Géopolitique des mains (mal) habiles

C’est connu, contrairement à Bururu qui n’aime pas la manucure, l’humain possède généralement deux mains : l’une droite et l’autre gauche. Celle du cœur et celle de la volonté. La personne peut être, aussi, ambidextre et, donc, adroite des deux mains. Cela dépend, dit-on, de l’harmonie croisée entre les deux hémisphères de son cerveau.

Parfois, une personne peut être gauche des deux mains. Et c’est fâcheux ! On dit qu’elle a deux bras gauches. Sauf qu’une personne dite « normale » peut être à droite d’une main, souvent de sa main droite, et gauche de l’autre automatiquement, lorsque ce n’est pas l’inverse. Car, dans la vie, on nait ou droitier ou gaucher ou avec deux mains équipotentes. On parle, là, d’ambidextrie totale (Elle touche une infime proportion de la population).

En amour, ayez le cœur au centre !

Cette habileté peut être partielle lorsqu’on est droitier pour piquer des frittes avec une fourchette et gaucher pour écrire un poème avec une plume d’oie. Notez que les plumes de hiboux ou de chouettes sont strictement interdites quelle que soit l’étendue de l’ambidextrie.

Le contraire de ce « doigté de la main » affecte une personne dite maladroite jusqu’à tomber dans la gaucherie. Surtout à votre premier rendez-vous galant, là où il vous faut assurer haut la main. Car, si la main gauche cherche à saisir celle (de droite) de la dulcinée, votre main droite trépigne et renverse le verre rempli à moitié de jus de fruits (le choix de la boisson peut être incriminé si elle pétille. C’est le syndrome de la main qui tremble) sur les pans de la jupe de votre amoureuse pas du tout conquise, contrairement à sa main droite qui risque de conquérir violemment votre joue gauche. Rappelez-vous qu’un gant de velours peut cacher une main de fer.

Cette maladresse rappelle paradoxalement un commandement vertueux sur la charité qui exige que « la main gauche ignore ce que celle de droite fait ».

La main risible de l’idéologie 

Sur un autre registre à 5 mains, une personne adroite peut voter à gauche. Le contraire aussi a été documenté. Et ici, on ne parle pas uniquement des scrutins à main levée. Mais, si elle vote à droite, pensant voter à gauche, elle se dira qu’elle a été gauche bien que pouvant être droitière de naissance.

Parfois, et c’est à cela qu’on le reconnaît du temps du bloc Est, plus la personne est gauche, moins elle vote à gauche. Et logiquement, plus elle est de gauche, plus elle vote à gauche. C’est même automatique et non manuel. Car, se dire de gauche et voter à droite relève, au pire, de la bipolarité politique et au mieux de l’erreur d’aiguillage.

Jusqu’en 1989, seul le Monde avait le droit d’être bipolaire (USA vs URSS). Du moins, avant la chute du Mur de Berlin, que des milliers de petites mains nues ont pu miner et lézarder, saluant de la main la ruine du bloc communiste qui, sur une carte bien placée, se trouve à droite du méridien du Greenwich, excepté l’Amérique Latine qui, elle, est située sous le Tropique du Cancer qui, à son tour, est appelé crabe et est habile de ses deux pincettes même s’il marche latéralement.

Revenons un peu au bloc Ouest qui, lui, est situé à gauche du Méridien, excepté l’Australie où les kangourous et les Wallabies sont habiles des pattes et de la queue. L’Ile-continent, où on roule à gauche, est située, elle, sous le Tropique du Capricorne qui, comme son nom l’indique, est une chèvre (ou peut-être un bouc, la main invisible qui a dessiné les signes astrologiques du zodiaque ne l’a pas précisé !) au corps de sirène et qui a deux cornes d’égales mesures, placées à gauche et à droite du … front.

Ma main à couper

On disait, donc, qu’il y a des chefs dans le bloc capitaliste qui ont, souvent, deux bras droits voire même plusieurs pour qui il est interdit d’être gauche dans la gestion de la cité. Au risque que la presse, dite de gauche, leur tombe dessus à bras raccourcis.

