Bio-mimétisme ou plagiat de la nature ?

C’est tout de même curieux que ce soit l’Homme, unique héritier du Trône terrestre et censément l’être le plus intelligent de la Création, qui copie les animaux, les plantes et les minéraux (tous très mal placés dans l’échelle du QI, fabriquée par l’Homme bien sûr pour mesurer sa vanité). Il a eu recourt au plagiat pour pouvoir se fabriquer des gadgets grâce auxquels il s’ennuyât un peu moins ces derniers millénaires.

Inversement, on n’a jamais vu un animal singer l’homme pour se porter mieux dans la savane, courir plus vite, manger à sa faim ou même, pire, paraître plus intelligent. Sauf à évoquer, bien sûr, les grimaces simiesques puisque le chimpanzé, lorsqu’il imite l’Homme avec des risettes ridicules et sonores, il semble dire à qui veut l’écouter: « je savais que tu descendais du signe, mais jamais je n’ai pensé que tu allais creuser aussi bas dans l’avilissement de ton espèce

Principale si ce n’est première source d’«inspiration» : voler en formation pour les oiseaux, nager en bancs pour les poissons et avancer en essaims pour les criquets pèlerins. Ces dynamiques et ces cinétiques sont étudiées sous toutes les coutures dans les grandes écoles. Mais leurs secrets semblent protégés par des mystères en airain, à l’épreuve des microscopes.

Harmonieuse nature !

Pourquoi ces nuées de créatures, progressant les unes près des joues des autres, se meuvent sans jamais connaître le moindre des télescopages, d’accrochages ou de plantages. Aucune revue, nul observatoire, pas la moindre chaine animalière n’a jamais signalé le crash d’un ou plusieurs acridiens qui se sont mêlé les ailes au-dessus du Sahara, pas une oie sauvage partie en vrille en quittant son groupe, gênée par le battement d’aile de sa devancière, ni un poisson noyé par le coup de nageoire caudale de son semblable.

Au grand dam de l’Homos-erectus qui veut rebrousser les chemins de l’évolution sans ticket et en marchant sur le génie des vers de terre, ces chorégraphies frisent la perfection bien qu’elles nous paraissent chaotiques. Ce qui n’empêche pas le malheur de s’abattre sur tout ce que l’Homme fait se mouvoir dans un circuit, dans les airs et même sous l’eau. L’auto-tamponneuse, seule ou bien accompagnée, finit dans le décor, le bateau cul-par-dessus-tête et l’aéroplane fonçant le nez droit vers le plancher des vaches.

Maintenant qu’on a distingué entre l’original et la copie, rendons au lézard ce qui appartient au lézard !

L’homme, pour donner un coup de fouet à la mayonnaise de ses neurones, regarde autour de lui et essaie d’induire les lois qui font que la nature soit bien régie. Il y cherche l’harmonie là où la bête et la belle (le sanglier et l’orchidée) vivent en pilotage automatique.

Pillage en règle

Se posent les questions lancinantes suivantes : à qui appartient le patrimoine matériel et immatériel de la nature ? L’Homme a-t-il le droit de copier et d’exploiter, pour ses propres intérêts, les procédés dont use un mollusque pour grimper sous un récif ? Les gênes d’une bactérie sont-ils libres de droits ? La façon qu’ont les quadrupèdes ou les acariens à se déplacer peut-elle faire l’objet d’une exploitation industrielle ? L’organisation des transhumances des gnous appartient-elle aux gnous eux-mêmes, aux crocodiles tapis dans la marre en attendant le festin, au caméraman de National Geography qui la filme ou au scientifique qui l’a décortiquée le premier un flairant le bon filon ?

Du point de vue de l’Homme, se faire de l’argent sur le dos de ces bêtes, c’est juste un pillage en règle de la nature. Et c’est pire que le braconnage puisqu’il s’en tire avec bonne conscience et quitte devant la loi.

L’euphémisme pour se sauver la face

Aujourd’hui, accaparer tout ce patrimoine et y investir représente un formidable marché lucratif aux plans militaire, stratégique, politique, scientifique et économique. Mettre la main sur l’ADN d’une bactérie à l’exclusion de toute autre partie, c’est détenir un droit de vie ou de mort sur la bactérie mais aussi sur tout son écosystème, l’Homme inclus.

A l’heure des biotechnologies (euphémisme pour dire vol de la nature à des fins mercantiles), il est même question de breveter le vivant et de devenir son propriétaire. Les gênes d’un grain de blé peuvent vous appartenir comme vous appartiendrait une maison, un terrain, une veste ou tout autre objet.

Tout cela, au moment où d’autres grands laboratoires (ou officines secrètes) déversent des tonnes de billets verts dans le bio-mimétisme pour créer des drones « plus efficaces avec moins de dégâts collatéraux », des prothèses qui optimisent les fonctions corporelles ou des babioles pour riches oisifs.

