Etre mondialement connu dans son village !

Terrible équation spatio-temporelle dans laquelle Bururu s’est coincé le bec, à l’occasion de la célébration de Tafsut Imazughen, ce 20 avril 2017. Bien fait pour sa gueule, comme ça il l’ouvrira moins !

Déjà qu’il souffre de décalage horaire, ou plus exactement de déphasage calendaire pour cause de chocs des incivilités, avec la multitude de références originaires qu’on lui impose (ères chrétienne, mahométane et shasnaqienne, etc.) Puis, n’ayant pas le sens de l’ubiquité, il a du mal à se faire à cette volonté ambivalente qu’ont les gens à être dans le local lorsqu’ils se croient avoir atteint le mondial, au risque de n’être ni dans l’un ni dans l’autre mais plutôt dans l’illusion suffisante et … nombriliste de l’autruche qui a la tête enfouie en terre et le cul dans le décor.

Bien plus, Bururu ne sait jouer d’aucun instrument de musique tel que l’exige le titre de son texte : car, il n’y a qu’on sonnant le tocsin mélodieux de la trempette de la renommée, chère à Brassens, qui peut faire de l’anonyme crétin un parangon de la réussite dans son domaine. Et qui sera applaudi par les foules folles pour l’« énormité » de sa célébrité ?

Souffler dans un tube en cuivre, ça ne doit pas être la mer à boire comme dirait l’autre. Et dieu seul sait tout ce que le gosier de Bururu a bu et avalé comme … trucs potables !!!

Souffler et faire jouer ses doigts sur le même tube, c’est plus délicat mais, on ne vous demande pas de faire montre du doigté de Louis Armstrong tout de même. Juste souffler, et siffler à la limite, pour vous attirer la sympathie de la galerie, assoiffée de spectacle au rabais.

Puis, libre à vous de vous la raconter à la Homère, et prétendre combattre des géants terrifiants en relevant la lance de Dan Quichotte lorsque, on face de vous, il n’y aura que des moulins à vent que n’habitent que de chauvesouris, achalandés de toiles d’araignée et lugubres comme un remord tardif. Comme un musée déserté de toute mémoire.

De quoi parle-t-on au juste ? Bururu a à cœur de réfléchir à cette manie qu’on a à célébrer nos grands hommes et nos grandes femmes, à se remémorer les dates les plus illustres de nos passés, controversés forcément, à mythifier nos ancêtres en les roulant dans la farine pour nous rouler, nous, dans la poussière. Et ils te disent : nous sommes glorieux, braves et merveilleux. L’art accompli de l’embrouillamini, de l’esbroufe et de l’«empapaoutement.»

Bururu qui n’a jamais mis les pieds dans une mer ou même dans une flaque d’eau stagnante après une averse d’été, pense à la pauvre seiche qui déverse son flacon d’encre pour signer son départ. Le pauvre spectateur n’y verra que du bleu, ou à la limite du gris des profondeurs.

Ces haltes mémorielles, ne sont-elles pas autant d’occasions ratées pour des lectures critiques de nos « épopées » ? Xarsum des lectures tout court des œuvres et des parcours de ceux-là qu’on prétend élever sur un piédestal.

On écrit les noms de nos « valeurs sures » sur nos affiches comme on greffe des titres sur nos cartes de visites : on attend le ROI avec impatience comme une offrande faite à des dieux capricieux et dont on quémande l’absolution de nos pêchers à moindre frais.

Souvent, plus on use de formules intimistes à l’égards de ces gens célébrés, moins l’on est réellement proche de leurs œuvres et de leurs enseignements ni dignes de leurs parcours.

La familiarité compense, croit-on, l’ignorance crasse. Et l’on se demande pourquoi il y a de moins en moins de prétendants au titre de demi-dieux ou de timoniers en ces temps maudits de l’imposture!

Une âme saine de corps et d’esprit acceptera-t-elle de mener tant de crétinisme saupoudré de mercantilisme symbolique et consumériste à des horizons dorés, lorsque la moindre connaissance du passé est introuvable sous la caboche juste bien faite pour les selfies ?

A défaut de vivre dans la lutte, le combat et le progrès, on copie vite fait tout fait un plan de com’ sur le Web et on dresse un chapiteau avec jus en carafe et petits fours, et hop ! Facebook fera le reste. C’est partagé donc forcément c’est grandiose ! Résultat des courses, le mythe et totémisé encore plus, et son legs enfermé à double tour dans le tabou de l’ignorance. Pour l’interview, il suffit de botter en touche.

