Le connard à enchainer

Bururu s’est piqué d’une idée, en se réveillant aujourd’hui à midi, qui risque de faire des dégâts dans la jungle qui nous sert de biotope ! Faire du journalisme, rien que ça.

Pourquoi faire ? Ce sera la question la plus évidente à poser pour ceux qui se préparent dans l’ombre d’un taillis à tuer dans l’œuf d’un reptile ce projet ovipare. L’art de l’embuscade oratoire dans sa splendeur la plus laide.

Ben, c’est pour écrire des articles et dénoncer plein de crapules. Car Bururu en a marre d’attendre que la nature paresseuse apporte un semblant d’humanité dans cette faune qui s’appelle Société.

Ce qu’il redoute le plus, Bururu agi nagh, c’est d’avoir à écrire des milliers de papiers et épuiser davantage le climat par le nombre de feuilles de choux qu’il aura à utiliser sans que cela n’ait d’impact sur la connerie. Car comme aurait dit Einstein, « Deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue. » Voilà, que l’on se tienne pour dit.

Notre oiseau insomniaque voit d’ici le titre de son canard boiteux : « Le connard à enchainer ! ». Tout un programme. Il nous faut, donc, un connard et ce n’est pas ce qui manque dans les parages. Il suffit de tendre la main et vous avez une chance sur deux de vous la faire mordre par les zawahif qui pullulent dans le marais local.

Puis, on aura besoin d’une chaine, non pas de celles qui occupent les créneaux hertziens de nos satellites ou la bande passante de vos connexions surveillées. Non. C’est cette chaine qui est aussi grosse que celle d’un supertanker géant fabriqué dans Marsa El Kebir au temps de la Régence. Oui, car un connard ça n’aime pas vivre en captivité. Ça aime s’agiter et batifoler dans tous les sens pour épandre sa savoureuse connerie sur les étendues fertiles de la nature, comme en étend de la confiture pourrie sur un tartine au réveil un matin pluvieux et par jour de gueule de bois.

Et enfin, il nous faut des petites mains qui ne rechignent pas à la besogne, surtout la plus sale. Il s’agit de prendre délicatement la chaine, la poser avec douceur et doigté sur le corps du connard et finir par des petites ligatures et entrecroisements dignes d’un cordelier qui se coiffe et s’équipe pour aller au combat contre les Sarrasins à la conquête de l’Andalousie alors ces derniers n’étaient même pas foutus de défendre notre chère Numidie. Ahia Din qessam !

Il faut noter, à ce niveau de l’algorithme, que les candidats doivent faire montre d’une passion et d’une foi à l’œuvre car le résultat doit être à la hauteur du cœur mis à l’ouvrage. Bien plus, parmi les connards à enchainer, s’en trouveraient des illuminés, des fêlés ayant survécu au Crétacé supérieur, des faux-prophètes, des méchants sans raison, des psychopathes, des gaffeurs en série, des hybrides qui s’ignorent(moitié cons, moitié cons), des médaillés olympiques champions de la persécution des femmes et des minorités en tout genre, des génies au service du Mâle dominant, des géniteurs irresponsables, des nombrilistes si auto-centrés qu’on les prendrait pour des marsupiaux, des langues de vipères mal orthographiées et ça n’a rien à voir avec l’informatisation de l’état si vil qu’il faut s’en débarrasser avec l’eau du bain, des faux témoins de ce qu’ils n’ont jamais vu, des ramasseurs de balles explosives en temps d’émeutes kabyles pour les dérober à la justice divine, des crapules ayant fait déjà l’objet d’une précédente chronique, des erreurs de l’histoire de l’évolution que seule l’uchronie peut corriger, et enfin tous ceux qui sont si cons qu’ils trouveront le moyen d’adhérer à ce listing croyant à une distribution caritative de la soupe originelle.

Bien entendu, le journal dont il est question sur ces lignes n’a rien à voir avec la vie réelle et toutes ressemblances n’en est que le fruit pourri de vos esprits mal tournés.

Ah, une dernière chose avant le bouclage : L’équipe de rédaction se limitera à Bururu Himself, seul rédacteur, secrétaire, correcteur, responsable de l’édition, monteur, distributeur, lecteur et surtout entremetteur du PDG et colporteur des bruits de couloirs. Tous les droits d’auteurs, voisins, cousins et apparentés sont réservés au seul fondateur patenté des conneries que le lecteur est en train de lire maintenant et qui le force à sourire pour une telle arnaque éditoriale.