S’il advenait que ce chef se soit séparé de l’un de ses deux bras droits, l’accusant de gaucherie dans la conduite d’une affaire sensible, personne ne dirait qu’il s’est amputé mais qu’il a fait le bon choix étant très droit en matière de management de ses ressources humaines. La presse de droite, pour sa part et elle est dans son rôle, dira qu’il est à cheval sur l’obéissance, omettant de signaler : Un, qu’une seule main n’applaudit jamais ; deux, que cet animal (le cheval pas le bras droit) a quatre membres dans son club équestre : deux postérieurs et deux antérieurs.

Avant que je ne l’oublie, il serait édifiant d’étudier l’ambidextrie chez les grands primates, ce qui risque de confirmer notre ascendance mutuelle, vu leur façon fort habile de descendre des arbres. Et si ça ne tenait qu’à Bururu, il ferait des mains et des pieds pour prouver cette généalogie.

En matière équine, nul besoin de parler d’ambidextrie. Il suffit de se laisser aller au galop ou au trot. Et, lorsque la course vous démange les cambrures, vous pouvez filer droit devant.

Pour mieux réussir cet exercice linéaire, faites porter à votre canasson des œillères qui l’empêcheront de lorgner les côtés gauche et droit du chemin. Mais, ça ne vous octroie nullement le droit de tirer sur sa bride gauchement au risque de vous retrouver dans le mauvais côté du décor. Une fois tous les deux blessés et si vous devriez, vous, finir à l’hosto, soyez sûr que l’abattoir est une boite où l’on achève bien un cheval qui … boite.

Un conseil, ne faites que Un avec votre monture. Les anciens parlaient de Centaure, cet être mythique moitié Homme moitié cheval. L’âne et le taureau sont aussi à utiliser selon le modèle choisi sur votre fiche Wikipédia.

Et, méfiez-vous des faux-ennemis car les mots « gaucherie » et « droiture » ne sont pas antonymes. Si l’un rappelle l’étourderie, l’autre annonce la rectitude. L’un se lève toujours du pied gauche et l’autre entame la journée du bon pied. Lequel déjà ?

Abdenour BOUHIREB



Vous avez dit « au suivant ! »​ ?

Les virus sont sur toutes les bouches, au sens figuré s’entend. On ne parle que de ces protéines malfaisantes qu’on maudit et qu’on jette aux orties et pas que pour leurs vertus médicinales.

On se rappelle des hécatombes de jadis et d’antan, exhumant, la nuit, les remèdes de grands-mères et s’en remettant, le jour, aux biotechnologies et autres molécules innovantes.

Si l’instant est grave, les années qui suivent le seront encore plus. Moment propice pour Bururu pour somnoler, perché sur sa branche généalogique, et s’adonner à une méditation doucereuse sur ces temps épiques à leur manière.

Les coupables liaisons

En compagnie de cet oiseau au masque éberlué et à ce stade de l’Evolution, marquons une pause, glaciale ou glaçante, le temps d’un pique-nique hors-sol (à cause des fourmis) et faisons le décompte : le bipède (mal) pensant paie de sa vie ses flirts non protégés avec ses colocataires terrestres.

A chaque fois, sa fascinante et suicidaire volonté de construire un cirque planétaire fait de lui l’hôte privilégié de maintes maladies expansives et d’épizooties de tout acabit qu’il attribue, à tort ou à raison, à la faune qu’il voulait domestiquer ou mastiquer. La barrière des espèces n’était-elle plus qu’un mirage ?

Dressons furtivement la listes des suspects candidats : Tout récemment le binôme pangolin/chauvesouris ou le moustique tigre, autres fois la vache, l’oiseau et le proc, jadis le rat, etc., et demain que sait-on encore !

Dans l’histoire de la vache folle, si la pauvre bête semblait avoir pété les plombs, ce n’était guère parce qu’elle avait perdu la tête mais, parait-il, du fait qu’on lui ait fourré son foin de … farine animale qui, à son tour, était le produit des carcasses de … bovins. L’art d’enseigner le cannibalisme aux herbivores. Et l’on se demande qui des deux est le monstre dans cette affaire !

Dessine-moi un extincteur (des espèces) !