Pourtant, notre destin nous attend avec impatience dans l’élévation du débat, le recours à la contradiction, la composition du consensus, le sens critique dans le regard, l’ouverture d’esprit et la fondation de jalons solides vers l’avenir.

Il n’y a que de cette manière que ceux qu’on croit connus dans le monde finiront par se faire un nom dans leur village.

Mais comme le dit un proverbe du village voisin, « le temps que ça arrive, on peut tuer un âne à coups de figues ! » Salam a3likum.

 

Abdenour BOUHIREB



Nu du totalitarisme

Parfois, je trouve ce Bururu pas chouette du tout et je ne manque pas de le lui faire savoir d’un trait de plume comme c’est le cas tura! Seul lui sait me briser le moral avec des sujets à la limité de l’impensable. Voilà qu’il s’est mis dans la tête de me forcer la main à parler d’art. Rien que ça, lui ai-je dit ? De peinture et de sculpture, il me répond avec le dessein saugrenu de voiler toute les représentations de la Femme, selon qu’elle y soit plus au moins dévêtue ou revêtue, car de l’œuf ou de la poule, on ne sait pas encore qui a tiré le premier sur le verre à moitié vide.

En effet, quelle qu’était la transcendance utilisée pour surfer sur la morale et la métaphysique et aussi loin qu’on puisse remonter à pied sur l’échelle de la reculade historico-biblique, l’homme et la femme ont ceci de commun qu’ils avaient été pondus de la même glaise, nus comme des vers de terre. Enfin, dans le cas d’espèce, on ne sait plus si la chose s’est faite ici ou au ailleurs…L’essentiel c’est que le ver était dans le fruit défendu, daya. Attendez pour voir.

El muhim ihi, l’humain, après avoir coupé la poire interdite en deux, le ver y dormant aussi, a déshabillé l’animal et ébouriffé les herbes pour habiller sa nudité naturelle ou originelle. De proche en proche et l’expérience de la promiscuité aidant, il finit par instaurer dans la ferme publique qu’on appellera des millénaires après société, les canons de la pudeur corporelle, s’évitant ainsi des troubles de … la vie sociétale, celle-ci commençant à partir de deux. Car je ne pense pas que Robinson Crusoé soit un adepte des costards trois pièces sur son île de salut. Vendredi aussi. Je parle de son chien, alors rappelez vos molosses ! Je disais donc que ces troubles ne l’ont pas empêché, lui l’homme, de procéder à l’érection, ici et là, de monuments célébrant la Femme première, la beauté immaculée, la générosité et l’opulence maternelles. Après, chacun son strabisme artistique.

Pour revenir à notre oiseau ébahi par sa trouvaille, il m’explique qu’il est amené à agir de la sorte en empruntant un procédé cher aux matheux et consistant en le raisonnement par l’absurde. Ou, à défaut de génie, à l’absurde tout court. Et ça a l’air de marcher puisqu’il m’a rallié à sa cause perdue.

Comment réagirait l’humanité dans son ensemble, me dit-il, si au lendemain d’une cuite généralisée organisée grâce à Facebook, elle se réveillerait découvrant plongées dans le noir, en entier ou à moitié comme un biscuit mielleux dans un café matinal, des œuvres telles que le Jugement de Pâris de Rubens, les Demoiselles d’Avignon de Picasso, ou L’esprit des morts veille de Gauguin, sinon Pauline Borghèse de Canova, ou le Nu de Vallotton, etc.?

Qui des œuvres de nus ou de la connerie humaine connaitra l’éternité ? Bururu, le 4 mai votera pour cette liste : La Naissance de Vénus, de Botticelli, l’Odalisque de Boucher, Olympia de Manet, la Vénus d’Urbin, Femme nue couchée de Van Gogh, Femme nue couchée de Picasso et le Nu bleu de Matisse. Et nul besoin de de dépouiller ce scrutin, elles sont déjà sans effets vestimentaires.

Combien de longueurs de tissu de mensonge cousu main faut-il acheter au trafiquant du coin ou au sultan lointain, nabab polygame et volage à souhait, pour couvrir une œuvre aussi majestueuse que Le nu féminin de Fernando Botero ? Que rajouter de plus au voile de pudeur avec lequel enveloppa charnellement Antonio Canova sa Vénus italique ? Ce n’est pas Le Bernin avec son Extase de sainte Thérèse qui dira le contraire de ce que Bururu le simplet n’arrive pas à affirmer. Hé oui, on a le couinement qu’on peut !