Bonne lecture !!!

Abdenour BOUHIREB



Le saigneur des agneaux

Contrairement à ce que son nom n’indique pas, le saigneur des agneaux n’est pas un roi, ni un quelconque souverain. Ce n’est pas non plus le titre d’un péplum DZ en trois opus, retraçant le parcours du Raïs victorieux sur les forces du mal.

Il n’est pas aussi un berger ou plus poétiquement un pâtre. Donc ni flute qui chante ni réponse à la bergère qui languit dans le pré en attendant son amoureux par jour pré-printanier. Au passage, honte à lui de lui poser un lapin en ce 8 mars…ma3lic!

Le saigneur dont il est question ici, est par définition celui qui fait saigner. Et comme depuis Moïse, l’humanité a élu au poste de victime expiatoire nos sauveurs les agneaux, donc, celui qui perd son sang dans l’histoire c’est le fils du bélier et non de l’adorateur du Dieu capricieux. Et n’allez pas me sortir l’argument des vertus thérapeutiques de la saignée, sinon c’est le TPI dirict.

Bon, résumons-nous : on a un couteau, une gorge est une âme qui bêle de stupeur pour un casting plein de fausses notes. Yerna pas de machine-arrière.

Vous allez me dire où est Bururu dans cette histoire qui hoquette ? Bururu a fini cette semaine de démanger en quittant son vieux perchoir pour s’installer dans une autre branche d’où il pourra veiller à sa nichée. Bref, le reste relève de la vie privée alors oust, circulez, il n’y a rien à voir.

Pas la peine de faire dans la génuflexion, ni dans la nostalgie car comme dit l’adage, la superstition porte malheur. Hahahah.

Ihi ya el khawa, ce saigneur ne fait que perpétuer la prescription divine qui recommande de substituer le mouton à l’enfant omettant de préciser que l’agneau dont il est question est lui-même le fils de quelqu’un et de quelqu’une, unis par les liens sacrés (et sacrifiés) de la copulation animale.

Au soir venu, la maman offre le sein à son rejeton sauvé de la providence par ange interposé alors que la brebis larmoie au sang, maudissant un sort qui s’est écrit en lettres écarlates sur l’étoffe de son agneau. Pas la peine que je vous précise avec quoi essuie-t-on l’arme du crime !

Bref, après un tel crève-cœur, Bururu a l’estomac tout retourné et n’a qu’une idée, éteindre la lumière et faire plonger le monde dans le noir. Mais tout compte fait, pourquoi le ferait-t-il ? L’humanité n’a-t-elle pas déjà plongé corps et âme dans l’obscurantisme ?

Dès lors, pour parler comme un orateur, cette humanité qui se gargarisait tant d’humanisme inventa les sépultures, les totems et les odes aux morts pour se donner bonne conscience sur un tas de cadavres d’ovins fumants. Ou, le nec plus ultra, s’attabler en festoyant autour d’un méchoui doré au feux des guerres.

Bururu qui en est à sa sixième bière entend encore le grand Jacky qui lança jadis ces mots glaçants :

C´est trop facile quand les guerres sont finies / D´aller gueuler que c´était la dernière

Amis bourgeois vous me faites envie / Vous ne voyez donc point vos cimetières.

Suite à un tel développement mystico-biblico-lyrique et en guise de chute brutale, il est aisé pour vous chers lecteurs de deviner qui se cache derrière le masque de Zorro le saigneur et de mettre un nom sur les os brisés des agneaux qui marchent en file indienne vers les cieux, quémander une place au paradis, à l’abri des lames et des flammes. Une place près du Grand Ordonnateur Sacrificiel. A-wer nekker !

Moralité, on est tous l’agneau de quelqu’un et n’oubliez pas de vous essuyer les pieds en partant.

Abdenour BOUHIREB



Le polymorphisme de la connerie

Cette fois-ci, Bururu veut parler d’une espèce de bestiaux bien particulière car adepte du polymorphisme. Pour une fois, il ne s’agirait pas de volailles mais de gorilles. Et rien ne vous empêchera de traiter ces orang-outangs de tous les noms d’oiseaux. Mais chaque chose en son temps.

