Vous avez dit « au suivant ! »​ ?

Les virus sont sur toutes les bouches, au sens figuré s’entend. On ne parle que de ces protéines malfaisantes qu’on maudit et qu’on jette aux orties et pas que pour leurs vertus médicinales.

On se rappelle des hécatombes de jadis et d’antan, exhumant, la nuit, les remèdes de grands-mères et s’en remettant, le jour, aux biotechnologies et autres molécules innovantes.

Si l’instant est grave, les années qui suivent le seront encore plus. Moment propice pour Bururu pour somnoler, perché sur sa branche généalogique, et s’adonner à une méditation doucereuse sur ces temps épiques à leur manière.

Les coupables liaisons

En compagnie de cet oiseau au masque éberlué et à ce stade de l’Evolution, marquons une pause, glaciale ou glaçante, le temps d’un pique-nique hors-sol (à cause des fourmis) et faisons le décompte : le bipède (mal) pensant paie de sa vie ses flirts non protégés avec ses colocataires terrestres.

A chaque fois, sa fascinante et suicidaire volonté de construire un cirque planétaire fait de lui l’hôte privilégié de maintes maladies expansives et d’épizooties de tout acabit qu’il attribue, à tort ou à raison, à la faune qu’il voulait domestiquer ou mastiquer. La barrière des espèces n’était-elle plus qu’un mirage ?

Dressons furtivement la listes des suspects candidats : Tout récemment le binôme pangolin/chauvesouris ou le moustique tigre, autres fois la vache, l’oiseau et le proc, jadis le rat, etc., et demain que sait-on encore !

Dans l’histoire de la vache folle, si la pauvre bête semblait avoir pété les plombs, ce n’était guère parce qu’elle avait perdu la tête mais, parait-il, du fait qu’on lui ait fourré son foin de … farine animale qui, à son tour, était le produit des carcasses de … bovins. L’art d’enseigner le cannibalisme aux herbivores. Et l’on se demande qui des deux est le monstre dans cette affaire !

Dessine-moi un extincteur (des espèces) !

Les velléités de l’Homme d’apprivoiser les bestiaux coutent, donc, très cher à tout le monde. On serait tenté de culpabiliser la nature et lui demander pourquoi tant de haine. Mais, d’ici la disparition de l’Homo-crapulus de la surface de la Terre, projetons sur nos rétroviseurs quelques scénarii pas si farfelus que ça.

Au rythme où s’éteignent les espèces, le mot « biodiversité » sera, bientôt, tronqué d’une des deux parties le composant. On aurait soit de la bio-monotonie, soit de la nécro-diversité fossilisée ou affichée dans les muséums d’histoire naturelle. La chaine alimentaire cessera d’émettre à tout jamais faute de figurants, tant que les pierres n’arrivent pas à apprendre leur texte correctement.

Heureusement qu’avec les amoncellements de déchets de toute nature, nous pourrons nous fabriquer des plantes … en plastique aux arômes de pesticides pour décorer nos espaces arides ainsi que des figurines d’animaux pour peupler les quelques terres restées encore émergées.

Une de perdue, Mars de trouvée

C’est vrai que d’ici la fin du siècle, comme le prédisent les scientifiques, ces oiseaux de mauvais augure, on n’aura perdu que la moitié des espèces sauvées à coups de rames lors du dernier Déluge. Ça apprendra aux unes et autres à négliger leurs leçons de natation et à s’absenter aux cours de survie ! Et puis, qu’à cela ne tienne, on aura toujours la planète Mars à conquérir. Le projet étant dans les cartons, ne reste qu’à tout déballer. N’oubliez pas de rapporter l’emballage à la déchetterie, SVP!

Mais, il y a un hic ! La planète rouge ne recèle ni bisons par millions à décimer, ni baleines chanteuses à harponner, ni tigres impériaux à taxidermiser, ni rhinocéros et éléphants à braconner, ni phoques dandinant à trucider, etc. L’ennui s’annonce total, à moins que …

L’Homme, avec son super costar pressurisé et sa caméra thermique intégrée, pourra connaître sur cette planète, bientôt conquise comme autre fois le fut le Nouveau monde, les frayeurs d’être du mauvais côté du fusil.

De statut de prédateur alpha il passera à proie de choix d’une chasse à l’homme au sens propre du mot. Pour peu qu’il se soit mal renseigné sur le voisinage et sa vie basculera dans le « sauve qui peut » car toute vie extraterrestre, par définition, échapperait à sa mainmise.

Mais, comme tout n’est pas perdu, gageons pour lui que Mars soit peuplée d’herbivores qui se gavent de nénufars célestes.

Abdenour BOUHIREB



Laisser un commentaire

Le parloir de l'Impératrice |
mandarines |
actionsplessisbouchard |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | KOI DE 9 ?
| CGT ICTAM de l'OPH 93
| lephotovoltaique