Ferhat Mehenni, leader du MAK, au Quotidien marocain l’Opinion : « on a assassiné mon fils aîné pour me châtier»

Le site d’information “continentalnews.fr” a reproduit intégralement, le 07/01/2010 dernier, une interview accordée par le leader autonomiste kabyle, Ferhat Mehenni au journal marocain l'Opinion (http://www.lopinion.ma/).

Ainsi, à la question relative aux « défis et entraves qui se dressent sur votre chemin en face d’un système qui vous accuse de trahison et de dépendance », le président du MAK rappelle que « (…) Cela fait plus de huit ans maintenant que nous existons. Nos efforts ont fini par être couronnés de succès puisque le 20 avril 2009, à l’appel du MAK, plus de 20 000 personnes sont descendues dans les rues de Tizi-Ouzou. D’autres démonstrations sont à l’ordre du jour de cette année et montreront notre ancrage réel au sein de la société kabyle. Nous sommes conscients des défis que nous relevons et nous en assumons les risques. Je vous rappelle qu’en juin 2004, on a déjà assassiné mon fils aîné pour me châtier de ma témérité à avoir revendiqué cette autonomie régionale. Mais quand on a la force de ses convictions, le cours de l’histoire ne s’arrête pas devant des écueils, quels qu’ils soient.»

Interrogé sur les accusations par une partie de la presse algérienne de « de militer pour le compte du MOSSAD et d’Israël », Ferhat Mehenni rétorque que « Ce sont les services algériens qui opèrent derrière des prête-noms journalistiques pour riposter à notre succès le 26 mai à la tribune des Nations Unies. La seule parade que le régime ait trouvée c’était de dire que nous nous réunissions avec le Mossad et la CIA à l’ambassade d’Israël à Paris. J’ai engagé des poursuites judiciaires à ce sujet. La justice algérienne ne s’est pas encore prononcée. Mais puisque vous m’en donnez l’occasion, je démens solennellement ces allégations mensongères. D’ailleurs, dans le même article qui se retrouve sur tous les sites internet islamistes dans lesquels des appels au meurtre contre ma personne sont lancés, la télévision marocaine a été citée comme le média à travers lequel j’aurais annoncé un congrès du MAK pour le mois d’août dernier et pour déclarer la guerre à l’armée algérienne. Une pure invention du DRS pour diaboliser le MAK et son président.»

Plus loin, Ferhat Mehenni, souligne que « (…) Sans le MAK et sa revendication autonomiste, cela irait droit vers la désintégration de l’Algérie. C’est la politique du régime algérien, calquée sur le modèle serbe en ex-Yougoslavie, qui va nous conduire à l’irréparable. Avant qu’il ne soit trop tard, je lance un appel aux décideurs du pays pour prendre en compte notre revendication (…).»

Interrogé sur son positionnement de soutien au « plan d’autonomie au Sahara proposé par le Maroc pour mettre fin au conflit artificiel qui l’oppose au Polisario », le leader Kabyle explique que « la proposition marocaine d’une autonomie régionale pour le Sahara me parait plus empreinte de sagesse que l’attitude rigide du gouvernement algérien sur la question. Elle est moralement supérieure à la guerre (…) Si le gouvernement algérien, dans les jours à venir, propose au MAK de négocier les modalités de l’autonomie régionale pour la Kabylie, nous accepterions volontiers. Par ailleurs, sur le plan de la simple logique et du bon sens, comment se pourrait-il que le MAK qui revendique une autonomie pour la Kabylie viendrait à s’opposer à la proposition marocaine de même nature pour la région du Sahara? Il le ferait au nom de quelle cohérence?» (Lire l’intégralité de l’entretien ici)

Par ailleurs, dans un communiqué publié sur son site électronique, le MAK applaudit l’initiative du Roi du Maroc qui vient de lancer « un vaste chantier de « rénovation et de modernisation de l’Etat » en installant, dimanche 3 janvier 2010, une Commission Consultative de Régionalisation (CCR) avec à sa tête son actuel ambassadeur en Espagne. Dans son discours prononcé à Marrakech, à l’occasion du 10e anniversaire de son arrivée au Trône, Mohammed VI a réaffirmé sa volonté de faire bénéficier toutes les régions du pays de ce nouveau mode de gouvernance qui est l’autonomie élargie dont le Sahara va être le premier bénéficiaire.»