On est toujours le c… de quelqu’un

Personne ne s’est dit que demain, si ce n’est déjà fait, au bureau galactique des droits de propriétés et droits voisins, des Martiens ou des Jupitériens ne vont pas breveter notre façon de descendre le Whisky cul-sec, marcher comme des canards boiteux, nos chromosomes ou mêmes nos traditions, us et coutumes. A qui se plaindre alors ?

Pour revenir sur Terre, disons que tout cela semble à jamais amorcé et c’est irrémédiable. Il reste à la banane de sauver sa peau.

Bururu propose de créer un fonds mondial où, à chaque fois qu’une idée est piquée aux animaux, aux insectes ou à la flore, une part de 25% des bénéfices soit versée comme une sorte de copyright selon des dispositions qui seront explicitées par voie réglementaire pour parler comme un journal officiel.

Cet argent sera investi dans le reboisement, la création de sanctuaire, de réserve et de parcs naturels et de la dépollution des aires souillées par les déjections de l’humanité. Ces subsides seront consacrés à soigner les plantes et les animaux en espérant que l’Homme finisse par comprendre qu’il n’est pas Dieu.

Abdenour BOUHIREB



Survivre à la vermine !

Enfin, il en a fini Bururu avec sa grippe (aviaire, forcément pour une volaille, quoique). Il ne lui reste qu’à sortir doucement et prudemment d’un son isolement, qui a duré quatre semaines, comme sorte le jeune pousse de sous terre lors de la germination.

Encore que pour lui, observer la distanciation sociale est chose aisée, puisque il mène une vie de troubadour dans le désert nocturne sans harde ni bagage. Il cherche sa pitance et de quoi souligner les lignes de sa chronique tordue sans demander son reste.

Le jour, il roupille lorsque les rues fourmillent d’une présence sociale grouillante. Mais cela ne l’empêche pas de porter un masque lors de ses escapades de nuit. Au fait, Bururu a, vissé sur le bec, un cône fait d’un tissu qui nous vient, parait-il comme autre fois les épices et la soie, d’une contrée lointaine. Un tissu qu’il accroche à sa nuque style aviateur de l’après-guerre.

On n’est jamais assez prudent et, ça, Bururu le sait pour l’avoir vécu et dans sa chair. Mais au fond de son cerveau de pois-chiche, il se considère très chanceux de s’en sortir sans séquelle et pense avec peine à tous ceux qui …

Olala ! Mais je dois vous le dire pour vous mettre dans la confidence que, au long de son confinement, Bururu a eu à refaire les douze travaux d’Hercule version DZ :

  1. traverser la nuit à la nage et à l’aveugle sans se noyer dans sa propre sueur ;
  2. lutter contre les flammes infernales de la fièvre qui consume ses articulations ;
  3. résister aux délires qui naissent la nuit et qui rendent hideux tout ce que la lumière a sublimé le matin ;
  4. avaler des fournées d’une mixture à base de quinquina sans être friand d’herbes médicinales ;
  5. s’oindre les plumes à chaque fois d’une huile germicide au risque de détruire son beau plumage ;
  6. boire, pour ne pas s’assécher, les flots débordant du tonneau des Danaïdes rempli à l’eau de source ;
  7. 7.      bequeter le nectar et les sucs des fruits et des fleurs comme un hippy dépaysé qui fait l’abeille loin de son paradis artificiel ;
  8. faire la télé-conversation régulièrement à une toubib chargée de suivre l’évolution épidémiologique au sein de la faune des volatiles ;
  9. adopter la vie aquatique des sauriens avec toilettage complet plusieurs fois par jour, mais sans la gueule ouverte au soleil ;
  10. surveiller le voisinage du haut de sa tour de guet avec l’espoir de ne pas avoir refilé son virus de la famille des HN ;
  11. surveiller les battements de son cœur comme surveillerait l’horloger suisse les mouvements d’une montre raffinée ;
  12. et enfin, écouter les soubresauts de ses artères tel un vulcanologue qui s’apprête à sonder les entrailles d’un abime en feux menaçants.

A la fin de ce parcours du combattant alité, délicieux fût le gout de la victoire sur la vermine insondable, invisible et sournoise. Une victoire parmi tant d’autres. Au vu des vies ravies ici et ailleurs et dont le nombre reste très élevé car une de plus est une de trop, l’espoir est permis, que dis-je, il est de mise pour surmonter une pandémie qui mérite notre attention et toute notre mobilisation.

Prenez soin de vous-mêmes et, surtout, des autres.

A. B.



Gardons verte la planète bleue!

