans la gueule ouverte au soleil ;
  10. surveiller le voisinage du haut de sa tour de guet avec l’espoir de ne pas avoir refilé son virus de la famille des HN ;
  11. surveiller les battements de son cœur comme surveillerait l’horloger suisse les mouvements d’une montre raffinée ;
  12. et enfin, écouter les soubresauts de ses artères tel un vulcanologue qui s’apprête à sonder les entrailles d’un abime en feux menaçants.

A la fin de ce parcours du combattant alité, délicieux fût le gout de la victoire sur la vermine insondable, invisible et sournoise. Une victoire parmi tant d’autres. Au vu des vies ravies ici et ailleurs et dont le nombre reste très élevé car une de plus est une de trop, l’espoir est permis, que dis-je, il est de mise pour surmonter une pandémie qui mérite notre attention et toute notre mobilisation.

Prenez soin de vous-mêmes et, surtout, des autres.

A. B.



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