Plus loin, le MAK annonce que « pour pousser les gouvernants que nous subissons chez nous à aller dans le sens du progrès et de l’Histoire, les Conseils Universitaires du MAK de Vgayet et de Tizi-Ouzou appellent à des marches dans ces deux capitales kabyles pour mardi 12 janvier 2010 à 10h. Notre Mouvement fera de ce Yennayer un rendez-vous avec notre destin de liberté. Même si le régime algérien ne se préoccupe que de la rente pétrolière pour ses tenants, le MAK est décidé à faire accéder le peuple kabyle à la maîtrise de son avenir.» (Lire l’intégralité du communiqué ici)



Après son refoulement de Tunisie, Ferhat Mehenni accuse le pouvoir algérien

 

Dans une interview accordée au Quotidien El Watan et publiée ce lundi 14 décembre 2009, Ferhat Mehenni, leader du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie, revient et analyse son refoulement, le 10 décembre dernier, d’un aéroport tunisien par la police de ce pays.

Dans cet entretien, le célèbre chanteur accuse directement le régime algérien d’être l’instigateur de cette affaire et révèle des menaces qui pèseraient sur sa personne. 

A la question relative à « l’argument avancé pour vous empêcher d’entrer dans ce pays ? », F. M. répond : « (…) Pour des raisons de sécurité, je n’avais avisé personne en dehors d’un neveu qui devait se débrouiller pour me ramener ma mère, très âgée, jusqu’à cette capitale d’un pays « frère ». Une fois sur place, je me suis dirigé vers un guichet et j’ai attendu mon tour pour les formalités policières d’entrée en territoire tunisien. L’opération a semblé déstabiliser quelque peu le policier ayant pris mon passeport. En introduisant mon nom dans le fichier de la police tunisienne des frontières, une information codée s’est affichée sur l’écran de son ordinateur. Il a demandé de l’aide à un de ses collègues, qui a appelé un chef hiérarchique en civil. Ce dernier me demande de le suivre, loin de la sortie des voyageurs. Là, il me demande de rester derrière l’enceinte d’un lieu qui fait office de bureau, où il appelle ses supérieurs.

D’un supérieur hiérarchique à un autre, il me pose des questions sur mon métier de chanteur auquel visiblement il ne voulait pas croire. Cela ne devait peut-être pas correspondre aux informations en sa possession. Au bout de 25 minutes, je lui demande ce qui ne va pas. La réponse ultime vient enfin : « Désolé, mais nous sommes au regret de vous remettre dans l’avion dans lequel vous êtes arrivé. » Il ajoute discrètement : « Nous ne voulons pas de problème avec l’Algérie ! » Une réservation est immédiatement faite et je fus le dernier passager à entrer dans l’avion du retour. J’ai passé, en tout, une demi-heure à l’aéroport Tunis-Carthage. (…) »

Le chanteur kabyle souligne plus loin : « Et tout cela s’est passé le jour anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme ! Devrais-je en déduire que Bouteflika et son régime auraient fait de la petite et charmante Tunisie une république bananière ? Je ne me le permettrais pas.» Et le plus grave reste à venir.

A la question concernant « l’interdiction d’accès en Algérie » et les risque qu’il encoure s’il rentre en Algérie et si les autorités algériennes lui ont notifié qu’il ne peut plus y revenir, le leader du MAK répond : « Il n’y a pas d’interdiction officielle émise contre ma rentrée au pays. Mais le mandat d’amener lancé à mon encontre, dont la presse algérienne avait fait part en janvier dernier, n’est pas de nature à me rassurer sur mon sort si je venais à rentrer en Algérie. »

Nous en arrivons aux accusations très graves et à peine voilées formulées par Mehenni à l’encontre des autorités algérienne : « Des fuites m’ont également averti sur un scénario catastrophe selon lequel mon éventuelle arrestation serait suivie d’un attentat « terroriste » dans lequel je perdrais la vie. Je prends tout cela non pas pour de la vérité mais pour des vraisemblances. Je ne suis ni paranoïaque ni naïf. Il est certain que je rentrerai un jour chez moi. Ce sera quand je le déciderai.» Mais ne comptez surtout pas sur Ferhat pour en dire plus sur ces fuites, leur source, leur date, etc.

(Le texte intégral de cette interview est à lire ICI).