Les velléités de l’Homme d’apprivoiser les bestiaux coutent, donc, très cher à tout le monde. On serait tenté de culpabiliser la nature et lui demander pourquoi tant de haine. Mais, d’ici la disparition de l’Homo-crapulus de la surface de la Terre, projetons sur nos rétroviseurs quelques scénarii pas si farfelus que ça.

Au rythme où s’éteignent les espèces, le mot « biodiversité » sera, bientôt, tronqué d’une des deux parties le composant. On aurait soit de la bio-monotonie, soit de la nécro-diversité fossilisée ou affichée dans les muséums d’histoire naturelle. La chaine alimentaire cessera d’émettre à tout jamais faute de figurants, tant que les pierres n’arrivent pas à apprendre leur texte correctement.

Heureusement qu’avec les amoncellements de déchets de toute nature, nous pourrons nous fabriquer des plantes … en plastique aux arômes de pesticides pour décorer nos espaces arides ainsi que des figurines d’animaux pour peupler les quelques terres restées encore émergées.

Une de perdue, Mars de trouvée

C’est vrai que d’ici la fin du siècle, comme le prédisent les scientifiques, ces oiseaux de mauvais augure, on n’aura perdu que la moitié des espèces sauvées à coups de rames lors du dernier Déluge. Ça apprendra aux unes et autres à négliger leurs leçons de natation et à s’absenter aux cours de survie ! Et puis, qu’à cela ne tienne, on aura toujours la planète Mars à conquérir. Le projet étant dans les cartons, ne reste qu’à tout déballer. N’oubliez pas de rapporter l’emballage à la déchetterie, SVP!

Mais, il y a un hic ! La planète rouge ne recèle ni bisons par millions à décimer, ni baleines chanteuses à harponner, ni tigres impériaux à taxidermiser, ni rhinocéros et éléphants à braconner, ni phoques dandinant à trucider, etc. L’ennui s’annonce total, à moins que …

L’Homme, avec son super costar pressurisé et sa caméra thermique intégrée, pourra connaître sur cette planète, bientôt conquise comme autre fois le fut le Nouveau monde, les frayeurs d’être du mauvais côté du fusil.

De statut de prédateur alpha il passera à proie de choix d’une chasse à l’homme au sens propre du mot. Pour peu qu’il se soit mal renseigné sur le voisinage et sa vie basculera dans le « sauve qui peut » car toute vie extraterrestre, par définition, échapperait à sa mainmise.

Mais, comme tout n’est pas perdu, gageons pour lui que Mars soit peuplée d’herbivores qui se gavent de nénufars célestes.

Abdenour BOUHIREB



Que masque la pandémie ?

Depuis bientôt une année, les vagues se succèdent mais ne se ressemblent pas. Nos esprits sont battus par le sac et le ressac de l’actualité et les évènements se jouent de notre santé et de nos nerfs. N’était-ce les centaines de milliers de morts, la chose porterait à rire (ou à pleurer, tout dépend de quel côté du masque on se situe.)

La pandémie, qui fauche quotidiennement des vies humaine par milliers et fait pousser des histogrammes en variant les courbes des statisticiens et épidémiologistes, tout en arrachant les derniers cheveux des têtes des gouvernants, au risque de leur faire tomber leurs couronnes chancelantes, est née, paraît-il (mais il ne faut pas croire ce qu’on dit à la télé) d’une faune qui a juré notre perte. Il faut croire que la biodiversité est décidée à faire sauter le maillon humain de la chaine alimentaire, car trop vaniteux et arrogant. Une sorte d’amputation taxonomique. Ceci pour le côté cour.

Pour le côté jardin, force est de constater que la mesure la plus largement adoptée sur « Terre » est le port de masque ! Les plus grandes démocraties comme les plus sordides régimes totalitaires n’ont d’yeux que pour ce bout de tissu à la forme hémisphérique qu’on plaque sur le visage pour se prémunir d’un rayonnement viral planétaire.

Quelle planche de salut ?