Terre, air et mer sont le triangle des Bermudes où est écrite la perte du vivant. Une perte écrite par la plume de l’Homme. Et c’est ce qui rend furieux Bururu qui refuse que cet atour connu pour sa légèreté soit mêlé à une aussi basse œuvre. Icare l’a connu à ses dépend : plus terrible sera la chute…

En défonçant les « portes de la déception » sans mescaline, car à chacun ses ivresses, Bururu, proie d’un délire qui lui délie la langue, se demande ce que fait un chat luthier (espèce qu’Alice connaitra dans le prochain épisode) sur un chalutier ?

Le matou sans foi est amateur de poissons et s’en donne à cœur joie, en prenant la clé des champs aux rythmes des chants de marins qui pèchent en riant: ohé, ohé ! Ceci pour le face A, pour ceux qui se souviennent des cassettes audio du siècle dernier.

Pour la face B, disons que ces escapades halieutiques et hallucinées sont un triste spectacle auxquelles assistent, médusées, des tortues-luths (Espèce réellement réelle) qui luttent contre des sachets en plastique qu’elles prennent pour des méduses. Conséquences : qui s’y frotte s’y pique comme le disent nos amis les oursins qui ne sont ni ours ni sains, les tortues ingurgitent des polymères qui polluent les mers et meurent de n’avoir pas lu les tragédies grecques.

Et s’il arrive que s’assoupisse la Providence, les futures carapaces vides luttent aussi contre les filets dérivants, dérive du vivant qui, par sa pêche intensive depuis longtemps, lessive les océans.

Ciel, ma glace a fondu !

Et sur terre ce n’est guère plus joyeux que sur mer: Les pyromanes, ces têtes brulées qui adorent l’été et dorent l’hiver, s’amusent des fumées des cents feux qui brûlent faunes et flores contrairement au brulis qui, lui, féconde les entrailles des sols pour que germent les meilleures semailles.

Mais y aurait-il pire qu’un pyromane s’il n’était aussi pompier? Il passe d’une face à l’autre de la médaille de la perversion et éteigne, le jour, d’une main de velours ce que, la nuit, la main de fer a fait s’embraser ?

Cette attitude bipolaire fait s’accélérer, l’air de rien, la fonte des glaces aux Pôles. Sourd aux fracas des glaciers qui suent à grande eau douce, l’Homme suce sa glace, assis sur un transat, les pieds au bord d’une eau qui monte inexorablement et grignote des pans du rivage lui cause ruine et ravage.

Si l’Homme continue à ne rien faire, usant sa langue et son esprit engourdis par le froid d’une icecream à la vanille ou d’un sorbet aux arômes exotiques à l’ombre d’un soleil torride, il ne restera de la planète qu’une languette de bois, coincée entre ses doigts, vestige d’une forêt décimée et d’un glacier qui a la grippe et où les ours blancs s’agrippent à des icebergs pas de taille à faire chavirer une chaloupe ou un kayak.

L’eau submergera nids et terriers et fera se noyer bêtes domestiques et sauvages avec ou sans ailes, ne pouvant comme des nuages vivre suspendues aux nues.

On verra fuir les oueds en furie sur des radeaux de fortune castors et rats d’eau, loutres et ratons-laveurs ne pouvant plus laver les étangs des déchets qui leur causent du tort.

Les parricides agricoles

La forêt part en fumée à une allure qu’on mesure par des terrains de football. Curieuse unité de surface qu’utilise l’industrie conquérante pour faire de l’arithmétique par le morbide, le scabreux et la tronçonneuse, sans jamais préciser si ledit terrain, qu’on défonce ainsi pour nourrir l’ogre agroalimentaire, est homologué par la WVF, Greenpeace ou Sea Shephred ou par les bourses mondialisées.

Les dimensions de ces carrés verts, au milieu desquels des bandes rivales se ruent en culotte courtes derrière un ballon de baudruche pour amuser des milliers de spectateurs éreintés, eux, par une semaine de dur labeur (lorsqu’ils ne sont pas chômeurs), doivent être disponibles sur les sites web de la FIFA, holding tentaculaire qui prend soin des pieds des footballeurs comme le Prince charmant de celui de Cendrillon.

Pour nous autres, hérétiques de cette éternelle nouvelle religion des peuples, seule reste l’option de reboiser tous les stades du monde, terrains de jeux de l’industrie du spectacle où s’organisent de grands-messes publicitaires (où le public n’a qu’à se taire), vendeuses de cacahuètes au caramel et de … tondeuses à gazon pour jardiniers du dimanche (ou du vendredi) et des pelleteuses de géants à l’assaut des forêts premières.

Et là entre en jeu la révolution vraiment agraire pour nationaliser les aires de sports (Bururu parle bien sûr des champs de palmes et autres sanctuaires des parricides agricoles) où l’argent est le vrai arbitre, où les 22 joueurs réunis gagnent plus d’argent que certains pays pauvres qui, souvent, sont les plus menacés par la remontée des eaux, les massifs qui brûlent et les cyclones qui affectionnent le twist pour danser sous la pluie … diluvienne.

Abdenour BOUHIREB



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