Vous me direz que ce sujet ne nous éloigne pas des primates que nous sommes en soulignant d’un marqueur fluo notre généalogie germaine. Assurément, mais chacun son métier et les vaches seront bien gardées. Et ça tombe bien puisqu’il sera question de chiens de garde. Peff, je ne sais plus, entre le klébar et le simien, l’homme se retrouve dans une drôle de bergerie sur laquelle veillent nos amis les loups.

Ainsi donc, les crapules que Bururu soumet à l’analyse de son stéthoscope astigmate et satirique cette fois sont une vermine dotée de grandes qualités immorales et surtout physiques. Après, il faudra penser à jeter tout ça dans un incinérateur de peur d’une contamination.

Aussi malin qu’un pois chiche, ce “zindividu” a l’aptitude héritée de ses ancêtres caméléons à se muer en toute espèce qu’il voit: Il peut se travestir un jour en médecin, l’autre en architecte, puis en avocat ou en maçon, etc. Et vous pouvez visiter tous les corps de métiers, y compris celui des professeurs auquel appartient votre serviteur hurluberlu, au fond de sa cervelle de moineau, notre vermine à pattes reste un videur chargé de ne pas réfléchir lorsque le maitre qui tient la bourse lui indique la cible à démolir.

Non, il ne veut pas être soldat ou sapeur-pompier. L’héroïsme c’est pour les autres. Ni même aventurier ou montreur d’ours, faut pas déconner quand même, hé ! Même pas mercenaire, tant cela exigerait de lui de faire montre d’un certain art. Non, le malabar dont il est question ici est juste un gros bras qui, pour prendre du muscle, n’hésite pas à bouffer de son propre cerveau. Et son dada c’est d’être le toutou de son maitre.

Il y a parmi eux le dépravé qui consent une débauche d’énergie pour servir le nabab du stupre, il y a aussi le conservateur (et le con-serviteur), de la famille des intégristes tautologiques et irrémédiables qui sert lui aussi d’autres dieux assoiffés de sang et de houris. Il y a surtout ceux qui en dobermans éclairés se sont installés à leur propre compte à rebours et qui finiront par recréer le cercle vicieux à force de se mordre la queue.

Sur ses larges épaules, il est écrit « larbin à vendre ». Il essaye, sa vie durant, à fédérer les connards de son espèce pour freiner l’élan libérateur des bonnes âmes ou pervertir les solidarités construites par la raison et la sueur. Tout ça par amour du non changement.

Ils sont de tous les complots, de toutes les conjurations et de toutes les traitrises, pour vue qu’ils puissent exercer leur vélocité « connerique ». Une forme ça se maintient à coup de cassage de gueule sociale et culturelle.

Les victimes de choix de ces cerbères mono-céphales sont les progressistes, les libres penseurs, les activistes émancipateurs, les artistes et les sages. Vous les trouverez la nuit à tricoter des traquenards avec leurs semblables et à frétiller de la queue rien qu’à l’idée de répandre le sang des idées novatrices.

A chaque méfait, ils signent leur œuvre comme on marque son territoire par les odeurs, en déposant sur la scène de leur crime leur carte de visite. A la rubrique « métier », il est écrit : « je ne suis pas né conard mais j’ai pris de cours ».

C’est sur ces vers primitifs que s’appuie toute tyrannie naissante, bien portante ou finissante. Il leur arrive même de s’autosaisir de certaines affaires sans que leur maitre n’ait à leur en donner l’ordre car la vue des choses belles les révulse et l’idée de souiller la liberté les excite.

Depuis la nuit des temps où les chiens n’aboient pas à nos jours sans aurore, ils ont brisé des révolutions, cassé des destins, ramolli des certitudes et retardé des guérisons. Ils ont fait pleuré des peuples et détourné des victoires. Ils ont vendu des secrets et éventé des mystères. Ils ont détruit des chefs-d’œuvre et compromis des découvertes.

C’est pour cette raison que Dame Evolution que dieu ait son âme a fermé la porte sur leur groin de porcs, et depuis ils sont restés macaques alors que leurs cousins sont devenus humains.

Mais, n’oublions jamais que les seconds sont encore plus coupables et dangereux que les premiers …

Abdenour BOUHIREB



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