Du haut de leurs miradors, les préposés à l’observation de notre décrépitude sociétale notent avec raison que l’on est en présence d’une nouvelle attitude qui brouille l’identité sociale assise sur la transparence, l’altérité et l’empathie. Les plus fous, sans avoir tort, se rappellent les débats éculés ou en cours sur le port du voile dans l’espace public. Et la polémique s’enflamme sur les questions de fond et de forme, sur la nature et les motivations de nos actes et sur l’esprit de nos lois, le contexte déterminant le sens des choses.

Pour ne pas s’arrêter en si bon chemin, disons que le port du masque (salué comme la panacée par les uns et décrié comme un diable civil par les autres) est accompagné par des mesures drastiques et non moins antisociales où les espaces sont métrés, les volumes stérés et les regroupements quantifiés comme des lentilles au temps de la famine.

Chacun y va de sa stratégie qui relève, le plus souvent, de l’esquive et de la tactique « renardesque » : Dépiste et teste qui peut et confinement pour tout le monde. Et les hôpitaux suffoquent.

A force de débrailler de manière intempestive, les économies (pour les pays qui en ont encore) grincent et les lendemains s’assombrissent depuis le printemps dernier. Une chose est néanmoins sûre, la récession survivra à cette vermine à couronne !

L’humanité rentre de plain-pied dans la polémique et les chamaillades, faisant voler en éclat le peu de consensus social naufragé de la Guerre froide. Le mur se lézarde et la bâtisse s’effrite comme sous les coups de boutoirs des luttes tectoniques, sourdes mais désastreuses. Les lignes de failles idéologiques menacent le devenir de l’humanité.

Névrose thérapeutique

Pour preuve, l’auguste Organisation Mondiale pour la Santé se noie dans ses névroses thérapeutiques : un jour c’est la chloroquine qui ravit son cœur, un autre elle n’a d’yeux que pour les antiviraux, un jour le ton est prévenant, un autre menaçant, etc.

Les échos de ces déchirures éclaboussent les colonnes de la presse qui rend compte, avec peine et sans grand succès, des subtilités des débats engagés. Ceci à telle enseigne que même les canards les plus boiteux, les feuilles de choux friandes des scandales et des drames nauséeux relaient des esclandres portant sur l’épistémologie, la démarche scientifique et les procédures d’homologation et de mise sur le marché d’un médicament. Assurément, les vaches ne sont pas bien gardées, au bonheur des loups affamés.

Pendant ce temps-là, s’organise une ruée vers l’or nouveau ! La course au vaccin et contre la montre déchaine les passions et délie les bourses de la commande publique. Pour une fois, sauver la planète peut rapporter gros. Très gros, même. Qui a parlé de l’extinction des espèces sonnantes et trébuchantes ?

Le quidam, le chef d’équipe, le directeur d’école et l’entrepreneur sont englués à déchiffrer les alinéas des « protocoles sanitaires » cousus main, à organiser la distanciation sociale, véritable camisole idéologique et anti-habitudes et les gestes antisociaux, mais assurément salutaires.

Nouvelle pandémie, vielles recettes!

Le tableau est sombre pour certains mais parfaitement lisible pour d’autres. Ces derniers y voient les signes d’une vieille recette de conspiration antique et séculaire qui vise à maintenir le peuple dans l’arriération et accroitre les privilèges des plus nantis. Selon eux, les masques sont tombés sur les complots passés et à venir. Et ne dit-on pas que ce n’est pas parce qu’un paranoïaque dit qu’il est suivi qu’il ne l’est pas !

Par de-là les aspects sanitaires de cette pandémie, d’autres sociétés pourtant plus aguerries et parce qu’elles sont vaccinées contre les totalitarismes voient dans ce tumulte des enjeux sociétaux, de démocratie et de liberté.

Ici et là, la rue gronde, la protestation s’organise, la répression aussi. Ces peuples voient dans les tours de vis sécuritaires et réglementaires de la vie sociale un essaimage de la dictature en projet et une remise en cause de la souveraineté populaire.

Ainsi, jamais les concepts de légitimité, légalité et droit n’ont été opposés les uns aux autres et vidés de leur sens, pour vider la démocratie de son sang.

Et pendant ce temps, les guerres, les conquêtes et les reconquêtes des territoires continuent à vider des pays de leurs populations. Le tout à l’ombre de la pandémie.

Abdenour BOUHIREB



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