Qu’il soit sulfureux, naïf, religieux ou même d’inspiration mythologique ou psychédélique, l’art a réparé d’une main ce que l’humanité bassement phallocrate, misogyne et antiféministe a enseveli de l’autre sous des tonnes d’opprobre et de mépris dé-possessif à l’adresse de la Femme.

Ne me demandez surtout pas la liste complète des tous les nus des arts plastiques du monde. Un : je ne veux pas que les intégristes puissent dresser un index des œuvres à détruire. Deux : Je ne suis pas officier des RG et ma version Encarta est incomplète. Donc contentez-vous de cet échantillon loin d’être exhaustif ou planchez sur khalik Google. Il est payé pour ça, en plus il garde une trace de vos recherches pour votre postérité numérique.

Quant à moi, j’en connais des nervis qui rêvent de s’attaquer à l’Origine du monde de Courbet avec l’espoir de plonger l’âme humaine dans les abimes de la noirceur. Am akken, eux sont venus au monde dans une boite Kinder surprise.

Derrière leur pudeur feinte qui trahit leur ardeur libidinale et œdipienne mal sevrée, les intolérants de tout poil, à travers les âges et les incultures, se proclament seuls rois de la vertu et décrètent que leur conception asexuée de la femme est exclusivement digne de se répandre dans l’espace public: autant dire un terrain nu dans un désert artistique où le dessin s’exécute à la gomme pour révéler la richesse des sens humains.

Imagine-t-on un moment que la moralisation en marche actuellement, de ses pas de hyènes, puisse vouloir, pire encore, édicter qu’on doive voiler toutes ces merveilles de l’art antique ou moderne, baroque ou romantique, de la Renaissance ou léguées par les arts premiers, au motif qu’elles soient attentatoires à la bonne vertu? L’histoire de l’humanité, à défaut de se reproduire, hoquette pour qui sait écouter.

Là, à cette évocation apocalyptique Bururu perd le sourire : Cette chose horrible n’est pas une vue de son esprit mal tourné, mais l’avenir certain auquel sera vouée l’humanité corps et âme au regard du terrain que gagne de plus en plus la fange extrémiste, intolérante et « artophobe » qui sévit actuellement dans des contrées multiples du Globe. Le totalitarisme dont il est question ici s’exporte vers les contrées qui ont porté l’art dans leurs utérus culturels et ayant vu naitre des maitres et des esprits si grands que toute la création humaine en est imbibée, irradiée, irriguée et fertilisée.

Car, le pire c’est qu’après avoir démoli à la tronçonneuse de l’intolérance ces nus au motif qu’ils soient des nus, viendrait le jour où il sera question de déboulonner les sculptures au motifs qu’elles représentent l’homme même emmitouflé dans ses langes religieusement halals, cette création divine non reproductible pour cause de copyright.

Viendrait ensuite le tour des poètes amoureux qui, contrairement aux cygnes, n’auront aucune chance de chanter avant de rôtir sur le bucher. Enfin, ultimement, chacun des survivants sera convié par l’art didactique et persuasif du sabre et de la machette à déposer sur la place publique son cerveau et partir voguer à ses occupations célestes et salvatrices.

Je vous rassure, les vers dont il a été question jusqu’ici seront émerveillés de pouvoir se repaitre de nos méninges. Il parait que c’est plein d’acides aminés. Amen.

Abdenour BOUHIREB

 



Chassez le culturel, il ne reviendra plus jamais !

Les idées se bousculent et ne se ressemblent pas sous la caboche de Bururu. On dirait que les parois de son crâne d’oiseau, rasé de l’intérieur, sont si polies que rien ne s’y accroche. Des méninges de faïence ibérique (Ah ces Espagnoles, nous y reviendrons), des fois qu’il se dit avoir, Bururu.

Il se demande s’il doit continuer à enquiquiner les mouches sous ces latitudes sous-peuplées ou va-t-il déménager, armes et bagages, vers des soucieux plus fournis en vrombissements d’ailes et roucoulements de becs. Car, le caquetage c’est son dada et du haut de la branche où il crèche, et qu’il s’apprête à scier incessamment sous peu, il reste sidéré par l’étendue du désert sonore qui l’entoure. Il se dit « à quoi bon ? ».

Oui, Bururu qui n’a pas sa langue dans sa poche, puisqu’il n’a pas de poche açlan !, depuis qu’il a pris goût à sa condition d’oiseau objecteur des consciences et persifleur des emplumés de tout poil, il se rend à l’évidence que tout ça ne rimait à rien. C’est inopérant pour parler comme un livre de psycho.

Ses jacqueries chrypto-satiriques hebdomadaires, à part nourrir son nombrilisme primaire, ne font pas avancer le schmilblick pour parler en parfait colonisé. Pourtant, ça a une forme d’œuf comme dirait l’autre !

Les disciples d’Euclide objecteront qu’un œuf ça ne roule pas et ils ont raison ! Un œuf ça se mange dur ou au plat, ou ça tangue sur la table et se casse la gueule en bas de l’échelle des valeurs. Or, la meilleure place d’un œuf c’est sous le cul maternel (ou paternel dans le cas des oiseaux ratites et des hippocampes). Quoi que dans le dernier cas, il ne s’agit pas d’oiseaux mais de chevaux de mer minuscules et indomptables bien que leur air penaud donne d’eux une image de faux crétinisme aquatique. De vrais mustangs (Amérique en vue, capitaine!).

Mais bouffer des formes géométriques au diner ne vous dispense pas de devoir réfléchir à nos responsabilités en tant que producteurs et consommateurs de civilisations, de normes et de valeurs et dont ne nous exempte pas notre condition de sales bêtes parlantes et bouffeuses de mayonnaises idéologiques fétides et pleines de larves haineuses.

Pas si vite ! L’universel et le singulier sont les deux faces de la même médaille d’or des jeux olympiques de la diversité humaine. Car, le gagnant c’est toujours Bunadem! Et c’est de cela qu’il s’agira dans ces lignes à l’avenir. L’universel est la matrice que fécond le particulier pour mettre au monde le vivant culturel. Et nul n’est meilleur gynéco sur les grossesses des autres, alors rangez vos scalpels.

On examinera l’invention de la roue dans une toute prochaine publication pour clouer le bec une dernière fois à ceux qui croient rouler sous l’or en ayant mis des rondins de bois à leurs Cadillac à bœufs.

A chacun sa poule aux œufs d’or : Et la nôtre de poule dort sur ses deux oreilles depuis les premières conquêtes phéniciennes sous des tonnes d’autodafés et de hara-kiri culturels mais salvateurs. On laisse passer la vague … conquérante et on recommence.

Les civilisations précolombiennes ont bel et bien existé sans avoir, un jour, fait tourné la moindre roue de brouette sur leurs sentiers solaires et multimillénaires. Bien sûr, pour certaines d’entre elles, les aztèques, la roue de l’histoire a cessé promptement de tourner, à l’aube de la modernité occidentale, les éjectant en centrifugeuse, de l’ère humaine tout court. Aujourd’hui, ne voilà-t-il pas que ce peuple effacé par l’irrationnel et l’irascible hanter les remords et les cauchemars de ceux qui, le lampion à la main, avaient éteint toute lumière dans les yeux de l’humanité, obnubilés qu’ils étaient de leur Unique-Dieu-vérité ? Ewet tura ihi.

Les conquistadors, dans cette histoire génocidaire, avaient joué le rôle de la main du destin, tenant sans ciller le glaive de la faucheuse rédemptrice, mais bon ! C’est toujours de la faute du plus faible qui adore, sans raison, mourir avant la fin du film.

Voilà, en un mot comme en mille, Bururu croit dur comme fer forgé à la flamme de géhenne que le choc des civilisations avait commencé bien avant Samuel Huntington. Les autochtones du « nouveau monde » se sont fait livrer de la pizza sanguinolente et empoisonnée sans l’avoir jamais commandée sur EBay ou Amazon aux Espagnoles. Résultat des courses, une civilisation riche mais étrange à nos yeux formatés qui disparait et une autre belliqueuse, suffisante et aveuglée de sa sainteté qui dort (comme notre poule) sur un charnier géant.

Finalement, comment ne pas se caresser le nombril même pour un oiseau en souriant à demi, en admirant la persistance de notre poule pondeuse de miracles depuis 25 siècles qui ne s’est pas effacée ni n’a un jour baissé les yeux devant aucun Raptor venu au-delà de l’horizon bouffer nos livres et nos rites, nos chants et nos prières, nos rêves et nos mirages…

Notre poule aux œufs d’or est une perdrix qui a su en plein vol déjouer tous les missiles sol-air lancés par les « peuples frères » au nom de leur humanisme de niveleuses. Offrant le sein et non le front à toutes les conquêtes « civilisatrices ».

Il faut classer les civilisations et les cultures au registre des espèces en voie de disparition. Car après elles c’est le déluge de la connerie…

Abdenour BOUHIREB



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